Qu’est-ce qui coince jusqu’ici dans cette affaire ?
Beaucoup de choses, d’abord le volet social. Air France-KLM souhaite supprimer 1 600 postes au sein de la compagnie italienne. Le groupe se séparerait aussi de la plupart des activités du pôle maintenance et administration, gérées par une filiale d’Alitalia.
Les syndicats ont sorti leur calculette. Selon eux, 7 000 postes seraient, à terme, supprimés. Jean-Cyril Spinetta pourrait faire aujourd’hui quelques concessions sur ce fameux pôle maintenance et administration, mais il l’a dit lui-même, il n y a pratiquement pas de marge de manœuvre dans les discussions.
L’approbation des syndicats est en tout cas décisive, puisque si Air-France-KLM n’obtient pas leur aval, il abandonne le projet.
Autre problème, la politique s’est invitée dans les discussions.
Le sort d’Alitalia est devenu l’un des principaux enjeux des élections législatives d’avril. Tout le monde y va de sa propre analyse.
Silvio Berlusconi annonce d’ores et déjà que s’il redevient président du Conseil, l’offre d’Air France sera abandonnée. Il propose même une alternative 100 % italienne. Un rachat par la compagnie Air One et par des entrepreneurs italiens parmi lesquels... les fils Berlusconi.
C’est une vraie source de tracas pour Air France-KLM, car Silvio Berlusconi est donné favori dans les sondages.
Son rival de la gauche Walter Veltroni est d’accord pour envisager une telle offre, mais il demande à ce qu’elle soit présentée dans les jours qui viennent.
Air One et Berlusconi parlent, eux, de semaines.
L’actuel président du Conseil Romano Prodi soutient, lui, l’offre d’Air France-KLM. Il estime qu’il n y a pas de solution italienne et demande aux syndicats de faire preuve de responsabilité. Le problème, c’est que tout le monde n’est pas d’accord avec lui dans son gouvernement.
Finalement, c’est la ministre chargée des Affaires européennes qui a bien résumé la situation, il s’agit une nouvelle fois d’une tragi-comédie à l’italienne.





