Dernière modification : 10/04/2008 

Le président haïtien lance un appel au calme
Commentaires (2)

Une question ? au president

Mr le president,qu'est ce que vous allez faire avec les deputes,et les senateurs,qui depensent comme des voleurs.Car vous devez pas oublie qu'un depute,utilise 49 pneux et 5 battrie pour un jeep dans l'espace de 7mois.Pour moi c'est pas serieux.

C'était prévisible.

On constate, en Haïti, une dégringolade en spirale du pays depui 22 ans, date du départ forcé du Président Jean-Claude Duvalier. Depuis cette date, l'affaiblissement, voire dans certains cas, l'anéantissement des institutions et la disparition de l'autorité de l'état ont conduit le pays à une situation catastrophique. Sous-développement chronique, taux de chomage à 70%, système éducatif pratiquement inéxistant, services de santé déplorables etc...Alors que la phraséologie officielle nous parle de démocratisation. La République d'Haïti actuelle n'a de démocratique que le nom et ce gouvernement ne doit son maintien que par le volonté des puissances occidentales et des organisations internationales.
La "démocratisation" s'est, en effet, accompagnée d'une ingérance étrangère permanente sur tous les plans.
Les programmes d'ajustements structurels pondus par les officines type FMI ou Banque Mondiale, nous ont conduit à un démantèlement de l'économie par la désindustrialisation et la disparition de la production agricole, au nom du libéralisme. Nous payons, ces jours-ci, l'amère facture de cette politique.
Le Président Préval parle maintenant de relancer la production nationale, il était temps...
Nous avons assisté au scénario catastrophe suivant en matière de politique agricole :
suppression des barrières douanières (imposée par l'étranger), importation de produits subventionnés par le biais d'une prétendue aide alimentaire "afin de stabiliser les prix du marché au bénéfice des plus défavorisés", cette aide alimentaire ne vise pas à la distribution gratuite de produits, mais seulement à placer le prix du riz US par exemple (très cher à la production) juste au-dessus du prix du produit local. Il en résulte, à très court terme, à un anéantissement de la production rizicole nationale, par contre Haïti se classera, au bout de quelques mois, au troisième rang des exportations de riz américaines en Amérique Latine.
Cette politique de désertification économique au profit des nations industrielles avait été inaugurée par l'affaire du porc créole (variété indigène) lors de laquelle certains "experts" étrangers nous informaient que le porc local était atteint de la peste porcine et que la solution de santé publique n'était rien moins que l'extermination de la race porcine locale. Ce qui est complètement faux, la peste porcine proliférant un peu partout dans le monde sans s'accompagner d'une génocide d'espèce, dans ce cas, il y a lontemps que le porc aurait disparu de la consommation mondiale. En compensation, la coopération étrangère proposait l'importation de porcs nord-américains destinés à la reconstitution du cheptel. Sur le plan social, on nous parlait de dédommager les producteurs, déjà très précaires, vivant d'ailleurs dans des conditions misérables, ce qui eut été la moindre des choses.
Cependant, pas un paysan haïtien n'a vu le moindre centime issu des soi-disantes subventions, alors qu'il perdait son seul capital, sa tirelire constituée par son micro-cheptel.
Il en résulta une disparition de la viande de porc sur le marché haïtien pour plusieurs années, une désertification des campagnes par l'émigration vers la ville et l'étranger, la prolifération des bidonvilles de la capitale avec, comme corollaire, une apparition de la criminalité (inéxistante lors de la "dictature") qui atteindra, par la suite, un taux dramatiquement élevé.
Ces journées d'émeutes sont, largement, la conséquence de cette politique criminelle d'abandon nationale.

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