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Blair prône une nouvelle stratégie pour Gaza

Dernière modification : 26/03/2008

Tony Blair, représentant du Quartette pour le Proche-Orient, a plaidé pour une "stratégie qui permette à la population de retrouver de l'espoir" à Gaza, sans se prononcer sur un possible dialogue avec le Hamas.

Tony Blair, le représentant du Quartette pour le Proche-Orient, a plaidé mardi à Bruxelles pour "une stratégie différente" à Gaza, sans dire s'il était favorable à un dialogue avec le Hamas avec lequel Européens et Américains refusent tout contact.
   
"S'il y a une chose que nous avons apprise ces derniers mois, c'est que la stratégie à Gaza ne marche pas", a déclaré M. Blair devant les eurodéputés du groupe de travail sur le Moyen-Orient au Parlement européen à Bruxelles.
   
"Nous avons besoin d'une stratégie qui isole les extrémistes et encourage la population et pour le moment, si on ne fait pas attention, on pourrait arriver à la situation inverse: un isolement de la population et un encouragement aux extrémistes", a-t-il ajouté.
   
L'ancien Premier ministre britannique, nommé il y a neuf mois envoyé spécial du Quartette (UE, USA, Russie, ONU), n'a cependant pas dit s'il était temps de mettre fin à l'isolement du mouvement radical palestinien Hamas qui a pris le contrôle de la bande de Gaza en juin 2007, affaiblissant encore un peu plus l'autorité du président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
   
Européens et Américains refusent tout contact avec le Hamas qui figure sur leur liste d'organisations terroristes.
   
Si le Hamas "disait qu'il reconnaît l'existence d'Israël et qu'il renonce à la violence", "il pourrait facilement être inclus dans les négociations" de paix, a souligné M. Blair.
   
"Nous ne pouvons pas dire comme ça, +Incluons le Hamas dans les pourparlers+", a-t-il ajouté en notant qu'il avait appris pendant les négociations qui ont mis fin aux violences en Irlande du Nord qu'on doit "avancer avec une des parties sans jamais perdre l'autre partie".
   
Mais il a néanmoins répété qu'il fallait "commencer par Gaza".
   
Il faut voir "comment on peut arriver à une meilleure stratégie, plus juste, qui retire le poison qui a été créé et qui permette à la population de retrouver un peu d'espoir", "une stratégie qui permette aux marchandises et aux services d'arriver à Gaza et à certains points de passage d'être rouverts, sinon il n'y aura absolument aucun changement" sur le terrain, a-t-il ajouté.
   
Plus généralement, M. Blair a estimé que la communauté internationale, et les Européens en particulier, devait aider le gouvernement palestinien dirigé par Fayyad à mettre en place des réformes, et pas seulement en lui donnant de l'argent.
   
"Les Palestiniens doivent comprendre qu'ils gèrent un Etat, pas juste un groupe de pression", a-t-il souligné, en expliquant que tant que l'Autorité palestinienne n'arriverait pas à assurer la sécurité dans les territoires elle n'aurait pas la crédibilité nécessaire à une avancée des négociations avec les Israéliens.
   
Quant aux Israéliens, ils doivent "alléger le fardeau" que constitue pour les Palestiniens la multitude de contrôles de sécurité, notamment routiers, et qui empêchent la circulation des marchandises et des personnes.
   
"Il doit y avoir un changement dans l'attitude israélienne: ils ne peuvent pas juste être assis là à se dire: +s'il faut qu'il y ait un Etat (palestinien), qu'il y en ait un+. Ils doivent vraiment aider les Palestiniens en leur donnant les libertés et le soutien nécessaire à la création d'un Etat".
 

Première publication : 26/03/2008

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