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Les dirigeants de l'Otan retrouvent vendredi à Bucarest leur partenaire le moins commode, le président russe Vladimir Poutine, au lendemain de la décision de l'Alliance de surseoir à l'examen des candidatures de la Géorgie et l'Ukraine, qui suscitent l'hostilité de Moscou.
C'est la première fois que le chef de l'Etat russe, sur le départ du Kremlin, participe à la réunion du Conseil Otan-Russie, le forum qui encadre la coopération entre les Occidentaux et leur ancien adversaire de la Guerre froide.
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Otan aborderont avec lui les multiples contentieux accumulés ces derniers mois, de l'élargissement de l'Alliance à l'indépendance du Kosovo en passant par le bouclier anti-missile américain ou la suspension par Moscou du traité sur les Forces conventionnelles en Europe.
L’Otan avait proposé jeudi à la Russie d’unir les systèmes de défense antimissile russe, américain et celui dont l'Alliance compte se doter.
"Nous encourageons la Fédération russe à profiter des propositions des Etats-Unis en matière de défense antimissile et nous sommes prêts à explorer les possibilités de relier les systèmes de défense antimissile américain, de l'Otan et russe au moment qui sera approprié", déclarent les dirigeants des 26 pays membres.
Par ailleurs, l'Otan a salué la "contribution" du bouclier antimissile américain prévu en Europe centrale à la "protection des alliés" européens, tout en soulignant la nécessité de le compléter. Le futur système américain comprend une batterie de dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultra perfectionné en République tchèque, qui seraient mis en service à l'horizon 2011-2013.
La Russie exprime depuis des mois son opposition à ce projet qui constitue, selon elle, une menace pour les intérêts stratégiques russes. Washington a constamment nié ces accusations et a engagé des tractations bilatérales avec Moscou, sans renoncer pour autant à son projet en Europe centrale.
Pas de statut de "candidat officiel" pour la Géorgie et l'Ukraine
Au terme de discussions acharnées, les dirigeants de l'Otan ont décidé de s'engager à admettre à terme la Géorgie et l'Ukraine dans leurs rangs, mais leur ont refusé pour le moment le statut de candidat officiel.
Leur dossier doit être revu en décembre par les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique.
Par contre, l'organisation a officiellement invité l'Albanie et la Croatie à la rejoindre d'ici environ un an et a souligné qu'elle entendait à terme englober tous les Balkans, et en particulier son ancien ennemi des années 1990, la Serbie.
La France pourrait réintégrer l'Otan
Le président français Nicolas Sarkozy a assuré qu' "à l'issue de la présidence française [de l'Union européenne, au deuxième semestre de 2008], le moment sera venu de prendre les décisions nécessaires pour que la France prenne toute sa place dans les structures de l'Otan".
Il s'agit là d'un revirement de la politique française, la France ayant quitté la structure militaire intégrée de l'Otan, en 1966. Une décision prise par le général de Gaulle.
Nicolas Sarkozy entend profiter de l'occasion du prochain sommet de l'Otan programmé l'an prochain à Strasbourg et Kehl, mais à condition que des progrès interviennent d'ici là sur l'Europe de la défense. "Chaque chose en son temps (...) laissons cheminer l'Europe de la défense, et nous continuerons à cheminer vers l'Otan. Je le redis, ce sont les deux en même temps, pas l'un ou l'autre, attendons le sommet (de Strasbourg-Kehl)", a déclaré le chef de l'Etat français.
Une mission pour "l'Afghanisation et la reconstruction"
Le président français a également confirmé que la France allait envoyer en Afghanistan un bataillon supplémentaire de 700 soldats, qui sera déployé dans l'est du pays. "La France prendra aussi le commandement de la région Centre [de l'Afghanistan] pour un an, à compter de cet été", a-t-il indiqué lors d’un discours prononcé à huis clos.
Lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, il a souhaité que cette mission française serve "la sécurité en Afghanistan et permette "l'afghanisation' et la reconstruction" du pays.
Pour aller plus loin, regardez A la Une avec Gauthier Rybinski : Otan, adhésion contestée de la Géorgie
Ecoutez aussi l'interview de Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l'Otan, invité du Talk de Paris.






























Commentaires (2)
Quel étrange parallèle !
Le président de la République propose aux français un étrange marché : veuillez accepter que des soldats français prennent des risques très réels en Afghanistan et en contrepartie l'europe de la défense avancera et nous donnera plus d'autonomie.
Les forces françaises sont engagées sans vraiment d'approche globale et sans que cela soit d'une véritable utilité pour les Afghans (d'ailleurs étrangement silencieux pendant ce sommet de l'OTAN).
Le Président répond concretement aux demandes de l'OTAN en envoyant des renforts et en acceptant la réintégration de la France dans le commandement intégrer et nous propose en contrepartie de laisser cheminer l'europe de la défense sans fixer d'échéance et d'engagement concret.
La France est engagée sur un terrain opérationel réel avec des pertes humaines possibles, une intégration à l'OTAN presque planifiée et une Europe de la défense qui reste virtuelle.
Cela ressemble beaucoup à un marché de dupe ! La décision du Président s'intègre à une vision des forces militaires comme outil de police contre le terrorisme. Il n'y a aucun doute sur l'objectif : nuire au terrorisme, quant aux moyens choisis ils semblent supposer qu'une force militaire est la mieux adaptée pour construire un contre projet démocratique viable pour les Afghans. N'est ce pas trop ambitieux ?
Puissance sous-maritime
Je ne sais pas vous, mais, au moment même où la question de la réintégration de la France au sein du commandement de l'OTAN divise un certain nombre de compatriotes qui sont autant divisés sur le prix à consentir à la libération d'Ingrid Betancourt, on peut observer ce qui se passe en Amérique latine et l'ambition d'un non aligné, le Vénézuela d'Hugo Chavez, dont il faut noter, au passage, le jeu subtil dans la crise des otages colombiens détenus par les Farc.
Difficile de croire que l'offre de médiation est purement humanitaire.
J'ai pu lire, au moment où l'Otan discute avec le prédécesseur de M. Medvedev, la dépêche de l'AFP suivante,selon laquelle le Venezuela d'Hugo Chavez négocie avec la Russie l'octroi d'un crédit jusqu'à 800 millions de dollars (510,6 millions d'euros) pour payer les livraisons d'armements et du matériel militaire russes, a affirmé aujourd'hui le quotidien russe Kommersant.
Selon des sources ministérielles, citées par le journal, Caracas va notamment utiliser cet argent pour effectuer un paiement partiel de quatre sous-marins russes du modèle 636 qu'il veut acquérir.
Un contrat sur la construction de ces sous-marins, dont le montant est estimé à près d'un milliard de dollars, devrait être signé lors de la visite en Russie du président vénézuélien Hugo Chavez, invité à participer à l'investiture du président russe élu Dmitri Medvedev le 7 mai, indique le journal.
Quand on modifie des équilibres, ce devrait être, constamment, pour les améliorer.
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