- Robert Mugabe - Zimbabwe
Le président du Zimbabwe Robert Mugabe semble avoir obtenu le soutien de son homologue sud-africain, Thabo Mbeki.
"Il n’y a pas de crise au Zimbabwe", a en effet déclaré Mbeki, à l’issue d’un entretien avec son homologue zimbabwéen peu avant l’ouverture du sommet des pays d’Afrique australe (SADC). "Un processus électoral a eu lieu et nous attendons tous que la ZEC (commission électorale zimbabwéenne) annonce les résultats" de l’élection.
Malgré cette déclaration, le sommet des pays d’Afrique australe, qui a ouvert ce samedi à Lusaka, en Zambie, s’annonce difficile pour le président zimbabwéen Robert Mugabe.
Dès l’ouverture du sommet, le président zambien Levy Mwanawasa a déclaré que l’Afrique australe "ne peut ignorer" ce qui se passe au Zimbabwe "en crise". La Communauté de développement d'Afrique australe "ne peut rester passive lorsqu'un de ses membres est confronté à une situation douloureuse, politiquement et économiquement", a-t-il déclaré.
Selon notre correspondante au Zimbabwe Alex Duval Smith, "Robert Mugabe ne peut pas s’attendre à recevoir une tape amicale dans le dos comme cela a été le cas dans le passé".
Le chef de l'Etat zambien assure toutefois que la SADC ne veut pas mettre Mugabe "au banc des accusés".
Deux semaines après les élections présidentielles, les résultats officiels n’ont toujours pas été publiés. Vendredi, la tension est montée d’un cran alors que l’opposition menée par Morgan Tsvangirai a appelé à la grève générale et que la police de Robert Mugabe a interdit toute manifestation politique dans la capitale.
Une nouvelle génération prend ses distances
Les leaders de la SADC, qui comprend notamment l’Afrique du Sud, l’Angola et le Botswana, n’avaient jamais ouvertement critiqué Mugabe par respect pour l’ancien héros de la guerre d’indépendance. Ils semblent à présent vouloir prendre des distances avec le dictateur au pouvoir depuis 28 ans.
Réunis pour trouver une solution à la crise qui secoue le Zimbabwe depuis les élections du 29 mars, ils pourraient se montrer plus fermes que jamais. "Une nouvelle génération de leaders, élus par les urnes, est en train d’apparaître", explique Alex Duval Smith. "Leur approche est plus pragmatique : ils dépendent du Zimbabwe pour le commerce et n’ont pas intérêt à accueillir une république bananière en leur sein".
Mugabe s’isole encore plus
Le leader zimbabwéen ne se rend pas à la réunion. Le gouvernement zimbabwéen, qui a dépêché quatre ministres en Zambie a déjà minimisé l’importance du sommet. Il n’y a "nul besoin de régionaliser la crise", a déclaré à l’AFP le ministre de la Justice Patrick Chimanasa.
"Mugabe s’isole encore un peu plus", analyse Caroline Dumay, correspondante pour FRANCE 24 en Afrique du Sud. "Cela fait cinq ans qu’il ne parle plus à la communauté internationale et plusieurs années qu’il ne prend plus aucun appel des Européens. Aujourd’hui, les chefs d’Etat voisins n’arrivent même plus à lui parler. C’est très mauvais signe".
Les soutiens s’étiolent autour du dictateur. Malgré son isolement, Mugabe pourrait ignorer les recommandations de ses homologues. "On ne sait vraiment pas ce qui va se passer. Le groupe régional peut rester sur sa position actuelle, comme il pourrait condamner la non publication des résultats électoraux et insister pour que Mugabe débloque les choses", commente Alex Duval. "Cela demeure une simple condamnation diplomatique. Mais si Mugabe comprend qu’il est isolé par ses pairs, ce sera une grande évolution".



























