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La demande d'interdiction de l'AKP est recevable

Dernière modification : 05/04/2008

La Cour constitutionnelle turque a jugé recevable une demande d'interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP). Au pouvoir depuis 2002, il est accusé d'activités anti-laïques. (Récit : C. Norris)

La Cour constitutionnelle turque a jugé recevable lundi une demande d'interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, accusé d'activités antilaïques, a déclaré le vice-président de la Cour Osman Paksüt.

M. Paksüt, qui s'exprimait devant de nombreux journalistes au terme d'une réunion des magistrats, a annoncé qu'ils avaient jugé recevable sur la forme le recours du procureur de la cour de cassation qui demande l'interdiction de l'AKP, formation issue de la mouvance islamiste.

La décision a été prise à l'unanimité des 11 juges.

Une majorité des juges a décidé d'inclure dans le procès le chef de l'Etat Abdullah Gül, un ancien cadre de l'AKP, a déclaré M. Paksüt, sans donner d'autres détails.

Cette décision lance formellement le procès à l'encontre de ce parti au pouvoir depuis 2002.

Le procureur Abdurrahman Yalçinkaya avait déposé le 14 mars son recours auprès de la Cour constitutionnelle.

Le long réquisitoire de 162 pages demande que l'AKP soit dissout et que 71 de ses cadres, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, soient interdits de politique pendant cinq ans.

La cour va se pencher maintenant sur le fond du dossier. L'AKP dispose d'un délai d'un mois, extensible, pour déposer sa première défense.

M. Yalçinkaya accuse l'AKP d'être devenu un "foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité". Son initiative a alimenté les tensions entre les défenseurs de la laïcité et les partisans du gouvernement, favorables à davantage de libertés religieuses.

L'AKP, issu de la mouvance islamiste et a largement remporté les dernières élections législatives de juillet 2007, affirme avoir rompu avec l'islam politique et se définit comme un parti "démocrate conservateur".

Les milieux pro-laïcs, très influents au sein de l'armée, de la magistrature et de certaines administrations, l'accusent néanmoins de vouloir islamiser la Turquie, qui a une population à 99% musulmane, mais un régime strictement laïc.

Première publication : 31/03/2008

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