Dernière modification : 14/04/2008 

- Chiites - Irak - Moqtada Sadr


Sadr City, la ville interdite
Sadr City, fief du leader chiite Moqtada Sadr, est bouclé par les armées irakienne et américaine. Au moins 13 personnes y ont été tuées en ce jour anniversaire. Reportage de nos envoyés spéciaux Lucas Menget, G. Martin et M. Ibrahim.
Il y a cinq ans, le 9 avril 2003, les troupes américaines entraient dans Bagdad. Presque aussitôt, les Bagdadis se précipitèrent vers le square Firdos pour mettre à bas un symbole de la dictature : la statue de Saddam Hussein. A l’occasion de cet anniversaire, les journalistes de FRANCE 24 Lucas Menget, Guillaume Martin et Muthanna Ibrahim ont réalisé une série de trois reportages sur les chiites d’Irak. Dans la capitale irakienne, les violences continuent. Au moins 13 personnes ont été tuées à Sadr City en ce jour anniversaire.


2e partie - Chola, la vie sous couvre-feu

3e partie - Nadjaf, capitale du chiisme

Il faut passer par les décharges pour entrer dans Sadr City. C’est le seul chemin encore ouvert. La ville chiite de 2 millions d’habitants est presque vide. Les voitures ne peuvent plus en sortir. Et les piétons se cachent. Depuis quinze jours, Sadr City est sous couvre-feu : la punition du gouvernement et des Américains au bastion du jeune chef radical, Moqtada Sadr.

         
Cet immense quartier chiite de deux millions d'habitants, le plus déshérité de Bagdad, vit des heures noires. Il est totalement bouclé par les armées irakiennes et américaines, et on y ramasse les cadavres des batailles tous les jours.  

      
Les combattants de l’Armée du Mahdi se cachent. Mais certains ont accepté de nous guider. Et même de servir de leurre : cette avenue est dans le viseur des snipers américains.

      
Colère contre le gouvernement
 

La peur est là. Mais la colère contre le gouvernement est encore plus vive. "Le gouvernement n’a pas voulu respecter nos accords. Nous cachons nos armes, mais eux ils sont entrés avec leurs troupes dans la ville, ils ont attaqué les maisons et arrêté des civils", raconte Abou Haïdar, militant de l’Armée du Mahdi à Sadr City. Dans la journée, les attaques feront 18 morts. La colère de Sadr City est décuplée.

    
Au Quartier général du parti de l'Armée du Mahdi, on contourne le blocus. Des sacs de riz et de céréales arrivent du Pakistan ou d’Iran. Le patron du parti à Bagdad est formel : les Américains sont pires que Saddam.

   
"Bien sûr pour nous c’est plus tragique qu’à l’époque de Saddam contre le peuple irakien : je pense vraiment que l’élève est parti mais nous avons maintenant le maître", commente Sayyed Salman Al-Freejy, représentant de Moqtada Sadr pour Bagdad Est. 

  
A Sadr City, le drapeau de l’unité irakienne flotte sur les décombres d’un rêve.

 

Cliquez ici pour lire le carnet de route de Lucas Menget

Commentaires (2)

Dieu pardonne à l'Occident

Le diable existe, les irakiens l'ont rencontré, si Dieu existe qu'il pardonne à l'Occident

c'est une honte...

quand le monde entier va-t-il dénoncer le crime des états-unis en irak? de l'aveu même des irakiens chites les américains sont pire que saddam et ils nomment terroristes tous ceux qui leur résistent ...

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