07 avril 2008 - 21H40

Otages : Al-Qaïda rend Vienne responsable
Au lendemain de l'expiration d'un nouvel ultimatum, la branche d'Al-Qaïda au Maghreb rejette sur l'Autriche l'échec des négociations concernant la libération des deux touristes autrichiens retenus en otage.

La branche d'Al-Qaïda au Maghreb affirme tenir Vienne pour responsable du sort de ses deux otages autrichiens et exige la libération d'un couple d'islamistes emprisonnés en Autriche ainsi que le retrait militaire de ce pays d'Afghanistan, dans un communiqué publié lundi.

Ce communiqué intervient au lendemain de l'expiration d'un nouvel ultimatum, qui ne marque toutefois pas la fin des négociations, selon une source diplomatique au Mali, où les otages se trouveraient.

"Les moujahidine ont renoncé durant le dernier ultimatum à leurs revendications initiales, l'Autriche ayant prétendu que (leur réalisation) dépasse ses prérogatives", écrit le groupe dans un texte mis en ligne sur un site islamiste généralement utilisé par le réseau d'Oussama ben Laden.

"Les moujahidine ont alors présenté de nouvelles revendications légitimes : que (l'Autriche) libère un frère musulman et son épouse, torturés injustement dans le "Guantanamo d'Autriche", et qu'elle renonce à sa participation militaire symbolique en Afghanistan, formée de quatre officiers", ajoute le texte dont l'authenticité ne peut être établie.

Wolfgang Ebner, 51 ans, et sa compagne Andrea Kloiber, 44 ans, originaires de la région de Salzbourg (nord) et habitués des randonnées dans le désert, ont été portés disparus le 22 février alors qu'ils circulaient dans le sud de la Tunisie à bord de leur véhicule 4X4 immatriculé en Autriche.

Leur enlèvement n'a été revendiqué que le 10 mars par Al-Qaïda au Maghreb islamique, qui avait alors réclamé, en échange, la libération d'islamistes détenus en Algérie et en Tunisie.

Les autorités tunisiennes ont mis en doute leur présence et leur enlèvement en Tunisie.

La radio publique autrichienne ORF a affirmé ensuite, le 31 mars, que les ravisseurs avaient ajouté des conditions: le retrait des soldats autrichiens déployés en Afghanistan et la libération d'un couple d'islamistes condamnés le 10 mars à Vienne pour avoir diffusé une vidéo menaçant d'attentats l'Autriche et l'Allemagne.

Selon des informations de presse non confirmées, ils ont également exigé le versement d'une rançon de cinq millions d'euros.

Désormais, "nous n'avons plus rien à nous reprocher. Nous avons fait tout notre possible, mais il semble que l'Autriche n'a pas agi avec sérieux pour préserver la vie de ses citoyens. Après avoir été saisie depuis un certain temps des nouvelles revendications (...), elle est maintenant responsable, en premier et dernier lieu, de la vie et du sort inconnu des otages", avertit le groupe dans son nouveau communiqué.

Il estime que le gouvernement autrichien "a fait preuve d'insouciance et d'indifférence au sujet de ses ressortissants en dépit de la souplesse manifestée par les moujahidine dans leurs (nouvelles) revendications" qui, affirme-t-il, "sont très réalistes et relèvent directement des prérogatives" de Vienne.

L'Autriche négocie principalement par le biais d'une mission de quatre personnes déployées depuis mi-mars au Mali, où les otages seraient détenus.

"Par des intermédiaires, nous venons d'apprendre ce lundi que les ravisseurs sont prêts à poursuivre les négociations malgré la fin de l'ultimatum" qui était fixé dimanche 6 avril à minuit, a déclaré à l'AFP un diplomate en poste à Bamako.
 

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