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La grève des céréaliers argentins se durcit

Dernière modification : 26/03/2008

En Argentine, la grève des producteurs de céréales, qui dure depuis deux semaines, commence à peser sur l'approvisionnement alimentaire. (Récit : C. Molle-Laurençon et A. Etcheverry)

BUENOS AIRES, 26 mars (Reuters) - La présidente argentine
Cristina Fernandez a refusé mardi de renoncer à taxer plus
fortement les exportations de céréales après deux semaines de
grève des exploitants qui commence à peser sur
l'approvisionnement alimentaire.

   

Les producteurs opposés à cette mesure bloquent des routes
et paralysent les marchés céréaliers et ils ont promis de
poursuivre leur mouvement "aussi longtemps que nécessaire".

  

La chef de l'Etat a répondu que le secteur agricole était
l'un des plus rentables du pays et a défendu la politique de son
gouvernement.

"Je ne vais pas me soumettre au chantage. Je comprends les
intérêts du secteur mais je veux qu'ils sachent que je suis la
présidente de tous les Argentins", a-t-elle déclaré dans un
discours à Buenos Aires, s'exprimant pour la première fois
publiquement depuis le début du conflit.

  

Peu après son allocution, plusieurs milliers d'habitants de
la capitale ont manifesté dans les rues leur soutien aux
agriculteurs en frappant sur des casseroles et beaucoup se sont
rassemblés sur la place de Mai.

 

"Je suis très triste d'entendre la présidente inciter à la
division comme jamais. Son seul projet est la confrontation", a
déclaré une femme interrogée par la télévision locale.

  

La grève a commencé le 13 mars et des magasins commencent à
signaler une réduction de leurs livraisons de boeuf et de
certains produits laitiers.

L'Argentine est l'un des premiers producteurs au monde de
soja, de maïs, de blé et de boeuf.

 

Le mouvement des céréaliers marque l'apogée d'une querelle
vieille de trois ans entre le gouvernement et le lobby agricole,
qui s'oppose à la politique de maîtrise de l'inflation par les
restrictions aux exportations ou le contrôle des prix.

 

Le gouvernement utilise la taxe sur les exportations de
céréales pour augmenter les revenus de l'Etat, alors que le prix
des matières premières est exceptionnellement élevé, et pour
réduire le fort taux d'inflation.

 

Le ministre de l'Economie Martin Lousteau a souligné que la
politique gouvernementale, de maintien du peso à un faible
niveau notamment, avait bénéficié au secteur agricole.

 

"Les agriculteurs ne disent pas un mot des mesures (...)
dont ils profitent", a-t-il dit à la radio argentine.

Première publication : 26/03/2008