Chine - Dalaï-lama - Tibet
24 Tibétains inculpés pour avoir "mis en danger l'Etat"
Jeudi 20 mars 2008
Le procureur adjoint de Lhassa a approuvé l'arrestation de 24 personnes soupçonnées "d'avoir mis en danger la sécurité de l'Etat" lors des pillages, incendies et violences dans la capitale tibétaine le 14 mars.
Jeudi 20 mars 2008
Par ReutersPEKIN - Intensifiant la répression après les troubles de ces derniers jours au Tibet, les autorités chinoises ont annoncé jeudi que 24 suspects avaient été arrêtés pour leur participation présumée aux émeutes de Lhassa.
Les services du procureur de Lhassa précisent que les suspects ont été inculpés de mise en danger de la sécurité nationale et de "voies de fait, destructions, pillages, incendies volontaires et autres crimes lourds".
"Les faits sont clairs et les preuves sont solides, ils devraient par conséquent être sévèrement punis afin de protéger la rigueur de la loi", a déclaré Xie Yanjun, procureur en chef adjoint de Lhassa, dans un communiqué.
Les crimes contre la sécurité nationale sont généralement sanctionnés de peines lourdes qui peuvent aller jusqu'à des condamnations à mort.
Ces arrestations interviennent alors que les autorités chinoises ont accentué leur présence au Tibet et dans des provinces à forte communauté tibétaine de l'ouest du pays, pratiquement fermé aux correspondants de la presse étrangère.
L'armée est omniprésente et les journalistes étrangers qui avaient pu se rendre dans ces régions ont été expulsés.
LE DÉBAT SUR LES JEUX DE PÉKIN RELANCÉ
Selon Pékin, les troubles ont été directement fomentés par le dalaï-lama, chef en exil de la communauté tibétaine, dans l'optique de saboter les Jeux olympiques qu'organise cet été la capitale chinoise.
Mais la riposte chinoise aux manifestations tibétaines a relancé le débat sur les Jeux. Le parcours de la flamme olympique, qui parcourra à partir de la semaine prochaine 19 pays avant de gagner Pékin, et doit aussi passer par le Tibet, devrait être le théâtre de manifestations.
Des voix s'élèvent aussi en faveur d'un boycott de la cérémonie d'ouverture. Ainsi le Premier ministre polonais Donald Tusk a-t-il révélé que son gouvernement n'excluait pas cette possibilité. Aux Etats-Unis, Barack Obama, candidat à l'investiture démocrate, a demandé à l'administration Bush de s'exprimer en faveur des droits de l'homme au Tibet.
Les autorités américaines, comme l'Union européenne, ont simplement appelé Pékin à la retenue. Mais le chef du gouvernement britannique, Gordon Brown, a annoncé mercredi qu'il rencontrerait le dalaï-lama lors de sa venue en Grande-Bretagne, prévue en mai. Il s'est attiré une réaction indignée du ministère chinois des Affaires étrangères qui accuse le chef spirituel de la communauté tibétaine de chercher à diviser la Chine "sous le camouflage de la religion".
"MAUVAISE SURPRISE"
Les manifestations de Lhassa qui ont dégénéré en émeutes vendredi dernier se sont propagées à d'autres villes de l'ancienne théocratie, qu'occupe la Chine depuis 1950, et à des provinces voisines où vivent de fortes communautés tibétaines.
L'agence de presse Chine nouvelle signale ainsi d'"importants dégâts" provoqués dimanche par des manifestations dans le comté d'Aba, dans la province du Sichuan.
"Cette infraction à la loi a été organisée, préméditée et soigneusement préparée par la clique du dalaï", répète le procureur en chef adjoint de Lhassa. "En tant qu'institution chargée de faire respecter la loi, nous nous servirons de ces faits comme d'une base d'application de la loi et d'un critère pour nous attaquer avec détermination à la sauvage arrogance de ces éléments criminels", ajoute Xie Yanjun.
Selon un nouveau bilan officiel diffusé jeudi par Chine nouvelle, 325 personnes ont été blessées à Lhassa, où le coût financier des émeutes et des pillages est estimé à 28 millions de dollars. Pékin avait auparavant parlé de 13 "civils innocents" et trois émeutiers tués. Les groupes tibétains en exil avancent pour leur part un bilan proche des 100 morts parmi leur communauté.
Pour Minxin Pei, du centre de réflexion Carnegie Endowment for International Peace basé à Washington, le retour au premier plan de la question tibétaine constitue une "mauvaise surprise pour Pékin" après vingt années de maîtrise relative.
"Le gouvernement chinois est maintenant engagé dans une campagne de relation publique visant à limiter les dégâts (...) La dernière chose que le gouvernement chinois veut voir serait une éruption de violence similaire ou des manifestations à proximité de l'ouverture des Jeux", dit-il.
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20/03/2008 19:48:00 Signaler un abus
méditer un peu plus avant de prendre position
Par Felix -
Trop de personnes s'expriment via un sentiment anti-communiste primaire et se laissent emporter par l'émotion. il devient apparent que même des personnes censées informer déforment la vérité pour encourager une prise de position simpliste. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur Wikipedia pour savoir que le Tibet "fait" plus ou moins partie de la Chine depuis le 12e siècle. Depuis le 12e siècle, les Etats modernes sont nés et ont redessiné leur territoire dans le monde entier. Si l'on doit remonter aussi loin, beaucoup de pays en Occident et notamment les USA devraient être condamnés pour génocide... Il est dangereux de susciter la haine, notamment celle de la population occidentale pas forcément au courant des détails. La Chine et le Tibet, ce n'est pas un peu la France et l'Algérie? Il faut laisser la Chine de régler ça, et les choses se feront plus naturellement. Inciter à la haine et au raidissement des positions des parties nous conduira à l'Israel et la Palestine. Les problèmes de territoire sont complexes, ne transmettons pas d'émotions injustes aux lecteurs ... Les Chinois ne sont pas tous des violents, les Tibétains pas tous des sages. Factuellement, avant 1959, l'esclavage qui régnait sous les moines Tibétains opprimait la grande partie de la population, sommes nous certains que les Tibétains préférent rester esclaves plutôt que de vivre comme tout le monde et voir leur culture sinisée? Malheureusement les bretons ne sont-ils pas francisés, et les français américanisés dans une certaine mesure? Peut-on échapper à la mondialisation/modernisation, à l'évolution des cultures, à la déperdition de l'influence de la religion? La séparation du pouvoir entre la religion et l'Etat est considérée comme un principe fondamental dans beaucoup de pays depuis longtemps, comment expliquer que les mêmes habitants de ces pays puissent penser qu'au Tibet les moines devraient contrôler à nouveau le pays? Il semble que l'émotion emporte sur la raison.
20/03/2008 17:21:49 Signaler un abus
Le Dalai Lama n'a rien à voir avec les attaques tibétaines.
Par jacques -
Le Dalai Lama a toujours prôné la non violence. Aucun ordre ne peut venir de lui même et rien ne prouve que les émeutes de Lhassa aient été commanditées par lui même.
Les 24 accusés risqueront certainement la peine de mort. Autant que les USA et autres pays démocratiques agissent pour faire bouger les choses !
20/03/2008 13:00:58 Signaler un abus
le dalai pigeon
Par gargamelvitti -
n'oublions pas que les chinois ont massacrés les tibétains il y a quelques centaines d'années et n'ont jamais été punis comme envahisseur et destructeur de ce peuple passif.
Et maintenant,il veulent faire exécuter des tibétains pour une petite révolte qui couterai en france que des petites amendes et de la prison avec sursis(ce n'est pas normal).
Bref,il y a encore des choses a changer dans le monde dont la liberté d'expression et la protection des personnes qui sont en danger.
20/03/2008 08:16:44 Signaler un abus
De mieux en mieux...
Par Vitale -
Bravo ! La Chine a trouvé ses "boucs émissaires" et protégé par cette arrestation la "sécurité de l'état". Bah, ils n'écoperont que de quelques dizaines d'années de Laogaï, avec violence, torture et autres sévices dont les chinois ont le secrèt. Tout va bien dans le meilleur des mondes !