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La police russe a perquisitionné mercredi des bureaux de la compagnie pétrolière BP et de sa coentreprise russe TNK-BP et interrogé des responsables, faisant craindre une nouvelle campagne de nationalisation du Kremlin.
Selon les spéculations des marchés, le Kremlin pourrait souhaiter qu'une entreprise nationale russe, telle que Gazprom, rachète les parts des actionnaires russes de TNK-BP afin de renforcer la mainmise russe sur les ressources énergétiques.
Toutefois, cette intervention a également lieu dans un contexte de relations tendues entre Moscou et Londres.
Le président de Gazprom, Dmitri Medvedev, a été triomphalement élu président de la Russie ce mois-ci et a promis de poursuivre les politiques de son prédécesseur Vladimir Poutine, à l'origine de la renationalisation de l'industrie pétrolière.
Les employés de TNK-BP, troisième producteur russe, se sont brièvement vu interdire mercredi toute entrée ou sortie du siège de l'entreprise à Moscou, après l'arrivée de deux monospaces de policiers.
Un bureau voisin de BP, plus petit, a fait l'objet d'une intervention semblable.
Les actionnaires russes de TNK-BP ont plusieurs fois assuré qu'ils n'avaient pas l'intention de vendre leur part de 50%. Les 50% restants sont détenus par BP.
Communiqués contradictoires
"Tout le monde considèrera ces fouilles comme le début d'une campagne de grande ampleur contre les actionnaires, et je n'en penserai pas moins", a déclaré une source haut placée au sein de l'industrie.
Le ministère russe de l'Intérieur a livré des communiqués contradictoires à mesure que les recherches avançaient, tandis que TNK-BP se refusait à tout commentaire.
La porte-parole du comité d'enquête du ministère de l'Intérieur, Irina Doudoukina, a d'abord annoncé que des
documents étaient saisis au siège de TNK-BP dans le cadre d'une enquête criminelle sur le pétrolier Sidanco.
Cette entreprise est devenue en 2003 une partie de TNK-BP, lorsque BP et des investisseurs russes avaient mis des actifs en commun afin de créer cette co-entreprise. Une enquête sur Sidanco concernerait dès lors les seuls actionnaires russes de TNK-BP et non BP.
Doudoukina a par la suite corrigé ses propos et indiqué que les recherches étaient menées par le département du ministère de l'Intérieur en charge de la sécurité économique et qu'elles étaient liées à une enquête sur les dirigeants de TNK-BP.
Le porte-parole du département de la sécurité économique, Andreï Piliptchouk, a indiqué qu'aucune perquisition n'avait été effectuée par son service, mais ajouté que plusieurs cadres de TNK-BP avaient été interrogés les jours précédents. Il a précisé qu'il ne s'agissait pas de cadres hauts placés.


























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