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Nadjaf, capitale politique du chiisme

Dernière modification : 10/04/2008

Les chiites, opprimés sous Saddam Hussein, auraient dû être les grands vainqueurs de la guerre de 2003. Mais des divisions sont apparues. Reportage à Nadjaf, capitale du chiisme, de nos envoyés spéciaux L. Menget, G. Martin et M. Ibrahim.


1e partie - Sadr City, la ville interdite
2e partie - Chola, la vie sous couvre-feu

 

 

 


Arriver à Nadjaf, c’est avant tout passer d’innombrables barrages militaires et policiers. La ville sainte des chiites est sous haute protection. Nadjaf est un bastion, celui des religieux. C’est ici que se décident les fatwas et les alliances, que se fait et se défait la politique des chiites. Sous ses airs de bourgade de province, c’est la capitale de tous les chiites du Moyen-Orient.

Les chiites auraient dû être les grands vainqueurs de la guerre de 2003. Opprimés sous Saddam Hussein, ils représentent plus de 60 % de la population irakienne. Leurs espoirs ont étés douchés au fur et à mesure. Les Américains ont été surpris par les divisions au sein de la communauté chiite. Pour s’assurer que la guerre civile ne débordera plus ici, le gouverneur de Nadjaf doit composer.  
   

Maintenir des bonnes relations entre chefs religieux et tribaux

 

"On a donné toutes sortes de libertés à tous les partis politiques et aux différentes factions des mouvements installés dans la ville. Mais nous avons aussi tenu à maintenir de bonnes relations avec les chefs religieux et les chefs tribaux", explique Saad Abou Gelel, gouverneur de Nadjaf.

En 2005, le chef radical Moqtada Sadr s’était retranché dans la ville. Il a fallu l’intervention de l’ayatollah Cistani, le plus haut dignitaire chiite, pour éviter le bain de sang. Aujourd’hui, les partisans de Sadr ne sont plus très populaires à Nadjaf, mais c’est quand même ici qu’ils ont établis leur quartier général. Le numéro deux du parti politique y a notamment dénoncé les faiblesses du gouvernement chiite de Maliki.

"Tous les accords et les négociations avec le gouvernement se terminent en cul-de-sac parce que le gouvernement ne veut pas négocier avec nous, et ne cherche aucune solution à ce qui se passe en ce moment", commente Luaa Smaysem, président du comité politique du mouvement Sadr.

Près du plus grand cimetière chiite du monde, les négociations entre factions rivales, et parfois ennemies, sont rudes. Et l’enjeu est de taille : qui va contrôler les chiites irakiens depuis le mausolée de l’imam Ali jusque dans les quartiers déshérités de Bagdad et de Bassorah ? 

 

Cliquez ici pour lire le carnet de route de Lucas Menget

 

Première publication : 09/04/2008

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