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Chantal Sébire avait absorbé du barbiturique

Dernière modification : 27/03/2008

Chantal Sébire, souffrant d'une maladie incurable, avait été retrouvée morte à son domicile. Selon la justice, elle avait absorbé une "dose mortelle" de barbiturique, ce qui accrédite la thèse du suicide.

Chantal Sébire, atteinte d'une tumeur incurable au visage et dont le corps a été retrouvé le 19 mars à son domicile, a absorbé une "dose mortelle" de barbiturique, selon le parquet de Dijon, ce qui accrédite la thèse du suicide.
  
Toutefois l'interrogation demeure sur les conditions exactes du décès de Mme Sébire - suicide ou suicide assisté- et le procureur de Dijon Jean-Pierre Alacchi a annoncé l'ouverture d'une enquête pour savoir comment la malade avait pu se procurer un barbiturique très puissant qui "n'est pas disponible en pharmacie".
  
Il s'agit du Pentobarbital, "un barbiturique d'action rapide non utilisé ou d'une façon tout à fait marginale en milieu médical" et surtout "utilisé en milieu vétérinaire", a indiqué M. Alacchi lors d'un point presse jeudi à propos des conclusions des analyses toxicologiques pratiquées sur le corps de Mme Sébire.
  
Le produit, a poursuivi M. Alacchi, a été retrouvé en "grande quantité dans l'estomac de Mme Sébire, ce qui signifie qu'il a été absorbé par voie orale. Des traces (du même produit) ont été retrouvées dans un verre et sur une cuillère" au domicile de la défunte, à Plombières-lès-Dijon (Côte d'Or).
  
"Les concentrations observées sont de près de trois fois la dose mortelle de ce produit", a-t-il ajouté, indiquant que "le surdosage de Pentobarbital constaté dans le sang de Chantal Sébire (était) donc compatible avec son décès".
  
"Il est (ainsi) possible de dire que Mme Sébire n'est pas décédée de mort naturelle, ce qui a été démontré par l'autopsie (pratiquée le 20 mars) mais par suite de l'absorption d'une dose mortelle d'un barbiturique", a souligné M. Alacchi. 
  
Chantal Sébire "a mis fin à ses souffrances elle-même, elle s'est +autodélivrée+, mais je ne veux pas parler de suicide car ce n'était pas la démarche de Mme Sébire", a pour sa part estimé l'ancien avocat de Mme Sébire, Me Gilles Antonowicz, ajoutant que l'enquête annoncée par M. Alacchi ne "(paraissait) pas du tout adaptée à la situation".
  
"Il faudrait refermer le dossier de Mme Sébire et ouvrir celui de l'euthanasie pour en discuter dans le cadre d'un débat de niveau national", a-t-il insisté.
  
Chantal Sébire souffrait depuis plusieurs années d'une tumeur incurable qui lui déformait cruellement le visage et avait sollicité en vain de la justice le droit d'être euthanasiée.
  
Conformément à la législation en vigueur, la justice avait rejeté le 17 mars sa requête. Deux jours après son corps sans vie était retrouvé à son domicile de Plombières-les-Dijon.
  
Le cas de Chantal Sébire a semé le trouble et suscité un débat intense en France, incitant le gouvernement à demander une évaluation de la loi Leonetti sur la fin de vie, adoptée en 2005, qui instaure le droit au "laisser mourir" mais pas à l'euthanasie active.
  
Interrogé par ailleurs sur l'incinération du corps de la défunte, dont ont fait état mercredi plusieurs médias, le procureur de Dijon n'a pas souhaité confirmer l'information.
  
"J'ai autorisé vendredi sans réserve la remise du corps de Chantal Sébire à sa famille. (...) Le reste, a-t-il affirmé, relève de la sphère privée".

Première publication : 27/03/2008

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