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Le secteur énergétique en ligne de mire

Dernière modification : 07/04/2008

James Hansen, éminent scientifique de la Nasa, a accusé les compagnies énergétiques de minimiser l'impact de l'utilisation des énergies fossiles sur l'environnement pour protéger leurs intérêts.

Le réchauffement climatique a déjà plongé la planète dans la crise, et le secteur énergétique tente d'en cacher l'ampleur au public, estime le principal spécialiste du climat de la Nasa, James Hansen.

"Les émissions de dioxyde de carbone dans l'atmosphère ont d'ores et déjà atteint un niveau dangereux" à 385 particules par million, ce qui représente un "point critique", explique à l'AFP M. Hansen, qui, à 67 ans, dirige l'Institut Goddard d'études spatiales de la Nasa à New York.

"Mais il existe des moyens de résoudre le problème" des gaz à effet de serre, affirme ce scientifique, qui appelle dans un article publié lundi par le magazine Science à mettre hors service d'ici 2030 toutes les centrales à charbon et à taxer leurs émissions d'ici là.

Il appelle également à interdire la construction de nouvelles centrales si celles-ci ne prévoient pas de système pour emprisonner leurs émissions de dioxyde de carbone.

Le principal obstacle au sauvetage de la planète n'est pas d'ordre technologique, affirme James Hansen, nommé en 2006 parmi les 100 personnes les plus influentes au monde par le magazine américain Time. "Le problème, c'est que 90% de l'énergie est produite par des ressources fossiles. Et c'est un business tellement énorme qu'il a infiltré notre gouvernement", dit-il.

"Il m'est apparu clairement au cours des dernières années qu'à la fois le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif étaient fortement influencés par les intérêts spécifiques" du secteur des énergies fossiles, ajoute-t-il.

Or, "l'industrie induit en erreur le public et les responsables politiques sur les causes du changement climatique. C'est du même ordre que ce qu'ont fait les fabricants de cigarettes: ils savaient que fumer provoque le cancer, mais ils ont embauché des scientifiques pour affirmer le contraire".

Dans ces conditions, "notre meilleure chance, c'est le pouvoir judiciaire", estime-t-il. Au cours d'une audition l'an dernier devant le Congrès, M. Hansen avait dénoncé les interférences empêchant les informations scientifiques de parvenir jusqu'au public depuis l'arrivée au pouvoir de l'administration Bush.

Les responsables de relations publiques du gouvernement, avait-il alors expliqué, filtrent les faits scientifiques pour réduire dans l'esprit du public les liens de causalité entre le changement climatique et les émissions humaines de gaz à effet de serre.

Reconnaissant être sorti du rôle classique dévolu aux scientifiques en intervenant dans la sphère politique, M. Hansen s'en justifie par le fait que "dans ce cas précis nous avons atteint une crise".

Les responsables politiques, ceux qui devraient être au courant, "ignorent l'état actuel du problème, sa gravité et surtout son urgence", selon lui.

James Hansen se voit dans une situation "analogue à celle d'un ingénieur qui détecte un défaut dans la navette spatiale avant son lancement: il n'a pas le choix, il doit dire quelque chose". "C'est exactement ce que je fais", explique-t-il.

M. Hansen a été interrogé par l'AFP à Wilmington (Delaware, est), où il a reçu un "Common Wealth Award", un prix doté de 50.000 dollars créé par Ralph Hayes, un ancien directeur de Coca Cola et de la Banque du Delaware. L'ancien Premier ministre australien John Howard, l'actrice Glenn Close et la présentatrice de télévision Ann Curry sont les autres lauréats cette année.

Cette récompense, qui existe depuis 29 ans, a été attribuée à des personnalités comme l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger, l'océanographe français Jacques-Yves Cousteau ou l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez.

Première publication : 07/04/2008

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