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Le sommet s'achève sans initiative particulière

©

Dernière modification : 30/03/2008

Le sommet de Damas s'est achevé sans avancées particulières sur les dossiers du Liban et d'Israël. Boudé par le Liban et les pays arabes alliés de Washington, seuls onze chefs d'Etats y ont participé.


Le sommet ordinaire de la Ligue arabe s'est achevé dimanche à Damas après deux jours de débats qui n'ont débouché sur aucune initiative particulière concernant les deux sujets qui l'ont dominé, le Liban et Israël.

 

Boycotté par le Liban et les dirigeants des pays arabes modérés qui reprochent à la Syrie d'entretenir la crise libanaise - Arabie, Jordanie, Egypte - le sommet de Damas n'a réuni que la moitié des 22 chefs des Etats membres de la Ligue.

 

Hypothéqué par cette représentation limitée, le sommet s'est borné a affirmer son soutien au plan proposé par la Ligue arabe pour mettre fin à la crise au Liban, privé de président depuis l'expiration fin novembre du mandat du pro-syrien Emile Laoud.

 

Ce plan prévoit en premier lieu l'élection du candidat de consensus à la présidence, le chef de l'armée Michel Souleïmane, scrutin reporté pour la dix-septième fois peu avant le sommet de Damas pour être fixé à la fin du mois d'avril.

 

Si la majorité pro-occidentale au pouvoir à Beyrouth, soutenue par l'Arabie saoudite, et l'opposition, emmenée par le Hezbollah et soutenue par la Syrie, sont d'accord sur le nom de Souleïmane, son élection est bloquée par l'exigence de cette dernière d'obtenir un droit de veto sur les décisions du futur gouvernement d'union proposée dans un second temps par le plan arabe.

 

La déclaration adoptée à Damas précise que les participants "s'en tiennent à l'initiative arabe pour aider le Liban et soutiennent les efforts du secrétaire général pour encourager les parties à aboutir à un consensus permettant de résoudre la crise afin de préserver la sécurité, l'unité, la stabilité et la prospérité du Liban".

 

Samedi, le secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa, dont la médiation avait permis de faire adopter ce plan par tous les pays membres de l'organisation, a annoncé qu'il poursuivrait ses efforts dans les semaines à venir pour tenter de le faire "appliquer intégralement".

 

 

ISRAEL MIS EN GARDE, L'IRAK MECONTENT

 

En ouvrant le sommet, le président Bachar al Assad avait affirmé être prêt à aider le Liban à sortir de la crise, mais avait ajouté: "La clé est entre les mains des Libanais eux-mêmes. Ils ont un territoire, des institutions, une constitution et la conscience nécessaire."

 

A Ryad, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al Fayçal, avait pour sa part estimé, le même jour que, "le problème est que ce qui a été décidé à l'unanimité au sein de la Ligue arabe, y compris par la Syrie, n'est pas appliqué".

 

Les dirigeants arabes réunis à Damas ont par ailleurs averti Israël que leur initiative de paix adoptée lors du sommet de Beyrouth en 2002 et réaffirmée depuis dépendait de la mise en oeuvre par l'Etat juif de ses obligations au regard du droit international.

 

Israël a alternativement rejeté ou ignoré ce plan qui prévoit une paix totale avec les pays arabes en échange d'un retrait complet de tous les territoires occupées à la faveur de la guerre de juin 1967 - y compris Jérusalem-Est et le Golan syrien.

 

Les pays membres déclarent qu'ils commenceront à revoir leur stratégie en milieu d'année. De source diplomatique, on juge cette mise en garde, la même que celle formulée par les ministres des Affaires étrangères arabes il y a trois semaines, purement réthorique. Moussa et d'autres dirigeants arabes excluent en effet de revenir sur l'offre de paix arabe.

 

La délégation irakienne à Damas, conduite par le vice-président chiite Adel Adoul-Mehdi, s'est plainte par ailleurs que la déclaration du sommet s'abstienne de tout soutien au gouvernement de Nouri al Maliki, appuyé par les Etats-Unis.

 

Le texte se borne à exhorter à la réconciliation nationale en Irak et à appeler à la fin des affrontements des six derniers jours entre miliciens chiites et les forces irako-américaines à Bassorah, sans condamner les actions de la guérilla.

 

Au final, le ministre syrien des Affairs étrangères Walid al Moualem a présenté comme un succès la tenue même de ce sommet parce que, a-t-il souligné, certains en prédisaient l'échec au cas où la crise libanaise ne serait pas résolue auparavant.

Première publication : 30/03/2008

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