Dernière modification : 08/04/2008 

- Colombie - France - Ingrid Betancourt


San José attend la libération d'Ingrid Betancourt
Alors que, selon Bernard Kouchner, Ingrid Betancourt "va peut-être mieux qu'on ne le pense", nos envoyés spéciaux P.-L. Viollat et W. Bracciano se sont rendus dans la ville de San José, à proximité du dernier endroit où elle aurait été vue.

Une incertitude totale régnait samedi quant au sort d'Ingrid Betancourt en Colombie, où une mission humanitaire française ronge son frein faute d'un signe de la guérilla des Farc.

A San José, capitale du département du Guaviare (sud-est) où l'otage franco-colombienne aurait été aperçue dans un état alarmant, on veut espérer l'arrivée d'un avion médicalisé immobilisé depuis trois jours à Bogota.

"Tant que les Farc n'auront pas répondu" cette mission paraît bloquée, concède à l'AFP Pedro Arenas, maire de cette localité de 65.000 habitants, placée sous haute surveillance militaire.

Seuls quelques avions de tourisme occupent le tarmac du petit aéroport de San José, près d'un hôpital spécialement approvisionné en personnel et médicaments.

"Nous sommes en contact permanent avec la tour de contrôle de Bogota, mais nous n'avons reçu aucun message sur une possible arrivée de cet avion", déclare Dagoberto Venegas, le responsable de l'aéroport.

Le gouverneur du Guaviare, Oscar Lopez, souligne que la guérilla marxiste "n'a donné aucun signal, ni même à Hugo Chavez", le président socialiste du Venezuela, qui avait obtenu dans cette même région la libération de six otages cette année.

Sans information des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), qui la retiennent depuis six ans, retrouver Ingrid Betancourt dans cette immense forêt tropicale, grande comme deux fois la Suisse, est impossible.

"Il y a un blocage car les Farc n'ont pas fourni de coordonnées", explique à l'AFP un responsable local, ayant requis l'anonymat.

L'évêque de la région, Guillermo Orozco, ne cache plus ses doutes. "Tout peut encore arriver, mais je suis sceptique. Je crois qu'il ne faut pas en espérer beaucoup", dit-il.

Le clergé, qui a aussi fait parvenir récemment un message aux Farc dans cette région, théâtre des affrontements entre guérilla et paramilitaires d'extrême droite autour des champs de coca, "n'a reçu aucune réponse".

Sollicité par le gouvernement français, M. Chavez a annoncé vendredi soir à la presse un "changement de tactique". "Ne plus parler et agir", a fixé comme devise le dirigeant vénézuélien, excluant "toute déclaration publique".

Mais le président colombien Alvaro Uribe a réaffirmé son opposition à la création d'une zone démilitarisée, synonyme selon lui "d'oxygène" pour les Farc, et condition préalable des rebelles pour acepter un échange entre 500 guérilleros emprisonnés et un groupe de 39 otages, dont Mme Betancourt.

Au lendemain d'une manifestation nationale de soutien aux otages des Farc, les Colombiens s'interrogent désormais sur les chances de survie de l'ancienne candidate présidentielle, âgée de 46 ans.

Selon le diagnostic d'un médecin, intercepté il y a une quinzaine de jours par l'armée après l'avoir auscultée pour la guérilla, elle souffrirait d'une forme grave de paludisme, d'une inflammation du foie et de dénutrition.

Elle souffre également d'une hépatite B, selon plusieurs témoignages indirects relayés par la famille et ses comités de soutien.

A Paris, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a annoncé que la mission humanitaire "allait rester sur place".

"Il fallait agir. Nous sommes sur place et nous sommes déterminés à continuer. Maintenant, nous attendons des nouvelles des Farc", a poursuivi M. Kouchner sur une chaîne de télévision publique.

De son côté, la soeur de l'otage Astrid Betancourt est pessimiste. "Telle que la mission humanitaire est présentée, dit-elle, il est peu probable, que la guérilla donne une réponse favorable".

Selon elle, les rebelles doivent comprendre que la libération d'Ingrid Betancourt "sera l'élément déclencheur d'un processus qui va apporter des contreparties positives aux Farc comme l'a dit le président Nicolas Sarkozy".
 

Commentaires (1)

Quand va -enfin- réaliser la famille

que les preneurs d'otage sont les farc et pas le gouvernement colombien? Elle s'acharnent sur le président Uribé, porqué?

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet
Fermer