Dernière modification : 05/04/2008 

- Anjouan - Comores - Justice


Le président déchu de l'île d'Anjouan placé en détention
Le président déchu de l'île d'Anjouan placé en détention
Le président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, Mohamed Bacar, a été placé en détention, hier à Saint-Denis de La Réunion, à la demande des Comores qui vont réclamer son extradition. (Photo d'archives)

Le président déchu d'Anjouan, Mohamed Bacar, a été écroué vendredi à La Réunion suite à "une demande d'arrestation aux fins d'extradition", formulée par la justice comorienne, a annoncé le parquet de Saint-Denis-de-la-Réunion.

"Cette incarcération fait suite à une demande d'arrestation aux fins d'extradition, formulée par le ministre de la Justice des Comores, auprès du gouvernement français", a déclaré à la presse le procureur adjoint Jean-Robert Dobanton.

En l'absence d'accord d'extradition entre la France et les Comores, la demande d'arrestation a emprunté la voie diplomatique.

Les autorités comoriennes ont désormais un mois pour faire parvenir le texte de la demande, suite à quoi la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Saint-Denis statuera, selon le parquet. En cas d'avis positif, la demande sera alors transmise au Premier ministre.

Cette mesure d'écrou extraditionnel concerne également 21 personnes qui accompagnent Mohamed Bacar, depuis son départ de l'île d'Anjouan, le 27 mars dernier, selon M. Dobanton, précisant que ces personnes ont été réparties entre deux maisons d'arrêt de la Réunion.

La demande d'arrestation adressée par les autorités comoriennes fait état de crimes et de délits tels que viols, meurtres, actes de violences et vols reprochés aux 22 hommes.

M. Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002 mais dont la réélection en juin 2007 a été jugée illégale par l'Union des Comores et l'Union africaine, a été renversé lors d'une opération militaire la semaine dernière et s'est réfugié sur l'île française de Mayotte le 26 mars, avant d'être transféré le lendemain à La Réunion.

Pour l'une des avocates des Anjouanais, Me Marie Briot, "cette arrestation est une réponse politique à une demande politique".

"Ces arrestations sont scandaleuses. Les infractions reprochées à mes clients ne sont nullement détaillées et ne se réfèrent à aucune date, aucune lieu, ni aucune victime. La procédure utilisée vise habituellement les personnes en fuite. Or, M. Bacar est assigné à résidence sur une base aérienne à la Réunion, où il est surveillé 24 heures sur 24", a fait valoir l'avocate.

Des poursuites avaient été engagées contre le colonel Bacar et ses hommes pour "entrée illégale sur le territoire français" et "port et détention d'armes prohibées".

Mais les juges du tribunal de Saint-Denis-de-la-Réunion ont annulé la procédure le 29 mars. M. Bacar et ses hommes ont alors été assignés à résidence, dans le cadre d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

Le tribunal administratif de Saint-Denis-de-la-Réunion doit examiner, dimanche, la requête déposée par Mohamed Bacar contre un autre arrêté d'expulsion, que le préfet de la Réunion a signé après avoir annulé le précédent qui prévoyait son renvoi aux Comores.

L'ancien président, qui dit craindre pour sa vie s'il est renvoyé aux Comores, où la peine de mort existe, a également déposé une demande d'asile politique. L'OFPRA (office français de protection des réfugiés et apatrides) a commencé a instruire sa requête.

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