- Taliban
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a plaidé samedi à Kaboul pour une "responsabilisation" croissante des Afghans dans l'utilisation de l'aide militaire et financière internationale, alors que Paris vient d'annoncer l'envoi de troupes supplémentaires.
M. Kouchner, qui effectue une visite de deux jours au côté de son homologue canadien Maxime Bernier, a martelé le terme d'"afghanisation" pour signifier que, pour Paris, la population afghane doit être de plus en plus impliquée dans la lutte contre les talibans menée depuis fin 2001 avec l'aide des forces internationales et dans la reconstruction du pays.
Pendant leur séjour, les ministres des Affaires étrangères français et canadien doivent se rendre à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, l'un des bastions des talibans, qui ont considérablement intensifié leur insurrection depuis plus d'un an.
"On ne va pas se retirer demain et on ne va pas rester éternellement", a expliqué M. Kouchner devant des militaires français et étrangers à Camp Warehouse, la principale base, dans la région, de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan, installée dans la périphérie de Kaboul.
"Entre les deux, il y aura, pour nous, la prise en compte des responsabilités des Afghans et, pour eux, la prise en charge de leurs responsabilités. Dès que cela sera possible, nous nous retirerons pour leur laisser la place", a-t-il précisé.
"Notre idée est de nous rapprocher des Afghans", a-t-il assuré en confirmant l'envoi d'un bataillon de 700 soldats dans l'est du pays qui devrait porter le contingent français à environ 3.000 hommes. "Nous ne faisons pas la guerre aux Afghans mais avec les Afghans contre le terrorisme", a-t-il lancé.
"L'utilisation des renforts français est destinée à l'+afghanisation+", a encore déclaré le ministre, soulignant qu'une partie du contingent français est déjà affecté à la formation de l'armée afghane. "Nous ne gagnerons pas cette guerre, nous ne la perdrons pas non plus, mais nous devons gagner le coeur des Afghans", a-t-il ajouté.
Mais le soutien militaire des 70.000 soldats des deux forces internationales présentes --l'Isaf (environ 50.000) et la coalition de l'Opération Enduring Freedom (OEF) sous commandement américain-- ne suffit pas et la lutte contre les talibans dépend aussi de la reconstruction du pays, selon M. Kouchner.
"La France s'intéressera aussi à l'aide dans le domaine agricole car très peu de l'aide internationale lui est consacrée", a promis M. Kouchner.
A Kaboul, M. Kouchner doit s'entretenir avec le président Hamid Karzaï et son gouvernement, notamment pour préparer la conférence internationale sur l'Afghanistan prévue le 12 juin à Paris, qui doit permettre de collecter des fonds pour la reconstruction économique tout en élaborant un cadre politique pour les efforts internationaux.
Paris souhaite notamment y renforcer le concept "d'afghanisation", soit un rôle accru des Afghans dans les efforts de la communauté internationale.
Puis M. Kouchner se rendra à Kandahar avec M. Bernier.
Ottawa, qui compte 2.500 soldats dans le sud de l'Afghanistan, est en première ligne dans la lutte contre les talibans, qui ont considérablement intensifié leur insurrection depuis plus d'un an.
Le Canada a perdu 82 soldats depuis 2002 et réclamait depuis des mois un renforcement en troupes de l'Isaf aux autres pays membres de l'Otan. Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé le 3 avril l'envoi de 700 soldats français, lors du sommet de l'Otan à Bucarest.
La France dispose à Kandahar de six avions de chasse multi-rôles qui apportent un soutien aérien à l'Isaf et à l'OEF. Quelque 160 militaires français sont déployés sur la base aérienne de Kandahar.
Environ 1.600 autres sont présents dans la région de Kaboul.
Plus d'une vingtaine de talibans tués par les forces de sécurité afghanes
Plus d'une vingtaine de talibans ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi lors d'une opération des forces de sécurité afghanes, appuyées par un soutien aérien occidental dans le sud de l'Afghanistan, a indiqué un responsable afghan.
L'opération, dans la province méridionale de Zaboul, visait à reprendre aux insurgés une artère stratégique reliant la capitale Kaboul au sud du pays, a indiqué cette source.
"Une opération a été menée la nuit dernière (vendredi) contre les talibans. Lors de cette opération, au cours de laquelle un soutien aérien étranger a été requis, 24 talibans ont péri et huit autres ont été blessés", a indiqué à l'AFP le gouverneur-adjoint de la province, Gulab Shah Alikhail.
L'offensive a débuté vendredi soir et s'est poursuivie tôt samedi matin dans cette province où les insurgés talibans demeurent actifs, a-t-il précisé.
Mardi, 17 ouvriers civils employés à la construction d'une route avaient été tués lors de l'attaque de leur convoi par des talibans près de Qalat, la capitale provinciale.
Les provinces du sud de l'Afghanistan sont les plus touchées par l'insurrection des combattants fondamentalistes, surtout des talibans, qui cherchent à détruire les institutions de l'Etat et s'attaquent également aux quelque 70.000 soldats des forces internationales qui le soutiennent.
Les talibans ont été chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale sous commandement américain pour avoir abrité et soutenu le réseau islamiste Al-Qaïda.
Deux ingénieurs indiens tués dans un double attentat suicide
Deux ingénieurs indiens ont été tués samedi dans le sud de l'Afghanistan dans un double attentat suicide des talibans qui visaient un convoi indien d'ouvriers affectés à la reconstruction d'un pont, a annoncé à l'AFP un gouverneur local.
Plusieurs autres personnes ont été blessées dans cette attaque, commise dans la province de Nimroz, dans le sud du pays, l'un des bastions des insurgés fondamentalistes musulmans, a précisé le gouverneur provincial Ghulam Dastgir Azad.
Deux kamikazes ont fait exploser les bombes qu'ils portaient sur eux à proximité du convoi, "deux ingénieurs indiens ont été tués et plusieurs autres personnes, dont trois ouvriers indiens, ont été blessées", a-t-il assuré.
Un troisième kamikaze, qui portait une veste remplie d'explosifs qu'il n'a apparemment pas réussi à déclencher, a été blessé sans doute par les deux autres explosions et capturé, a précisé le gouverneur.
Un porte-parole des talibans, Yousuf Ahmadi, a revendiqué l'attaque par téléphone auprès de l'AFP mais a livré une version différente des circonstances: deux mines dissimulée par les "guerriers saints" ont d'abord explosé, puis, "lorsque les Indiens et la police se sont approchés, l'un de nos fidèles combattants a déclenché sa bombe", a-t-il assuré.
Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Américains, ont considérablement intensifié depuis plus d'un an leur insurrection, visant, principalement au moyens d'attentats suicide, les institutions du gouvernement du président Hamid Karzaï et les quelque 70.000 soldats des forces internationales qui le soutiennent.


























Commentaires (1)
que du blabla
que de beaux discours pouvez vous m'expliquez ce que nos militaires font la bas , ce n'est meme pas notre probleme , ces conflits durent depuis des lustres , par contre la boucherie de nos hommes vous aimez ça
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