Bagdad - Irak - Moqtada al-Sadr
Combats meurtriers à Sadr City
Dimanche 06 avril 2008
A Bagdad, dans le quartier de Sadr City, des combats entre les miliciens de Moqtada Sadr et les forces américaines ont fait au moins une vingtaine de morts. Les autorités ont appelé au démantèlement de toutes les milices. (Récit : P. Paccard)
Dossier Irak : cinq ans de guerreDimanche 06 avril 2008
Par ReutersDes combats entre forces américano-irakiennes et miliciens chiites dans le quartier de Sadr City à Bagdad ont fait dimanche 22 morts et 55 blessés, a annoncé la police.
Il s'agit des affrontements les plus violents dans la capitale irakienne depuis que l'imam chiite Moktada al Sadr a appelé ses partisans à cesser le feu il y a une semaine, après plusieurs jours de combats contre l'armée irakienne dans
plusieurs villes du sud du pays et à Bagdad.
Près de Mossoul, dans le nord de l'Irak, une quarantaine d'étudiants ont été retenus quelques heures en otages par des
hommes armés avant d'être libérés par les forces de sécurité.
Près de Samarra, au nord de Bagdad, sept membres d'une "patrouille de voisinage" irakienne ont été tués samedi dans un accrochage avec des combattants d'Al Qaïda.
La reprise des combats à Sadr City intervient à quelques jours des interventions devant le Congrès américain de
l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, et du commandant en chef des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, qui doivent rendre compte de l'évolution de la situation sur le terrain.
Un photographe de Reuters a rapporté que des tirs avaient retenti toute la journée à Sadr City, bastion de l'Armée du
Mahdi de Moktada Sadr dans l'est de Bagdad où vivent deux millions d'habitants.
La police a précisé qu'une opération conjointe de l'US Army et des forces gouvernementales irakiennes avait été lancée dans les premières heures de la journée et que les combats s'étaient étendus dans les quartiers voisins.
Les forces américaines n'ont livré que peu d'informations sur les opérations en cours, signalant simplement qu'un de leurs hélicoptères avait ouvert le feu et tué neuf "criminels".
Des hélicoptères de combat Apache survolaient le secteur et une colonne de fumée noire s'élevait de l'important marché de Djamila, à la lisière du quartier.
Les responsables des deux principaux hôpitaux de Sadr City ont dit avoir reçu 16 corps, dont ceux d'une femme et d'un
enfant, et avoir soigné 78 blessés.
Selon la police irakienne, des femmes et des enfants figurent parmi les blessés et les forces irakiennes ont
également subi des pertes.
DES ETUDIANTS BRIEVEMENT ENLEVES PRES DE MOSSOUL
Les soldats américains ont encerclé plusieurs postes de la police irakienne dans le quartier et interdit à leurs occupants
d'utiliser leurs radios. Certains policiers de Sadr City sont soupçonnés d'avoir partie liée avec l'Armée du Mahdi.
Ces affrontements ont éclaté quelques heures après un appel des dirigeants irakiens au démantèlement de toutes les milices.
Le Conseil politique de sécurité nationale, où sont représentés le président irakien, les deux vice-présidents, le
Premier ministre et les chefs des partis politiques du parlement, a diffusé un communiqué en quinze points lors d'une
conférence de presse samedi soir.
L'un des points réclame la dissolution immédiate de toutes les milices affiliées aux mouvements politiques.
Près de Mossoul, dans le nord du pays, deux cars qui transportaient des étudiants à l'université ont été stoppés dimanche par des hommes armés à un barrage. L'un des véhicules a réussi à passer mais le second a été bloqué et 42 étudiants ont été contraints d'embarquer à bord de camions, laissant sur place trois étudiantes.
Les otages ont été libérés quelques heures plus tard par les forces de sécurité, a déclaré le général Khalid Abdoul-Sattar, porte-parole de l'armée dans la province de Ninive.
Aucun groupe n'a revendiqué la responsabilité de cette action mais les soupçons se portent sur les insurgés islamistes
sunnites affiliés à Al Qaïda, qui se sont regroupés dans les provinces septentrionales du pays après avoir été chassés de la province d'Anbar et de Bagdad.
La police a précisé que trois étudiants du car qui avait réussi à repartir avaient été blessés.
Les enlèvements sont fréquents depuis l'invasion de l'Irak au printemps 2003 et la plongée du pays dans la violence.
En novembre 2006, plusieurs dizaines d'employés du ministère de l'Education supérieure avaient été enlevés et nombre d'entre eux sont toujours officiellement portés disparus. Le mois suivant, une trentaine d'Irakiens, des employés du Croissant-Rouge pour la plupart, avaient été capturés à Bagdad. La majorité d'entre eux ont été relâchés.
Les obsèques du prêtre orthodoxe Adel Yousef, abattu samedi à Bagdad par des inconnus qui circulaient en voiture, ont eu lieu dimanche en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul, dans le quartier de Karrada, dans le centre de la capitale.
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