Dernière modification : 21/03/2008 

- Air France-KLM - Alitalia - Syndicats


Tractations difficiles pour Alitalia
Les dirigeants d'Air France-KLM durcissent le ton face aux syndicats italiens et menacent de jeter l'éponge si les négociations continuent de piétiner. (Reportage : S. Bähr, S. Silke)

Le patron d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, a averti mercredi les syndicats d'Alitalia que les marges de négociation sur le projet de rachat étaient "inexistantes", au lendemain de l'ouverture de discussions difficiles.
  
"Ce n'est pas une négociation classique. Les marges de manoeuvre (...) sont inexistantes ou très faibles", a déclaré M. Spinetta au cours d'une conférence de presse à Rome, alors qu'Alitalia est au bord de la faillite.
  
Le Pdg de la compagnie franco-néerlandaise a averti que le rachat d'Alitalia serait "très difficile" si le soutien des syndicats italiens faisait défaut.
  
"Si ce soutien n'existe pas, il sera très difficile pour Air France de s'engager dans une opération dans ces conditions", a ajouté M. Spinetta.
  
Les syndicats ont rejeté les propositions d'Air France lors d'une première réunion mardi.
  
M. Spinetta a expliqué que leur feu vert était requis avant le 31 mars à la demande du président d'Alitalia, Maurizio Prato, car au-delà de cette date, la compagnie "serait de plus en plus fragile financièrement".
  
Il a aussi confirmé que 1.600 postes seraient supprimés au sein de l'activité transport aérien.
  
Concernant AZ Servizi (maintenance, administration), 3.300 des 7.400 salariés seront intégrés dans le transport aérien, mais 500 emplois seront ensuite supprimés. Pour les activités qui resteront au sein d'AZ Servizi, Air France-KLM est prêt à renouveler les contrats, déjà signés pour 4 ans, de 4 années supplémentaires.
  
Promettant un plan social "exemplaire", M. Spinetta a souligné que l'essentiel des pertes générées par l'activité passagers "provenaient de l'aéroport de Milan-Malpensa", rendant indispensable le recentrage de l'activité sur Rome.
  
La suppression de deux tiers des vols au départ de Milan suscite la colère de la droite au pouvoir dans la région.
  
Il a aussi justifié la suppression de l'activité cargo en 2010, basée à Milan-Malpensa, soulignant que les pertes représentaient un tiers de son chiffre d'affaires.
  
Devenues l'un des thèmes sensibles de la campagne pour les législatives d'avril, les négociations exclusives ouvertes avec Air France-KLM ont été jugées "inacceptables" dans la soirée par le chef de la droite Silvio Berlusconi, donné gagnant aux élections par les sondages.
  
"S'il y a en Italie des entrepreneurs ayant un minimum de courage, ils doivent se manifester et présenter une offre et un projet industriel pour éviter une fin aussi peu glorieuse à notre compagnie nationale", a-t-il déclaré.
  
Les syndicats avaient très mal accueilli mardi le plan présenté par M. Spinetta, émettant "un jugement très critique sur la rencontre", dans un communiqué commun.
  
"La proposition sur le périmètre de la compagnie, sur l'emploi, la flotte et le calendrier de la négociation rend difficile l'hypothèse d'un accord et même la poursuite de la discussion", ont averti les syndicats.
  
Ceux-ci demandent des garanties sur le maintien du périmètre de la compagnie, les investissements et sur l'emploi.
  
Une nouvelle convocation leur a été adressée pour jeudi à 09H00 (08H00 GMT) avec les dirigeants d'Alitalia qui tiendra ensuite un conseil d'administration pour faire le point sur la situation. M. Spinetta espère pour sa part reprendre le dialogue avec les syndicats "le plus rapidement possible".
  
De son côté, le ministre de l'Economie, Tommaso Padoa-Schioppa, a mis en garde contre la tentation de refuser l'offre d'Air France-KLM qui conduirait, selon lui, la compagnie à la faillite.
  
Le Trésor italien, qui gère les 49,9% de l'Etat dans la compagnie italienne, a donné son feu vert lundi soir à la reprise par le groupe franco-néerlandais.

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