JO 2008 - PEKIN
Le boycott des Jeux aura-t-il lieu?
Dimanche 23 mars 2008
Alors que la question du boycott des JO de Pékin est sur toutes les lèvres, certains sportifs français, comme le marcheur Yohann Diniz et le perchiste Romain Mesnil, envisagent des actions symboliques. (Récit : C. Dansette)
Dossier Sur la route de PékinDimanche 23 mars 2008
Par AFPLe Français Romain Mesnil, vice-champion d'Europe et du monde à la perche, s'est dit favorable vendredi au port d'un ruban vert durant les jeux Olympiques à Pékin, afin de montrer l'attachement des athlètes "au respect des droits de l'Homme".
"Suite à la médiatisation tardive du non respect des droits de l'Homme en Chine, je pense qu'une initiative de la part des sportifs aux jeux Olympiques serait la bienvenue", déclare dans un communiqué Mesnil, en faisant référence aux récentes violences au Tibet qui ont fait 13 morts selon les autorités chinoises. Les Tibétains en exil parlent cependant de cent, voire de plusieurs centaines de morts.
"Il serait par exemple intéressant que les sportifs qui le souhaitent, puissent porter pendant toute la durée des Jeux un ruban vert (couleur de l'espoir) qui montrerait leur attachement au respect des droits de l'Homme et ce, sans connotation politique", ajoute-t-il. "Ce symbole rappellerait que le respect des droits de l'Homme s'insère complètement dans l'esprit olympique. Le but est bien entendu que ce signe respecte la charte olympique."
L'article 51-3 de ce texte dispose qu'"aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique."
Opposé au boycott
Un porte-parole du Comité international olympique (CIO), joint au téléphone par l'AFP, a déclaré qu'une telle démonstration serait en infraction avec cet article de la charte olympique.
Mesnil, lui, a précisé à l'AFP qu'il s'agissait d'une "décision d'abord personnelle". "En discutant rapidement avec quelques membres du bureau du syndicat (des athlètes français, dont il est le président, ndlr), ils étaient d'accord avec moi, donc ça n'engage pas tous les athlètes, mais c'est une position du syndicat", a-t-il ajouté.
"Moi, je suis opposé au boycott des Jeux, car cela n'apporte rien", a souligné Mesnil. "En 2001, comme tout le monde, j'ai pensé aux droits de l'Homme dès que la Chine a obtenu l'organisation des Jeux de 2008. Là, avec la médiatisation des récents événements, y aller sans rien faire, ça me gênait au fond de moi."
"La Fédération (française d'athlétisme) m'a dit qu'elle était d'accord avec mon idée, mais elle m'a dit que ça n'allait peut-être pas passer au CNOSF (Comité national olympique et sportif français)", a-t-il encore indiqué. "Pour l'instant, nous n'avons pas eu de directive du CNOSF. Le but n'est pas de parler de politique, mais des droits de l'Homme, qui sont une notion très universelle s'incrivant dans l'idéal olympique."
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