- Arche de Zoé - France - Justice - Tchad
Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) tchadien a annoncé vendredi avoir émis un "avis favorable" à la demande de grâce des six Français de l'Arche de Zoé condamnés à 8 ans de travaux forcés au Tchad pour avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants vers la France.
"Le Conseil supérieur de la magistrature s'est réuni vendredi avec à l'ordre du jour la demande de grâce des membres de l'Arche Zoé. Après un débat franc et riche, le CSM a donné un avis favorable", selon un communiqué parvenu à l'AFP.
Le CSM va transmettre son avis au président Idriss Deby Itno auquel revient la décision finale, a-t-on appris de source judiciaire.
Normalement, le CSM est présidé par le chef de l'Etat, mais la réunion de vendredi était dirigée par son 2e vice-président, le ministre de la Justice Albert Pahimi Padacké, a-t-on indiqué de même source.
Ces Français avaient été arrêtés le 25 octobre à Abéché, principale ville de l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à faire embarquer à bord d'un avion les 103 enfants, présentés à tort comme des orphelins de la région soudanaise voisine du Darfour en guerre civile.
Ils avaient été condamnés le 26 décembre à N'Djamena pour "tentative d'enlèvement d'enfants" et transférés deux jours plus tard en France, où leur peine de huit ans de travaux forcés a été remplacée par huit ans de prison en droit français.
Seule une grâce du président Deby leur offre la possibilité d'être libres rapidement.
Fortement soutenu par la France qui lui a notamment acheminé des munitions lors de l'attaque rebelle à laquelle il a fait face les 2 et 3 février dans la capitale tchadienne, le président Deby avait affirmé le 6 mars qu'il était "prêt à pardonner" aux six condamnés "si le gouvernement français en (faisait) la demande".
Les avocats des membres de l'association française avaient fait transmettre le lendemain, via l'Elysée, les demandes de grâce à l'ambassade de France à N'Djamena. Le président tchadien les avait reçues le 9 février.
Lors du procès à N'Djamena, deux intermédiaires tchadien et soudanais avaient écopé de quatre ans de prison. Les huit personnes reconnues coupables de "tentative d'enlèvement d'enfants" ou "complicité" ont par ailleurs été condamnées "solidairement" à verser aux familles 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros).
Ces dommages et intérêts n'ont pas encore été payés. Le président Deby, tout envisageant le 6 mars d'accorder la grâce dans un délai d'un mois, avait expliqué qu'il fallait auparavant une "solution" à la question financière.


























Commentaires (4)
Une Honte
Gracies des criminelles c'est une honte pour la nation. La France a non seulement aidee a faire eterniser
un tyran au pouvoir mais elle a aussi reussi a faire liberer des criminelles, Ou est la France terre de liberte et
de droit de l'homme?
Quelle mascarade!
C'est en partie grâce à l'aide de la France que le Président Deby a sauvé sa peau. En remerciements, et tout naturellement, il va accorder sa grâce aux membres de l'Arche des Zozos, alors que certains d'entre eux sont pourtant de véritables malfaiteurs qui devraient être condamnés. Ne reste plus qu'à trouver 6.3m€ dont je vais peut-être payer une partie....
La politique avant tout, et une fois de plus les enfants comptent pour du beurre....
Graciés
De grâce Mr Le Président pensez à la population. En accordant la grâce à Arche de Zoé vous deshonorez le Tchad. On sait que c'est pour sauver votre fauteuil mais n'oubliez pas que vaut mieux de mourir dans la dignité que de vivre dans la honte.
Graciés
Tous ne devraient pas être grâciés, on ne peut pas tout faire au nom de l'humanitaire.
Le dirigeant savait ce qu'il faisait, il doit être reconnu coupable. De plus, il n'est pas à son coup d'essai en termes de pratiques humanitaires douteuses.
Réagir à cet article