Dernière modification : 21/03/2008 

- Chine - Dalaï-lama - Police - Tibet


La police chinoise a tiré sur des manifestants
Pour la première fois depuis le début de la crise tibétaine, la Chine a reconnu que sa police avait tiré en "légitime défense" et pour réprimer les émeutes dans la province du Sichuan. (Récit : M. Amellal)

La Chine a annoncé jeudi, pour la première fois depuis le début de la crise tibétaine, que la police avait tiré pour réprimer des émeutes, et elle a envoyé, selon des témoins, des milliers de soldats pour renforcer la sécurité au Tibet et dans des provinces voisines.

L'agence de presse officielle Xinhua (Chine nouvelle) a annoncé que la police avait tiré "en légitime défense" et blessé quatre émeutiers au cours de troubles dimanche dernier dans une zone peuplée de Tibétains de la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine.

C'est la première fois que Pékin reconnaît que ses forces de sécurité ont ouvert le feu depuis le début des manifestations qui ont débuté le 10 mars au Tibet et se sont étendues à des provinces voisines, dont le Sichuan.

Les tirs ont eu lieu dans le comté de Ngawa (Aba en chinois) au cours de manifestations qui ont éclaté après des émeutes qui avaient fait des morts au Tibet.

Des groupes de militants ont affirmé que huit personnes avaient été tuées par les forces de sécurité au cours des manifestations dans le comté de Ngawa. Ils ont diffusé des photos de cadavres présentant ce qui semble être des blessures par balles. La véracité de ces photos n'a pas pu être vérifiée par l'AFP.

Les manifestations ont commencé le 10 mars à Lhassa, capitale du Tibet, à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement de 1959 contre le pouvoir chinois. La Chine communiste a pris le contrôle du Tibet en 1951.

Les autorités chinoises accusent le dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains, qui a fui en Inde après le soulèvement de 1959, d'être derrière les troubles actuels, mais elles n'en ont jamais fourni de preuves. Selon Pékin, le dalaï-lama veut saboter les jeux Olympiques qui se déroulent à Pékin en août.

Le bilan officiel chinois des émeutes est de 13 morts. Les Tibétains en exil parlent de 100 morts, voire de centaines de morts, non seulement au Tibet mais aussi dans d'autres régions où les troubles se sont propagés.

Des convois militaires se dirigeaient jeudi vers le Tibet, alors que la présence des soldats est de plus en plus forte dans les régions de l'ouest où vivent des Tibétains, selon un témoin, des journalistes et des associations pro-tibétaines.

Georg Blume, de l'hebdomadaire allemand Die Zeit, l'un des derniers journalistes occidentaux à avoir été expulsé de Lhassa, a rapporté une présence militaire massive dans la capitale tibétaine.

"J'ai vu un convoi d'au moins 200 camions avec 30 soldats sur chacun d'entre eux, donc environ 6.000 militaires en déplacement sur une seule journée", a dit ce journaliste à la BBC avant de quitter Lhassa jeudi matin.

Dans l'ouest de la Chine, un reporter de la BBC a compté plus de 400 véhicules militaires se dirigeant vers le Tibet en plusieurs convois. Certains soldats portaient des armes automatiques équipées de baïonnettes, d'autres des boucliers et autres équipements anti-émeutes.

Un autre témoin, un journaliste étranger, a indiqué avoir également vu mercredi au Sichuan de nombreux véhicules militaires avec des soldats le long des routes permettant d'accéder au Tibet.

Le dalaï-lama a dit craindre que la répression n'ait fait "beaucoup de victimes", au cours d'une conférence de presse jeudi à Dharamsala, la ville du nord de l'Inde où il réside.

Le dignitaire tibétain a déclaré qu'il avait "toujours été prêt" à rencontrer les responsables chinois, "en particulier (le président) Hu Jintao".

Il a souligné que la perspective de se rendre à Pékin en ce moment n'était "pas pratique". "Cependant, si des indications concrètes viennent de Chine, certainement, j'en serais heureux", a-t-il déclaré.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a une nouvelle fois appelé la Chine à la retenue et l'a pressée de dialoguer avec le dalaï-lama, dans une conversation téléphonique mercredi soir avec son homologue chinois Yang Jiechi, a indiqué le département d'Etat.

La Maison Blanche a déclaré jeudi que les événements du Tibet n'étaient pas une raison pour que le président George W. Bush renonce à assister aux jeux Olympiques, mais a souligné que l'approche des Jeux braquait les projecteurs sur la situation politique en Chine.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est dit prêt mercredi à rencontrer le dalaï-lama au cours de sa prochaine visite à Londres, une annonce qualifiée de "profondément préoccupante" par Pékin.
 

Commentaires (1)

FREE TIBET

Ou l' art de la manipulation du mensonge de la censure de le répression de la torture de la barbarie vous en voulez encore ??!!! mais que faut-il d'autre pour que nos résponsables politiques fassent quelque chose !honte sur eux !C'est très très grave ce qu'il se passe aujourdhui au Tibet si rien n' est fait les conséquences seront dramatiques non seulement pour nos frères Tibétains mais pour la planète entière ! dom

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