10 avril 2008 - 18H10
- États-Unis - Irak

Bush entérine le gel du retrait d'Irak proposé par Petraeus
Le président américain George W. Bush a annoncé jeudi une pause dans le retrait des troupes américaines d'Irak au mois de juillet. Il se plie aux recommandations dispensées par le général David Petraeus devant le Congrès. (Récit : H. Drouet)

Le président américain George W. Bush a annoncé jeudi un gel cet été du retrait des militaires déployés en Irak, et indiqué que les soldats ne seraient plus déployés que pour un an, au lieu de 15 mois actuellement.
   
Le commandant en chef des militaires américains en Irak, le général David Petraeus, "a annoncé que les conditions de sécurité s'étaient suffisamment améliorées pour qu'on puisse retirer les cinq brigades (prévues) d'ici à la fin juillet", a dit M. Bush, se félicitant que l'envoi de renforts (en 2007) ait permis de "relancer la perspective de succès" en Irak.
   
"Au-delà (du 31 juillet), le général Petraeus dit qu'il a besoin de temps pour consolider ses forces et évaluer l'impact de cette présence américaine réduite sur le terrain avant de faire des recommandations sur de nouveaux retraits. Je lui ai dit qu'il aurait tout le temps qu'il lui faut", a dit M. Bush, lors d'une allocution tout entière consacrée à une guerre qui reste très impopulaire, cinq ans après la prise de Bagdad.
   
Dans le même temps, le président a fait un geste envers un corps militaire harassé par six ans de guerres en Irak et en Afghanistan.
   
"Pour un certain temps, pour alléger le fardeau des militaires et de leurs familles, j'ai demandé au secrétaire à la Défense de réduire les déploiements de 15 à 12 mois, pour tous les soldats d'active de l'armée de Terre déployés dans la zone d'opérations du commandement central", a dit M. Bush.
   
"Ces changements s'appliqueront à ceux qui sont déployés après le 1er août", a-t-il ajouté, en promettant en outre qu'un an de déploiement sur le terrain garantirait un an "au moins" passé sur base aux Etats-Unis.
   
Le général Petraeus, s'exprimant un peu plus tôt devant la presse, avait jugé "formidable" le raccourcissement des déploiements. "Une rotation de 12 mois est suffisamment dure pour nos soldats et leurs familles, et une rotation de 15 mois est évidemment bien plus dure", avait-il dit. Les missions avaient été portées de 12 à 15 mois l'an dernier, au moment de l'envoi de renforts.
   
Ces annonces de M. Bush sont allées de pair avec un sévère avertissement lancé à Téhéran pour ses liens avec des milices chiites.
   
"Le régime de Téhéran doit faire un choix. Vivre en paix avec son voisin, bénéficier de liens étroits en matière économique, culturelle et religieuse, ou continuer à armer, entraîner et financer des milices hors-la-loi qui terrorisent le peuple irakien", a-t-il déclaré.
   
"Si l'Iran fait le bon choix, l'Amérique encouragera une relation pacifique entre l'Iran et l'Irak", mais "si l'Iran fait le mauvais choix l'Amérique agira pour protéger ses intérêts, nos troupes et nos partenaires irakiens", a-t-il affirmé.
   
Les présidentiables et leaders démocrates du Congrès ont immédiatement reproché au président de Bush de n'avoir "pas de plan pour finir cette guerre". Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Joseph Biden a notamment déclaré: "son plan c'est de se débrouiller comme il peut et de transmettre le problème à son successeur".
   
Hillary Clinton, qui ambitionne d'être ce successeur le 20 janvier, a promis qu'elle ferait ce que M. Bush "n'a pas réussi: reconnaître la réalité et mettre fin à la guerre de façon responsable".
   
"Cette guerre nous coûte 5.000 dollars par seconde", a souligné pour sa part le chef de la majorité du Sénat Harry Reid, voyant dans l'allocution présidentielle "un pas en avant, deux pas en arrière", vu qu'avec le gel du retrait cet été, le contingent américain devrait certes être ramené de 158.000 hommes à 140.000, mais compter encore 10.000 soldats de plus qu'avant l'envoi de renforts.
   
Avant son allocution, M. Bush avait accordé un entretien au magazine de droite Weekly Standard, où il avait estimé que "le plus sûr moyen de faire baisser le moral et d'affaiblir nos forces serait de perdre en Irak".

Commentaires

Une chose de bien

S'il y a une chose pour laquelle j'admire ce président c'est bien qu'il n'a pas peur de l'opinion de ceux qui l'ont élus, c'est une qualité admirable pour un président, il fait ce qu'il y a à faire et se moque pas mal de l'opinion publique qui n'est basé que sur des liens affectifs avec les troupes et nullement sur les intérêts politiques et la situation de l'Irak.

En d'autres termes, la guerre est déclenchée depuis déjà un moment, bonne ou mauvaise idée, ce n'est pas la question, maintenant le devori des États-Uniens est de faire en sorte que la stabilité de l'Irak soit assurée après leur départ, que cela engage leur armée durant 15 ou 20 ans. Après bien sûr, peut être que nos amis États-Uniens préfèrent vori rentrer leurs fils / frères / pères / amis et voire l'Irak sombrer dans une guerre civile où les morts ne se compteraient pas en dizaine par jour comme actuellement ...

Dans tout les cas je pense que l'on rira bien si Hilary Clinton est élu, elle m'a l'air encore plus incapable qu'un simple citoyen sans aucune culture politique, elle compte sur le fait de dire "non à la guerre" pour gagner des voix, pas de chance je pense qu'il n'y a pas assez d'États-Uniens stupides pour croire à ses belles idées qui tentent à démontrer que les troupes peuvent rentrer sans poser de problèmes ...

Pour finir je souhaite bonne chance aux troupes déployées en Irak (et autre part au passage) et bien sûr aux habitants eux mêmes.

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