Dernière modification : 12/04/2008 

- Grèves - Industrie automobile - Roumanie


Fin de la grève chez Dacia après un accord salarial
Un accord sur une hausse des salaires a été trouvé entre la direction et le syndicat de l'usine Dacia, en Roumanie. La production reprend après trois semaines de grève. (Récit : M. Gaudin)

La direction et le syndicat de l'usine Dacia (Renault) sont parvenus vendredi à un accord sur une majoration salariale, mettant fin à près de trois semaines de grève et permettant de relancer notamment la production de la Logan, fer de lance du groupe.
   
"La grève est terminée et le travail a repris à partir de 13H00 (10H00 GMT)", a déclaré Liviu Ion, porte-parole de Dacia, visiblement soulagé que l'ultime offre patronale, faite la veille après "des discussions jusqu'à minuit", ait été acceptée par les syndicalistes et les salariés.
   
La nouvelle proposition prévoit une majoration salariale mensuelle de 360 lei (environ 97 euros) brut en deux tranches (300 à partir du 1er janvier 2008 et 60 à partir du 1er septembre) à laquelle s'ajoute une prime annuelle d'un minimum de 900 lei (243 euros) brut calculée sur la base des différents salaires de l'usine.
   
"C'est un compromis pour chaque camp", a déclaré Nicolae Pavelescu, l'un des dirigeants du syndicat, précisant que les avis étaient partagés dans l'usine "mais que 70% des salariés étant d'accord avec la proposition, on a décidé de reprendre le travail".
   
Cet accord devrait être suivi de la signature d'un nouveau contrat collectif de travail.
   
Selon M. Pavelescu, l'usine de Mioveni, située à une centaine de kilomètres de Bucarest, "tournera à pleine capacité à partir de lundi", ce qui a été confirmé par le porte-parole de Dacia.
   
Une bonne nouvelle pour la direction qui, sans vouloir dévoiler le retard pris dans la production, ni le montant des pertes enregistrées durant cette grève, est persuadé que les objectifs fixés pour 2008 seront atteints.
   
"Les syndicats et la direction se sont engagées à respecter le plan de production pour cette année, fixé à quelques 350.000 unités", a déclaré à l'AFP M. Ion, assurant que "toutes les mesures seront prises pour respecter cet engagement".
   
Il s'est également voulu rassurant quant à l'avenir de l'usine en Roumanie : "Dacia existe depuis 40 ans en Roumanie (ndlr: contrat de licence entre Renault et l'Etat roumain signé en 1968) et continuera d'exister. Renault est venu et a investi plus d'un milliard d'euros. Cette année, nous avons prévu une moyenne de 200 millions d'investissement, et la même chose pour 2009. On est là pour durer!"
   
L'annonce de l'accord est intervenue au lendemain d'une manifestation, ayant réuni plusieurs milliers de salariés sur la place centrale de Pitesti, forts de la décision de justice jugeant leur grève "légale" et du soutien d'autres syndicats à travers le pays.
   
Des syndicats français (CGT, CFDT et FO) et la Confédération européenne de la métallurgie ont aussi exprimé leur "solidarité" au mouvement, des collectes ayant même été effectuées dans plusieurs usines françaises.
   
Les syndicalistes de Dacia avaient maintenu depuis le premier jour de grève (24 mars) leur revendication d'une hausse salariale représentant une somme fixe de 550 lei (148 euros), accordée en deux tranches, ce qui aurait porté le salaire mensuel moyen brut à environ 435 euros contre 285 euros actuellement.
   
Ils justifiaient leurs demandes par les résultats spectaculaires enregistrés par Dacia: un nouveau record de ventes en 2007, avec plus de 230.000 unités commercialisées en Roumanie et à l'étranger, soit une hausse de 17,4% par rapport à l'exercice 2006, et la hausse de 62% des ventes les deux premiers mois de l'année, qui se traduit par 10% des ventes du groupe Renault durant cette période.
   
Ils avaient rejeté trois propositions, dont une mercredi, prévoyant une hausse de 394 lei brut en deux tranches sur l'année 2008.
   
Durant toute la durée de la grève, la plus longue depuis le rachat de Dacia par Renault en 1999, syndicats et direction ont été constamment en désaccord sur le taux de participation, les premiers estimant que plus de 70% des 13.000 salariés étaient engagés, les seconds se basant sur 49% et "moins au fil des jours".

Commentaires (1)

remarque

renault se dit faire des voitures a vivre. qu'en pensent les esclaves roumains du 21 siecles? on se permet de juger la chine, on ferai mieux de faire le menage dans nos propres principes d'industries. enfin tant que le dieu pognon se porte bien, pourquoi se preocupé de la vie des pauvres.un meurt, deux sont derriere a attendre leur tour.

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