La présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi a réclamé vendredi une enquête internationale sur les violences au Tibet, que la Chine a mises sur le compte du dalaï lama, mais elle a refusé un boycottage des jeux Olympiques, consciente du poids international de Pékin.
Nancy Pelosi, l'une des personnalités américaines les plus dures à l'égard de la Chine en matière des droits de l'Homme, était vendredi le premier dignitaire étranger à rendre visite au dalaï lama, depuis que la crise au Tibet a éclaté le 10 mars.
"Rien ne me surprend concernant le recours à la violence de la part du gouvernement chinois", a-t-elle lancé à l'issue d'un entretien avec le chef des Tibétains en exil, à Dharamsala, une bourgade perchée sur les contreforts de l'Himalaya, dans le nord de l'Inde.
Accompagnée par neuf parlementaires américains, elle a souligné "à titre personnel" que "si les amoureux de la liberté ne s'exprimaient pas contre la répression chinoise (...) alors nous perdrions notre autorité morale pour parler au nom des droits de l'Homme n'importe où dans le monde".
Elle a été très chaleureusement applaudie par 2.000 jeunes Tibétains, bonzes et nonnes, agitant des drapeaux du Tibet, des Etats-Unis et d'Inde et rassemblés sous des bannières chérissant "l'amitié américano-tibétaine".
La Chine accuse "la clique du dalaï lama" d'avoir orchestré les troubles au Tibet pour "saboter" les JO en août. Des allégations que la célébrissime et unique figure de la cause tibétaine a rejetées, appelant les autorités chinoises à venir enquêter chez lui dans son temple et sa résidence de Dharamsala.
"Nous appelons la communauté internationale à mener une enquête indépendante sur les accusations faites par le gouvernement chinois selon lesquelles Sa Sainteté a été l'instigateur des violences au Tibet", a déclaré Mme Pelosi venue à Dharamsala pour que "se diffuse la lumière de la vérité sur ce qui se passe au Tibet".
Le dalaï lama, lauréat 1989 du prix Nobel de la paix et apôtre de la non-violence, est un vieil ami des Etats-Unis, a rappelé Mme Pelosi, racontant qu'enfant, dans les années 1940, il avait reçu une montre en or offerte par le président Franklin D. Roosevelt. "Sa Sainteté possédait un morceau d'Amérique lorsqu'il a fui le Tibet" en mars 1959 à la suite de l'échec d'un soulèvement antichinois.
Près de 50 plus tard, en octobre 2007, le président George W. Bush avait remis au dignitaire bouddhiste la médaille du Parlement, la plus haute distinction civile du Congrès américain.
A l'unisson de la communauté internationale, Mme Pelosi a cependant assuré qu'elle "n'appell(ait) pas au boycottage des jeux Olympiques" même si "le monde observe" Pékin et son engagement à "améliorer la situation des droits de l'Homme", à moins de cinq mois de cet évènement sportif planétaire.
De même, le président Bush a toujours l'intention de se rendre aux JO, son gouvernement certes "très inquiet" pour le Tibet continuant de bien faire la distinction entre sport et diplomatie.
Le dalaï lama, lui-même, est conciliant avec la Chine: il estime que cette "superpuissance", une "grande et ancienne nation mérite" ses JO. Il est même prêt à rencontrer le président Hu Jintao, une fois la crise terminée.
Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, sont évidemment très réticents à prendre des mesures contre Pékin, redoutant de se priver du juteux marché chinois et de froisser l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.
Surtout, signe du poids économique colossal de la Chine vis-à-vis des Etats-Unis, elle a représenté en 2007 un tiers de leur déficit commercial.


















Commentaires (1)
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Et oui! que vaut la vie d'un tibétain face à la vente d'un airbus ou d'un boeing?
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