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Polémique autour d’un film néerlandais sur l’islam

Dernière modification : 31/03/2008

Avant même d’avoir été mis en ligne, un court-métrage sur l’islam, réalisé par un politicien néerlandais d'extrême droite, provoque une vive polémique à travers le monde.

 

Si vous allez sur le site Internet www.fitnathemovie.com, voici la page qui s’affiche : “Ce site a été fermé pour permettre à Network Solutions de vérifier si son contenu transgresse ou non la ligne éditoriale de Network Solutions. Network Solutions a reçu, au sujet de ce site, un certain nombre de plaintes qui sont en cours de traitement”.

  
Jusqu’au week-end dernier, le site fitnathemovie.com faisait la promotion de Fitna - mot arabe pour “la Discorde” - : un film sur l’islam, qui aurait été réalisé par Geert Wilders, un député néerlandais de droite. Les mots “bientôt en ligne” apparaissaient à la fin de la publicité (cf. la capture d’écran ci-contre).

 
Depuis, Network Solutions, la compagnie américaine qui héberge le site, a enlevé la publicité. Ce faisant, elle alimente la polémique qui enfle depuis quelques mois.

   
Le contenu du film reste très mystérieux. Personne ne l’a jamais vu et certains pensent même qu’il n’a jamais vraiment été tourné. Que tout cela serait un mauvais poisson d’avril. Dans une interview accordée à un quotidien néerlandais, Geert Wilders promet de diffuser son court-métrage de quinze minutes avant le 1er avril et le qualifie “d’ultime mise en garde” de l’occident envers l’islam. “L’islam n’est pas une religion ‘normale’ mais une idéologie politique qui vise à dominer le monde et à introduire la loi de la charia”, affirme-t-il au Telegraaf, dans un entretien daté du 22 mars.

    
Ce film a déjà suscité une très vive polémique à travers l’Europe et dans le monde musulman et fait redouter de violentes réactions. En 2005 déjà, des milliers de musulmans avaient manifesté leur colère, avec violence parfois, après la publication de dessins représentant Mahomet dans des journaux danois.
 
  
En 2004, le réalisateur Theo Van Gogh a été assassiné par un Néerlandais musulman d’origine marocaine parce qu’il avait tourné un film de dix minutes appelé “Soumission”. Un film qui accusait l’islam de misogynie. Sur les lieux du crime, l’assassin de Theo Van Gogh avait laissé un message, menaçant de mort la scénariste du film, Ayaan Hirsi Ali, une femme politique néerlandaise, née en Somalie. Elle vit désormais sous protection policière.

  
Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté qui détient 9 des 150 sièges au Parlement néerlandais, dit avoir été menacé de mort récemment. Mais pour l’instant, on ne sait pas quand, ni où, il diffusera son court-métrage. Dimanche dernier, il aurait refusé l’offre de la télévision néerlandaise et musulmane, NMO. Geert Wilders ne voulait pas leur laisser l’avant-première. Selon l’AFP, le Parti national, un parti hollandais d’extrême-droite, aurait également proposé de le diffuser sur son site Internet. Mais on ne connaît toujours pas la réponse de Wilders.

  
Un film qui crée "un climat de tension"

  
Tout comme les messages des leaders d’Al-Qaïda Ben Laden et d’Ayman al-Zawahiri, le film de Wilder contribue à créer un "climat de tension", analyse Gilles Kepel, directeur de recherche à l'IEP-Paris et auteur de plusieurs livres sur l’islam radical, interrogé par FRANCE 24. Gilles Kepel fait remarquer que la controverse sur ce film s’ajoute à celle provoquée par la conversion d’un journaliste égyptien et musulman, récemment baptisé par le pape Benoît XVI. "Les observateurs islamistes vont relier tous ces évènements entre eux. On peut s’attendre à un cocktail explosif”, estime Gilles Kepel.

  
Des manifestations contre le film de Geert Wilders ont déjà eu lieu en Afghanistan. Plusieurs responsables musulmans ont défilé dans les rues du Pakistan, d’Indonésie, d’Egypte et d’Iran. En février, des responsables pakistanais ont ordonné la fermeture du site YouTube dans le pays, à cause de rumeurs - fausses -, affirmant que la promotion du film de Geert Wilders avait été mise en ligne sur le site Internet. Ce blocus pakistanais a entraîné par inadvertance une panne globale du site (cf. le site des Observateurs de FRANCE 24).

   
Dans une volonté délibérée de faire entendre une autre voix que celle de Wilders, des internautes hollandais ont posté des centaines de petites vidéos sur YouTube, montrant des gens qui présentent leurs excuses pour ce film et affirment que ce discours ne les représente pas, ni eux, ni leur pays. Dans une publicité dans le journal Volkskrant, un producteur télé souligne que "si Wilders avait dit la même chose sur les juifs (et l’Ancien testament) que ce qu’il a dit sur les musulmans (et le Coran), il aurait été proscrit depuis longtemps et accusé d’antisémitisme".

    
En Europe et aux Etats-Unis, quelques observateurs remettent en question la décision de Network Solutions de dépublier le site de Geert Wilders. Ils accusent Network Solutions de censure préventive (cf les liens ci-contre).
 

Première publication : 26/03/2008

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