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Fourniret amené de force devant les juges

Dernière modification : 29/03/2008

Au deuxième jour de son procès, le tueur en série présumé Michel Fourniret a dû être amené de force au tribunal. Il avait, la veille, refusé de parler pendant l'audience. (Reportage : P. Robert).

Michel Fourniret a reçu vendredi un très ferme rappel à l'ordre de l'avocat général qui l'a sommé d'"arrêter ses pitreries grotesques" et assuré que le tueur en série présumé serait chaque jour, "amené de force" à son procès s'il le fallait.
   
Devant la cour d'assises des Ardennes, l'avocat général Francis Nachbar a réagi vigoureusement au refus de l'accusé de comparaître spontanément dès le deuxième jour du procès, ce qui a forcé le président de la cour Gilles Latapie a faire usage de la contrainte comme la loi l'y autorise.
   
"En tant que ministère public, je représente la société et la société ne permettra pas que l'on soit soumis à vos caprices et à vos humeurs", a lancé M. Nachbar à l'attention de Michel Fourniret qui avait fait planer dès jeudi la menace d'un "boycott" du procès.
   
"Arrêtez cette indécence insupportable, ces grossièretés, arrêtez une fois pour toutes ces pitreries grotesques!", a ajouté l'avocat général d'une voix forte.
   
Me Pierre Blocquaux, un des avocats de Fourniret, a expliqué lors d'une suspension d'audience que son client avait refusé d'être extrait de sa cellule de la maison d'arrêt de Charleville-Mézières, "donc on lui a fait sommation comme la loi le prévoit".
   
"Quand le GIPN vous demande de faire quelque chose, généralement... vous le faites", a ajouté l'avocat, sous-entendant que l'accusé n'avait pas opposé de résistance.
   
Michel Fourniret, qui aura 66 ans le 4 avril, est jugé depuis jeudi pour sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes, précédés de viols ou tentatives, des crimes qu'il a reconnus, commis en France et en Belgique entre 1987 et 2001.
   
Son épouse Monique Olivier, 59 ans, dont il est séparé dans le box par deux policiers, est accusée aussi d'un des meurtres et de complicité dans plusieurs autres affaires. Tous deux encourent la réclusion à perpétuité.
   
Alors que cette dernière est restée inexpressive, l'attitude de son époux avait focalisé l'attention dans la salle d'audience dès l'ouverture des débats jeudi. Il avait brandi un écriteau annonçant qu'il garderait la "bouche cousue" faute de huis clos.
   
Emboîtant le pas aux avocats des parties civiles qui avaient immédiatement fustigé cette attitude, Francis Nachbar a mis en garde vendredi le "manipulateur" Michel Fourniret.
   
"Vous ne manipulerez plus personne! (...) Tous les jours M. Fourniret vous serez au procès, on vous amènera de force", a-t-il déclaré en fixant l'accusé qui est resté sans réaction.
   
Une comparution sous la contrainte aux assises obéit à des règles précisément énoncées par les article 319 à 322 du Code de procédure pénale. "Si l'accusé n'obtempère pas à la sommation, le président peut ordonner qu'il soit amené par la force devant la cour", selon l'article 320.
   
Francis Nachbar a également coupé court au voeu de huis clos en exigeant que les audiences en public soient maintenues, ce que "les familles supportent", mais que Michel Fourniret "refuse par lâcheté".
   
Dans la matinée, en marge du procès, quelque 180 avocats ont manifesté au palais de justice de Charleville pour réclamer le retrait du décret sur la création des pôles de l'instruction dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire.
   
L'audience qui était encore consacrée à la lecture de l'acte d'accusation a été écourtée pour leur permettre de profiter de la forte présence médiatique sur place.
   
Les débats devaient se poursuivre à partir de 14H00. Le procès doit durer jusqu'à fin mai.
 

Première publication : 28/03/2008

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