Splendeurs et misères des cours du riz
Mercredi 02 avril 2008
C’est la grande préoccupation du moment : comment faire face à la pénurie de certaines denrées de base dans le monde ? Blé, maïs, riz... les stocks sont au plus bas et les prix explosent. Explications par B. Fallevoz.
Mercredi 02 avril 2008
Par Baptiste Fallevoz / FRANCE 24C’est la grande préoccupation du moment : comment faire face à la pénurie de certaines denrées de base dans le monde ? Blé, maïs, riz, les stocks sont au plus bas et les prix explosent.
Dernièrement, certains gouvernements ont décidé de réagir en lançant de vastes opérations de protection des consommateurs. L’objectif est de tout faire pour que les denrées agricoles restent sur leur territoire et, dans la mesure du possible, pour favoriser les importations.
Dernier exemple en date : mardi, l’Arabie saoudite a décidé de supprimer littéralement ses taxes sur les importations de blé et fortement réduit celles sur les droits de douane des huiles végétales.
Avant elle, c’est l’Inde qui avait supprimé de tels droits pour l’huile et le maïs.
Mais New Dehli a pris une décision encore plus radicale en interdisant les exportations de riz hors du pays, excepté pour le riz basmati. Elle a été suivie par des pays comme l’Egypte, le Cambodge, le Vietnam. Les gouvernements souhaitent vraiment éviter une pénurie sur leurs territoires.
Pourquoi le riz est-il aussi touché par la crise ?
Tout simplement parce que les stocks mondiaux sont au plus bas depuis près de 30 ans.
Ces dix dernières années, la production de riz a cru deux fois moins vite que la population mondiale.
Les facteurs sont multiples : Il y a le problème du réchauffement climatique, les inondations et les mauvaises récoltes. Plus globalement, la production n’arrive pas à suivre une demande croissante.
Stimulés par des pays émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil, cette demande ne fait que tirer les prix vers le haut.
Un phénomène d’autant plus important que le riz est le plat de base pour 50 % de la population mondiale.
Un européen consomme en moyenne 4,5 kg de riz blanc par an, un asiatique 60 kg ! Il suffit donc d’une hausse de la consommation dans un pays comme les Philippines pour faire monter les prix.
A cela, s’ajoute l’attitude des spéculateurs qui n’hésitent pas à jouer sur les cours et donc à les rendre plus volatiles.
Ces dernières semaines, la hausse du prix des denrées alimentaires a été à l’origine de tensions sociales dans de nombreux pays.
En Egypte, le manque de blé, et l’augmentation de son prix font craindre une nouvelle crise du pain. Celle-ci avait fait des dizaines de morts en 1977. En Côte d’Ivoire, des manifestations contre la "vie chère" ont fait un mort. En réponse, le gouvernement a décidé de supprimer les droits de douanes sur des produits comme le riz, l'huile, le lait.
La bataille de l’autosuffisance alimentaire est loin d’être gagnée.
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