Dernière modification : 31/03/2008 

- Chine - Grèce - Jeux olympiques - Tibet


Des militants tentent d'arrêter la flamme olympique
Des militants de la cause tibétaine ont tenté d'empêcher l'arrivée de la flamme olympique à Athènes, retardant sa remise aux officiels chinois. (Récit : P.-L. Viollat)

La flamme olympique a été remise dimanche à Athènes aux organisateurs des Jeux de Pékin au cours d'une cérémonie que n'ont pas réussi à perturber quelques manifestants hostiles au régime chinois.

Echaudés par la cérémonie d'allumage lundi à Olympie (sud), perturbée par des militants de l'organisation française Reporters sans Frontières (RSF), les Grecs avaient entouré la flamme d'un déploiement policier très important.

Une douzaine de manifestants postés à l'entrée du Stade de marbre, où venait de démarrer en grande pompe la cérémonie de passation, ont à peine eu le temps d'essayer de déployer une banderole qu'ils ont aussitôt été interpellés, alors qu'ils criaient "Libérez le Tibet".

Il s'agit de huit Tibétains, un Népalais, une Tchèque et deux Grecques, a indiqué le mouvement auquel ils appartiennent, Etudiants pour un Tibet libre, une association basée à New York.

Quelques minutes auparavant, trois membres du mouvement spirituel Falungong, interdit en Chine, ont été aussi interpellés après avoir tenté d'entrer dans le stade, a indiqué l'un d'eux à l'AFP.

Quelques milliers de personnes, dont beaucoup de touristes chinois venus en groupe, avaient pris place dans le stade aux bancs très clairsemés où ont eu lieu les premiers Jeux modernes en 1896, sous la surveillance de centaines de policiers, en uniforme et en civil.

Des fouilles systématiques avaient lieu à l'entrée du stade, survolé par des hélicoptères. Le centre d'Athènes avait été totalement bouclé à la circulation.

En présence des président et Premier ministre grecs Carolos Papoulias et Costas Caramanlis, la flamme a été remise au responsable chinois du Comité d'organisation des Jeux (Bocog) Liu Qi.

Alors que la torche devait effectuer un relais dans la matinée dans les rues de la capitale, le Comité hellénique olympique (CHO) a préféré repousser cette course de plusieurs heures, afin de limiter au maximum le temps passé en ville.

Les autorités grecques ont changé au moins deux fois le programme initial du relais depuis son arrivée samedi à Athènes, afin de prévenir tout incident similaire à celui survenu à Olympie.

Après avoir parcouru 1.500 km à travers la Grèce, la torche olympique était arrivée samedi soir à l'Acropole d'Athènes entourée d'un important dispositif policier, qui a maintenu à distance quelques dizaines de personnes hostiles au régime chinois, qui ont manifesté pacifiquement aux abords du parcours.

Des restrictions ont aussi été prises contre les médias, interdits d'accès au site de l'Acropole, ce qui a provoqué la colère de l'Association des journalistes de la presse étrangère d'Athènes et de RSF, qui a estimé dans un communiqué que "la Chine (déteignait) sur la Grèce".

La torche devait être transportée dimanche en fin d'après-midi à l'aéroport d'Athènes, où à 18H30 locales (15H30 GMT) un Airbus A330 spécialement affrété par la compagnie Air China devrait la porter jusqu'à Pékin.

La Chine a renforcé les mesures de sécurité dans la capitale, alors que le gouvernement tibétain en exil a fait état ce week-end de nouvelles manifestations antichinoises à Lhassa.

Le 2 avril, la flamme démarrera un périple de 137.000 km à travers le monde qui s'annonce mouvementé, les militants hostiles au régime chinois ayant déjà prévu plusieurs manifestations, notamment à Londres, Paris et San Francisco.

Après son retour en Chine en mai, la flamme passera comme prévu au Tibet malgré les événements qui se déroulent dans la région, a assuré Pékin.

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