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La cérémonie de la flamme olympique perturbée

Dernière modification : 25/03/2008

Malgré l'important dispositif policier mis en place à Olympie, au sud de la Grèce, des militants des droits de l'homme ont réussi à perturber lundi la cérémonie d'allumage de la flamme des Jeux Olympiques de Pékin.

Comme le craignaient les autorités chinoises, des militants des droits de l'Homme ont réussi à brièvement perturber lundi la cérémonie d'allumage de la flamme des jeux Olympiques de Pékin, malgré l'important dispositif policier mis en place à Olympie (sud).

Trois hommes ont tenté de s'approcher de la tribune pendant le discours du responsable chinois du Comité d'organisation des jeux (Bocog), Qi Liu.

Il s'agissait de membres de l'association Reporters sans frontières (RSF), a rapporté à l'AFP un militant de ce mouvement en Grèce, Thomas Jacobi. Parmi eux figurait le secrétaire général de RSF Robert Ménard.

L'un d'eux a eu le temps de déployer une banderole sur laquelle était inscrit "Boycottez le pays qui piétine les droits de l'Homme". Un autre a crié de derrière la tribune officielle "liberté, liberté".

Ils ont été aussitôt interpellés par des responsables de la sécurité.

Sur les images télévisées retransmises dans le monde par la télévision publique grecque Net, on a pu voir rapidement un court mouvement de foule vers la tribune, avant que les caméras ne passent en plan serré sur Qi Liu.

La télévision chinoise a pour sa part suspendu brièvement la retransmission, sans explication, peu après le début du discours de Qi Liu. A la place ont été diffusées des images d'archives du site d'Olympie et d'une torche olympique.

Manifestation dans une rue d'Olympie

Peu après la fin de la cérémonie, une dizaine de militants de la cause tibétaine, certains barbouillés de peinture rouge, se sont allongés dans une rue d'Olympie, où ils ont chanté des slogans hostiles au gouvernement chinois, avant d'être rapidement délogés par la police grecque, qui a conduit certains d'entre eux au commissariat.

En marge de cette cérémonie, un défenseur de la cause tibétaine, Tenzin Dorjee, responsable de l'association Etudiants tibétains pour un Tibet libre, basée à New York, a été arrêté par la police grecque alors qu'il s'apprêtait à conduire une "action", ont rapporté des journalistes qui l'accompagnaient.

Quelques milliers de personnes étaient rassemblées lundi pour la cérémonie d'allumage sur le site du sanctuaire antique autrefois dédié à Zeus, un public uniquement composé d'officiels, de journalistes et de personnes munies de tickets, l'accès au site ayant été strictement encadré.

Un temps légèrement découvert a permis à la torche d'être allumée à l'aide d'un miroir parabolique poli recueillant directement les rayons du soleil, comme le veut la tradition.

"La flamme olympique va faire rayonner la lumière et la joie, la paix et la fraternité, l'espoir et les rêves du peuple de Chine et du monde entier", a déclaré en préambule de la cérémonie d'allumage le président du Bocog, Qi Liu, qui n'a pas interrompu son discours lorsque les militants de RSF ont tenté de s'approcher de lui.

Début du relais de 137.000 km

La flamme a été ensuite transmise au premier relayeur, le Grec médaillé d'argent de taekwondo au JO de 2004 à Athènes, Alexandros Nikolaidis. A l'issue d'un périple de 137.000 km à travers les cinq continents, elle sera portée dans le stade olympique de Pékin le 8 août, pour l'ouverture des Jeux.

Le site d'Olympie a accueilli les premiers Jeux de l'an 776 avant JC jusqu'au IVe siècle de notre ère. Depuis 1936, il sert aussi à l'allumage de la flamme des JO d'été et d'hiver.

Alors que les appels au boycott se multiplient en raison de l'intensification de la répression chinoise après les émeutes survenues il y a dix jours au Tibet, le président du Comité international olympique (CIO) Jacques Rogge a estimé lundi qu'il n'y avait pas d'"élan" pour un tel boycott.

"Je pense que c'est toujours triste lorsqu'il y a des manifestations, mais elles étaient non-violentes et c'est la chose la plus importante", a déclaré par ailleurs M. Rogge à des journalistes, peu après la cérémonie.

Lundi, un militant chinois qui avait fait diffuser une lettre ouverte sous le slogan "Nous voulons les droits de l'Homme, pas des jeux Olympiques" a été condamné à cinq ans de prison dans son pays.

 

Première publication : 24/03/2008

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