- Géorgie - Moscou - Otan - Russie - Ukraine
Ecoutez aussi l'interview de Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l'Otan, invité du Talk de Paris.
Le sommet de l’Otan qui s'est ouvert mercredi à Bucarest, en Roumanie s’annonce houleux, dans une capitale roumaine sur le pied de guerre à l'occasion du plus grand rassemblement de l'histoire de l'Alliance atlantique.
A l'issue du dîner d'ouverture du sommet, les pays membres se sont accordés pour inviter l'Albanie et la Croatie à adhérer à l'alliance Atlantique. Mais les dirigeants de l'Otan n'ont pas réussi à trouver un consensus pour donner un statut de candidat officiel aux deux anciennes républiques de Géorgie et d'Ukraine.
La Grèce a quant à elle mis son veto à une adhésion de la Macédoine, empêchant l'ancienne république yougoslave d'intégrer l'organisation puisque dans l'Otan toute décision doit être prise à l'unanimité.
Les Etats-Unis avaient auparavant ouvertement appuyé l’adhésion des deux ex-républiques soviétiques. Si elle recueille l'assentiment de nombreux pays de l'Est aujourd'hui membres de l'Otan, cette proposition risque de se heurter à l'opposition de la Russie et d'une dizaine d'autres pays, notamment l’Allemagne et la France.
Regardez ce reportage de France 24 sur la présence militaire américaine en Roumanie
La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé la première ses réticences, le 10 mars dernier. Le Premier ministre français François Fillon a confirmé mardi 1er avril que la France, contrairement à ce qu'espérait Washington, ne se rallierait pas non plus à la position américaine. "Nous pensons que ce n'est pas la bonne réponse à l'équilibre des rapports de puissance en Europe et entre l'Europe et la Russie", a déclaré M. Fillon sur les ondes de la radio France Inter.
Le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, nuance l’ampleur du désaccord. "Ce n'est pas une nouveauté de voir les 26 démocraties au sein de l'Otan se disputer de temps en temps. Ce sont des décisions importantes. A l'heure actuelle, on est en train d'évaluer les requêtes de la part de l'Ukraine et de la Géorgie pour entrer dans le soit-disant "Membership Action Plan" de l'Otan. On n'a pas encore tiré de conclusion. J'espère qu'au moins, à Bucarest, on va se réunir sur ça", a-t-il dit dans un entretien à FRANCE 24.
La Russie courroucée
La Russie, qui n’est pas membre de l’Otan, voit d’un mauvais œil cet éventuel élargissement qui porterait les frontières de l’Alliance militaire jusqu’à ses frontières, considérant encore que l’Ukraine et la Géorgie font partie de ses zones d’influence. Une rencontre exceptionnelle entre chefs d’Etat de l’Otan et de la Russie est donc prévue vendredi.
L'expansion de l'Otan n'est pas le seul motif de mécontentement de Moscou. Le président russe devrait aborder avec George W. Bush la question du bouclier anti-missile en Europe. En onze ans d’existence du conseil Russie/Otan, c’est la première fois qu’une telle réunion des chefs d’Etats est organisée.
Quelle que soit l'issue des débats, jugée "imprévisible" par le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer, l'Otan devrait s'élargir à au moins deux pays des Balkans, savoir la Croatie et l'Albanie.
Près de soixante chefs d'Etat et de gouvernement sont invités, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le président de la Commission européenne José Manuel Barosso. Le sommet se tient jusqu’au vendredi 4 avril
Pour aller plus loin, regardez A la Une avec Gauthier Rybinski : Otan, adhésion contestée de la Russie






























Commentaires
Réagir à cet article