20 mars 2008 - 17H41
- Chine - Dalaï-lama - Tibet

Les manifestations divisent les Tibétains
Les images de Tibétains s’attaquant à des cibles chinoises sont loin de la non violence prêchée par le dalaï lama, et font resurgir de vieilles questions sur la façon dont les Tibétains doivent défendre leur liberté.

 

Les spectateurs du monde entier, habitués au discours de non violence prêché par le dalaï lama, ont pu être surpris par les images d’émeutiers tibétains attaquant les magasins chinois – et dans certains cas des Chinois - au Tibet et dans les provinces environnantes. Mais pour les Tibétains, elles ne sont qu’un rappel du vieux débat sur les objectifs du mouvement de libération du Tibet et ses moyens.

 

 "Au sein de la communauté tibétaine, les débats autour des objectifs ne manquent pas", dit Thupten Gyabso, un Tibétain de 39 ans exilé à Paris et président de l’association de la communauté tibétaine à Paris.

 

Le dalaï lama a déclaré jeudi qu’il était prêt à rencontrer le président chinois Hu Jintao au sujet de la crise à condition qu’il y ait de "sérieuse indications" que Pékin est prêt à discuter. Mais le leader tibétain – favorable à une autonomie du Tibet plutôt qu’à l’indépendance, a été critiqué par des groupes de manifestants tibétains qui l’accusent d’être trop modéré face à la Chine.

 

Le dalaï lama rejette les accusations chinoises selon lesquelles son gouvernement en exil aurait joué un rôle dans les manifestations de Lhassa et des autres villes chinoises où la minorité tibétaine a organisé des manifestations ces derniers jours. Il a même été jusqu’à dire qu’il envisageait de démissionner de son poste de leader politique si les Tibétains ne revenaient pas à une forme de résistance plus pacifique.

 

"C’est une menace que Sa Sainteté a déjà utilisée en 1987", explique M. Gyabso. "Ce n’est pas de la lâcheté, mais c’est sa façon de dire qu’en tant que moine, il n’a plus sa place."

 

La position officielle tibétaine a été définie par le dalaï lama en 1988. Dans un discours devant le Parlement européen de Strasbourg, le chef spirituel des Tibétains a officiellement renoncé à l’indépendance pour soutenir la "création d’une entité politique démocratique et autonome".

 

Mais pour Katia Buffetrille, une ethnologue spécialiste du Tibet à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, "il y a une partie de la population tibétaine pour qui cette politique très modérée ne conduit à rien et pour qui, après des années de frustrations et de désespoir, la seule solution est la violence."

 

 

Des raisons économiques et politiques

 

 

Il est difficile de savoir ce qui a déclenché les émeutes, étant donné la censure affectant toute information en provenance du Tibet et des provinces chinoises concernées par les manifestations. Mais pour de nombreux Tibétains, ces raisons sont aussi matérielles que politiques.

 

Un Tibétain de 28 ans revenant de Lhassa a confié à l’AFP : "si la vie allait bien, les Tibétains n’auraient aucune raison de manifester. Mais ils n’ont rien à perdre. Leurs vies ne valent pas la peine d’être vécues. Donc ils n’ont pas peur de mourir. La vie est à ce point mauvaise pour les Tibétains."

 

Pour les exilés, coupés de la réalité quotidienne du Tibet, la question est surtout d’ordre politique. "Il y a deux chemins différents", explique Tashi Tsang, un restaurateur de 22 ans né au Tibet mais vivant désormais à Paris. "Il y a les Tibétains âgés qui suivent Sa Sainteté et il y a ceux qui comme moi voudraient l’indépendance totale." M. Tsang ajoute qu’il comprend les frustrations qui peuvent mener les Tibétains à la violence.

 

Jampal Chosang, le représentant du dalaï lama à Paris, reconnaît qu’il y a un clivage générationnel au sein de la communauté. Il ajoute cependant que celui-ci n’est pas spécifique à la communauté tibétaine. "La jeunesse a le sang chaud et a tendance à réfléchir à aux actions sans penser à leurs conséquences, c’est la cas dans toute communauté," explique-t-il.

 

Pour d’autres comme Lhadon Thetong, directrice exécutive de l’association Les étudiants pour un Tibet libre, base à New York, la question de la violence est une question avec laquelle luttent tous les Tibétains quelque soit leur âge.

 

“Les Tibétains sont des humains", dit Ladon Thetong. "Ils voient que la violence mobilise la communauté internationale d’une façon dont la non violence n’est pas capable. Mais la plupart des gens souhaite que cette crise soit résolue par le dialogue."

 

Si l’âge joue un rôle, ajoute-t-elle, c’est dans la volonté qu’ont les jeunes de se faire entendre : “nous avons pour la plupart été élevés en exil dans des pays démocratiques et cela nous encourage à être plus honnêtes."

 

Mesdames Tethong et Buffetrille s’inquiètent toutes les deux de la façon dont la censure chinoise manipule la perception des manifestations dans le monde et notent que les images diffusées par les médias chinois cette semaine montraient la violence dans le camp des manifestants tibétains.

 

"C’est une façon de dire ‘quel gouvernement mondial peut accepter une chose pareille ?’ et de montrer combien les Tibétains sont des gens qui ne reconnaissent pas ce qu’on leur donne."

 

Commentaires

Honte d etre francais

Je suis tres decu par la position du Governement Francais en ce qui concerne l independance du Tibet.
Le President Francais avait garde le silence sur l independance de Taiwan pour vendre quelques centrales nucleaire a la Chine (qui en passant beneficie d un transfert de technologie)...
Aujourd hui c est au tour du Tibet. La France se tait pour ne pas endommager sa relation avec le Governement Chinois. Quel honte!

Apres avoir ete le phare de la democratie, en resistant aux USA a propos de la guerre en Irak, aujourd hui la France montre qu elle n est finalement qu une nation faible qui tente de faire plaisir a une Chine qui s eveille...

Honte a toi President de la France... et vive l independance du Tibet!

Moi je vais aller bruler mon passport francais!

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