Le général David Petraeus, chef des troupes américaines basées en Irak, et Ryan Crocker, ambassadeur américain à Bagdad, sont auditionnés, mardi, par le Sénat, sur la situation en Irak. Ils devraient plaider pour une pause dans le retrait des troupes américaines. Le président George W. Bush doit se prononcer, jeudi, sur ce sujet.
Le général et l'ambassadeur devraient vanter les progrès réalisés en Irak, grâce à l'envoi de renforts, la mobilisation d'anciens insurgés sunnites pour lutter contre Al-Qaïda, et une trêve de la principale milice chiite du pays.
Mais pour justifier le maintien de la totalité des troupes en Irak, ils devraient également insister sur la fragilité de ces gains, l'influence de Téhéran, le manque d'avancées sur le front politique, et la reprise récente des violences.
L’envoyé spécial de FRANCE 24 à Bagdad, Lucas Menget, explique que "l’envoi de troupes en renfort surtout à Bagdad - 30 000 troupes au mois de juin dernier - a été un succès pendant quelques mois. Entre septembre et mi-décembre 2007, le nombre d’attentats a légèrement baissé. Mais depuis, la violence a repris", rappelle-t-il. Les combats entre chiites et les troupes irakiennes et américaines ont fait près de 700 morts, entre le 25 et le 30 mars.
"L’administration Bush peut se targuer d’avoir amélioré la situation en Irak depuis six mois, analyse Gauthier Rybinski, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24. "Les Américains ont réussi à empêcher des attentats d’Al-Qaïda, notamment en développant une collaboration, parfois rémunérée, avec certaines tribus sunnites, autrefois alliées d’Al Qaïda. Cependant, les rivalités dans le camp chiite ne sont pas maîtrisées. Car le gouvernement chiite et l’armée, composés en grande partie de chiites, rechignent à combattre les milices chiites. D’où l’appui des Américains dans les récents affrontements contre l’Armée du Mahdi de Moqtada Sadr."
Débat électoralement sensible
La décision de maintenir les troupes ou d’entamer un retrait militaire prend une tournure électorale, à quelques mois de la présidentielle américaine. D’autant que les questions adressées à David Petraeus et à Ryan Crocker seront posées notamment par les trois prétendants à la Maison Blanche, tous trois sénateurs.
John McCain plaide pour le maintien des troupes et fustige "l’irresponsabilité" et "l’électoralisme" de ses concurrents démocrates, Barack Obama et Hillary Clinton, qui promettent un retrait rapide des troupes. Le camp républicain est cependant conscient que l’opinion publique souhaite majoritairement le retour des troupes aux Etats-Unis. "La demande de Petraeus et de Crocker est même très loin de ce que Bush espérait", estime Lucas Menget.
"Mais si les Américains veulent maintenir un niveau de sécurité à peu près honorable en Irak, c’est-à-dire une cinquantaine de morts par jour, ils vont, selon toute logique, demander une pause dans le retrait des troupes", conclut notre envoyé spécial à Bagdad.
Le contingent américain en Irak s'élève actuellement à 158.000 hommes. D'ici juillet, ce nombre devrait tomber à 140 000 soldats, soit 10 000 de plus qu'avant l'envoi de renforts début 2007.














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