- États-Unis - Hillary Clinton
Barack Obama, candidat à la Maison Blanche, a arpenté mardi des bastions démocrates en Pennsylvanie, berceau de la famille de Hillary Clinton, qui a proposé en plaisantant à son rival de jouer au bowling la primaire prévue dans cet Etat le 22 avril.
"Il est temps pour cette campagne de sortir du caniveau, que toutes les quilles soient comptées, et je suis prête à jouer ce match jusqu'au bout", a lancé Mme Clinton à Philadelphie d'un ton très solennel. Une allusion à la piètre performance, filmée, dimanche de M. Obama dans un bowling.
"Quand ce match sera fini, les Américains sauront, quand le téléphone rouge sonnera à 3 heures du matin, qu'ils auront un président prêt à faire du bowling au premier jour. Alors mettons-nous d'accord, et allons jouer au bowling pour les délégués - nous n'avons pas un moment à perdre, c'est le 1er avril!", a ajouté Mme Clinton.
M. Obama a répondu sérieusement à distance à sa rivale en faisant une allusion voilée au vote sur la guerre en Irak, approuvée en 2002 par Mme Clinton et par le candidat républicain John McCain. "Quand vous vous interrogez pour savoir qui va répondre à un appel à 3 heures du matin (...) Demandez-vous: qui des trois personnes qui sont en lice a le bon sens pour comprendre que ce sera une mauvaise décision? (...) Qui maintiendra l'Amérique sur le bon chemin?, a-t-il lancé.
A Wilkes-Barre, Barack Obama, a aussi défendu le libre-échange et misé sur l'éducation. "Nous vivons dans une économie mondialisée (...) Nous devons être compétitifs au niveau international", a-t-il dit. Il a aussi refusé de condamner l'attribution d'un méga-contrat d'avions ravitailleurs pour l'armée de l'Air américaine à Northrop et à l'Européen EADS plutôt qu'à Boeing.
"La décision était justifiée s'il s'avère que leur dossier était 10-15% meilleur que celui de Boeing", a-t-il dit.
Le sénateur a aussi promis, s'il était élu, d'investir 18 milliards par an dans l'éducation. Il a demandé aux parents de laisser moins longtemps leurs enfants devant la télévision et de leur inculquer "le sens de l'excellence".
"Nous avons besoin d'être compétitifs avec les enfants de Chine et d'Inde avant qu'il ne soit trop tard", a-t-il ajouté.
Un nouveau sondage publié mardi indique que l'avantage de Mme Clinton se réduit en Pennsylvanie. Selon l'institut Rasmussen, elle est désormais créditée de 47% d'intentions de vote contre 42% pour M. Obama. L'ex-Première dame avait un avantage de 10 points il y a une semaine et de 15 points début mars.
La candidate a une nouvelle fois répété qu'elle n'avait pas l'intention d'abandonner. "Rocky (le boxeur incarné par Sylvester Stallone) et moi avons un point commun. Nous n'abandons jamais", a dit Mme Clinton, devancée par M. Obama au niveau national.
Scranton et sa ville jumelle Wilkes-Barre, dans le nord-est de l'Etat, sont deux anciennes villes minières à forte tradition ouvrière et syndicaliste.
Dans leur lutte serrée, la sénatrice de New York possède dans ce coin de Pennsylvanie un sérieux avantage sur M. Obama. Même si elle a grandi dans l'Illinois, l'Etat que représente son rival au Sénat, elle est considérée comme une enfant du pays.
Les arrière-grands-parents de Mme Clinton ont débarqué à Scranton de leur Pays de Galles natal vers 1880. Son grand-père, Hugh S. Rodham a travaillé dès son plus jeune âge dans une fabrique de dentelle de la région. C'est dans la région de Scranton qu'est né le père de Mme Clinton, Hugh E. Rodham.
Selon le ministère de l'Intérieur de Pennsylvanie, plus de 4 millions de personnes, un nombre jamais vu, sont enregistrées comme démocrates sur les listes électorales. En comparaison, 3 millions sont enregistrés comme républicains.






















