Dernière modification : 03/04/2008 

- Géorgie - Moscou - Nicolas Sarkozy - Otan - Russie - Ukraine


L'Otan propose à Moscou d'unir les systèmes antimissiles
L'organisation salue aussi la "contribution" du bouclier antimissile américain prévu en Europe centrale, mais souligne la nécessité de le compléter. Vladimir Poutine a rejoint les dirigeants à Bucarest. (Récit : P. Paccard)

L’Otan propose à la Russie d’unir les systèmes de défense antimissile russe, américain et celui dont l'Alliance compte se doter.

 

"Nous encourageons la Fédération russe à profiter des propositions des Etats-Unis en matière de défense antimissile et nous sommes prêts à explorer les possibilités de relier les systèmes de défense antimissile américain, de l'Otan et russe au moment qui sera approprié", déclarent les dirigeants des 26 pays membres.

 

Par ailleurs, l'Otan salue la "contribution" du bouclier antimissile américain prévu en Europe centrale à la "protection des alliés" européens, tout en soulignant la nécessité de le compléter. Le futur système américain comprend une batterie de dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultra perfectionné en République tchèque, qui seraient mis en service à l'horizon 2011-2013.
   
La Russie exprime depuis des mois son opposition à ce projet qui constitue, selon elle, une menace pour les intérêts stratégiques russes. Washington a constamment nié ces accusations et a engagé des tractations bilatérales avec Moscou, sans renoncer pour autant à son projet en Europe centrale.

Vendredi, jour de clôture du sommet, Vladimir Poutine doit assister pour la première fois au Conseil Otan-Russie. Il s'adressera aux 26 pays membres de l'Otan, dont son homologue américain George W. Bush, lors du Conseil qui se tiendra à huis-clos dans le Palais du Parlement roumain.

 

Le président russe a rejoint la capitale roumaine jeudi soir, quelques heures après les annonces sur l'accord entre les Etats-Unis et la République tchèque pour l'implantation sur le sol tchèque d'éléments du bouclier antimissile américain et sur la décision de l'Otan de faire attendre l'Ukraine et la Géorgie pour rejoindre l'Alliance.

 

Pas de statut de "candidat officiel" pour la Géorgie et l'Ukraine

 

Au terme de discussions acharnées, les dirigeants de l'Otan ont décidé de s'engager à admettre à terme la Géorgie et l'Ukraine dans leurs rangs, mais leur ont refusé pour le moment le statut de candidat officiel.

 

Leur dossier doit être revu en décembre par les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique.

 

Par contre, l'organisation a officiellement invité l'Albanie et la Croatie à la rejoindre d'ici environ un an et a souligné qu'elle entendait à terme englober tous les Balkans, et en particulier son ancien ennemi des années 1990, la Serbie.

 

La France pourrait réintégrer l'Otan

 

 

Le président français Nicolas Sarkozy a assuré qu' "à l'issue de la présidence française [de l'Union européenne, au deuxième semestre de 2008], le moment sera venu de prendre les décisions nécessaires pour que la France prenne toute sa place dans les structures de l'Otan".

 

Il s'agit là d'un revirement de la politique française, la France ayant quitté la structure militaire intégrée de l'Otan, en 1966. Une décision prise par le général de Gaulle.

 

Nicolas Sarkozy entend profiter de l'occasion du prochain sommet de l'Otan programmé l'an prochain à Strasbourg et Kehl, mais à condition que des progrès interviennent d'ici là sur l'Europe de la défense.  "Chaque chose en son temps (...) laissons cheminer l'Europe de la défense, et nous continuerons à cheminer vers l'Otan. Je le redis, ce sont les deux en même temps, pas l'un ou l'autre, attendons le sommet (de Strasbourg-Kehl)", a déclaré le chef de l'Etat français.
 

 

Une mission pour "l'Afghanisation et la reconstruction"

Le président français a également confirmé que la France allait envoyer en Afghanistan un bataillon supplémentaire de 700 soldats, qui sera déployé dans l'est du pays. "La France prendra aussi le commandement de la région Centre [de l'Afghanistan] pour un an, à compter de cet été", a-t-il indiqué lors d’un discours prononcé à huis clos.

 

Lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, il a souhaité que cette mission française serve "la sécurité en Afghanistan et permette 'l'afghanisation' et la reconstruction" du pays.

 

 
Pour aller plus loin, regardez A la Une avec Gauthier Rybinski : Otan, adhésion contestée de la Russie

 

Ecoutez aussi l'interview de Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l'Otan, invité du Talk de Paris.

Commentaires (3)

sarkozy a raison

Son cheval de bataille pendant son semestre de Présidence c'est d'abord l'Europe de La Défense ensuite pourquoi pas l'OTAN.
Il faudra bien que la France qui se prétend grande nation ré-intègre le clan des grandes nations, surtout pour la sécurité et ce n'est pas un maigre mot par les temps qui courrent.
Si nous ne prévoyons pas un bloc occidental fort, nous risquons de le payer une fois de plus par notre naiveté endémique face à un 2eme monde émergent extrêmement puissant pour l'instant pavé de bonnes intentions mais capable de nous digérer, et face à un tiers monde en difficulté foyer d'un terrorisme désespéré.
L'OTAN c'est aussi par delà l'alliance Atlantique, l'union de nombreux pays du monde occidental et de l'Europe en particulier.
Il n'y aura pas de soucis avec la Russie car Ukraine et Georgie ne seront probablement pas acceptées.
De la même manière, Sarkozy avait raison d'imposer l'alliance Méditerrannéenne au risque de froisser provisoirement ses partenaires Européens. La preuve, ils ont fait la gueule un instant et complètement adhéré au projet. Si on ne veut pas se fabriquer des ennemis, il vaut mieux les aider à ne pas être contraints de le devenir.
Quand au redéploiement en Afghanistan, je suis effaré de constater qu'une majorité du peuple Français n'en comprenne pas le bien fondé, certains comparant ce conflit au Vietnam, d'autres se posant la question basique du "méééééé qui va payer ???"
La France, pays d'orgueil, pays qui détient depuis toujours la vérité du monde doit elle se contenter d'être figurante, alors que l'Italie, L'Allemagne, Les Pays Bas, Le Canada et bien d'autres sont présents avec beaucoup plus de soldats.
De Gaulle, c'était bien, c'était son époque, ce qui n'empêche que les Français l'ont viré 2 fois, dont la 1ere, de la manière la plus veule juste après qu'il ait organisée et permis la libération la France, complètement détruite là encore grâce à nos dirigeants de l'époque, déjà naïfs, qui a 24 h de la déclaration de guerre ne croyaientt pas que M. Hitler nous envahirait parcequ'il était un "ami" de la France.
Un peu de mémoire SVP? L'histoire c'est fait pour ça. C'est aussi l'expérience et pour ceux qui ne sont pas capables de comprendre; " c'est quand on est plus fort qu'on n'est pas faible et quand on n'est pas faible on ne se fait pas bouffer"...c'est peut être à leur portée.

Assumer notre responsabilité morale

Nous sommes allés en Afghanistan pour déloger les talibans, ce qui fût chose faite, mais la menace est toujours présente et il serait dommageable de nous retirer ou même de laisser la situation dégénérer à cause de la frilosité de notre classe politique. Les hommes qui s'engagent dans l'armée le font en connaissance de cause, ce sont tous des engagés volontaires, de plus à quoi nous sert une armée cantonnée a ses casernes de l'hexagone ? La France doit terminer sont travail en Afghanistan au côté des forces internationales présentes sur place, de surcroit lorsque cette force est plébiscitée par la population afghane car synonyme de sécurité accrue, nous devons combattre la menace que représente les poches de résistances talibanes et terminer de former l'armée nationale afghane. Il est in envisageable de se retirer sans être sur que l'état Afghan dispose de bases assez solides ou l'investissement fournis par le passé ne serait que gaspillage. A ceux qui disent que la France n'a pas d'intérêts dans ce conflit, je répondrai par cette citation du Général de Gaulle qui disait : "Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde.".

Atlantisme forcené

On peut se demander quel est l'intérêt de ce retour vers l'OTAN au plus haut niveau alors que la croissance d'une force européenne est lente et difficile. L'OTAN contre qui ? La Russie ? pour servir la fameuse guerre de civilisations chère à W ? Une armée du bloc occidental sous l'influence prédominante des States ?
Beaucoup de questions !!!

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