Jeudi, mars 27, 2008 - 15:30
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Mugabe ne tolèrera pas de violences à l'issue des élections au Zimbabwe
Le président zimbabwéen Robert Mugabe a averti jeudi ses rivaux qu'il ne tolèrerait pas de recours à la violence après les élections générales de samedi et les a accusés de mentir sur d'éventuelles fraudes.
L'un de ses adversaires, l'ancien ministre des Finances entré en dissidence Simba Makoni, a pour sa part estimé qu'il faudrait plus d'une décennie pour redresser l'économie du Zimbabwe, longtemps considéré comme un modèle de développement, mais aujourd'hui en plein marasme.
"Vous n'arrêtez pas de mentir sur le fait que les élections sont truquées", a lancé M. Mugabe à l'adresse de ses rivaux lors d'un meeting électoral dans la région de Nyanga (est), selon le quotidien d'Etat The Herald.
"Ce sont des mensonges empruntés à leurs maîtres qui disent que les élections ne seront ni libres ni justes. Ce ne sont que de satanés menteurs, des menteurs démoniaques!", a-t-il déclaré, accusant à nouveau ses opposants d'être des agents l'ancienne puissance coloniale britannique, selon lui désireuse de le renverser.
A 84 ans, M. Mugabe brigue un sixième mandat présidentiel sous les couleurs de l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF), face à Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) et à l'ancien ministre dissident Simba Makoni.
"Nous voulons mettre en garde le MDC. Nous avons entendu dire que si la Zanu-PF gagnait, des manifestations seraient organisées comme au Kenya", a-t-il poursuivi. "Ne vous risquez même pas à essayer! Essayez et vous allez voir ce que vous allez voir!"
Au Kenya, au moins 1.500 personnes ont été tuées lors de violences qui ont suivi la réélection, contestée par l'opposition, du président Mwai Kibaki en décembre.
"Quand vous participez à un affrontement politique sur la scène électorale, vous devez être prêt à perdre. Si la Zanu-PF gagne, vous devez l'accepter. Si vous gagnez nous l'accepterons", a assuré le plus vieux président d'Afrique, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie en 1980.
Des observateurs de pays amis comme la Chine, l'Iran, le Kenya et le Venezuela ont été invités à assister au scrutin, mais pas les Occidentaux.
L'opposition accuse le régime de ne pas respecter la législation électorale, notamment l'interdiction des forces de l'ordre dans les bureaux de vote.
"Vous ne dites que des mensonges, des mensonges issus de manipulations", a rétorqué M. Mugabe.
Les élections, au cours desquelles 5,9 millions d'électeurs seront appelés à désigner leurs président, députés, sénateurs et conseillers municipaux, vont se dérouler dans un climat de dépression économique.
L'inflation dépasse 100.000%, le chômage touche 80% de la population active, sur fond de pénuries de produits de première nécessité, situation qui a conduit un tiers des 13 millions d'habitants à quitter le pays.
M. Makoni, parti du gouvernement en 2002 à la suite d'un désaccord avec M. Mugabe sur la façon de remédier à la crise, s'est engagé à redresser l'économie et à mettre fin au climat de crainte régnant au Zimbabwe.
Mais il a averti que, vu l'ampleur des dégâts, la relance économique pourrait prendre plus d'une décennie. "Cela ne se fera pas dans les six mois après le 29 mars ni même dans les cinq premières années. Cela pourrait prendre 10 à 15 ans", a-t-il déclaré lors d'une interview à l'AFP.
De son côté, M. Tsvangirai menait campagne jeudi dans une zone rurale de l'est de Harare afin de rallier au MDC davantage d'électeurs dans les campagnes, fiefs traditionnels de la Zanu-PF.


