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Déby gracie les membres de L'Arche de Zoé

Dernière modification : 31/03/2008

Le président tchadien Idriss Déby a accordé la grâce aux six Français de L'Arche de Zoé, condamnés pour avoir tenté d'enlever 103 enfants tchadiens en octobre 2007. (Récit : P. Godart)

Le président tchadien Idriss Déby a signé, lundi, un décret graciant les six Français membres de l'association humanitaire L'Arche de Zoé, condamnés au Tchad pour avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants vers la France. Dans un second décret, Déby a également accordé la grâce au Tchadien Mahamat Dagot, un chef de quartier de Tiné, ville frontalière du Soudan, condamné à quatre ans de prison pour "complicité de tentative d'enlèvement d'enfants".

 

Le 28 mars, le Conseil supérieur de la magistrature tchadien avait émis un "avis favorable" à la demande de grâce des six Français.

 

« Beaucoup d’observateurs de la vie politique au Tchad, mais aussi les gens dans la rue, voient la grâce présidentielle accordée par Idriss Déby comme une contrepartie de l’aide apportée au gouvernement tchadien par [le président français] Nicolas Sarkozy pendant l’attaque des rebelles sur N’Djamena », commente Virginie Herz, journaliste à FRANCE 24 et envoyée spéciale au Tchad pendant les affrontements entre les rebelles et les forces gouvernementales.

 

Dans l’émission "Le Talk de Paris" du 7 mars, le président tchadien avait déjà affirmé qu'il était prêt à considérer toute demande de grâce formulée par la France. Il avait toutefois précisé que la libération des détenus ne pourrait être considérée avant que la question des compensations financières soit réglée. Un point sur lequel le gouvernement français a pris ses distances, assurant qu’il ne paierait pas les quelque 6  millions d’euros de dommages et intérêts que les membres de L’Arche de Zoé devaient verser aux familles des victimes en application de la décision de justice prononcée contre eux.

 

Les six Français avaient été arrêtés le 25 octobre 2007 à Abéché, principale ville de l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à faire embarquer à bord d'un avion 103 enfants tchadiens, présentés à tort comme des orphelins de la région soudanaise voisine du Darfour.

 
 
Après la justice tchadienne, la justice française
  

Ils avaient été condamnés le 26 décembre à N'Djamena pour "tentative d'enlèvement d'enfants" et transférés deux jours plus tard en France, où leur peine de huit ans de travaux forcés avait été commuée en peine de huit ans de prison, conformément au droit français. Le 28 janvier dernier, le tribunal de Créteil, en région parisienne, avait prononcé une peine de substitution de huit ans de prison. Leurs avocats avaient alors fait appel du jugement et l'audience avait été fixée au 14 avril devant la cour d'appel de Paris.

 

Outre leur condamnation par la justice tchadienne, les six membres de L'Arche de Zoé sont également mis en cause dans une procédure judiciaire française, pour "exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption", "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France" et "escroquerie".

 

Quatre d'entre eux, le président de l'association, Eric Breteau, sa compagne, Emilie Lelouch, le médecin de l'équipe, Philippe Van Winkelberg, et le logisticien Alain Péligat ont été mis en examen dans ce dossier.

 

Mais pour l'un des avocats de L’Arche de Zoé, Maître Collard, cette instruction « n’a plus rien à voir.  Il n’y a pas de mesures d’incarcérations à la clef. On va pouvoir se défendre comme on veut », précise-t-il. Selon lui, la remise en liberté des membres de L’Arche de Zoé est « une question d’heures ».

Première publication : 31/03/2008

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