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Nouvel accord sur un gouvernement de coalition

Dernière modification : 13/04/2008

Après quatre mois de crise post-électorale au Kenya, le président Mwai Kibaki et le chef de l'opposition Raila Odinga sont parvenus à un accord sur un nouveau gouvernement de coalition.

Le président kényan Mwai Kibaki et le chef de l'opposition, Raila Odinga, sont parvenus samedi à un accord sur la composition d'un gouvernement de coalition qui doit régler la sanglante crise post-électorale qui a ébranlé le pays, a-t-on appris de sources concordantes.
   
"Les deux dirigeants ont eu des entretiens aujourd'hui (samedi) et se sont mis d'accord sur un nouveau gouvernement de coalition qui sera dévoilé demain (dimanche) vers la mi-journée", a déclaré à l'AFP un responsable politique kényan sous couvert d'anonymat.
   
"On nous a informé qu'un accord sur le gouvernement avait été conclu et nous nous attendons à une annonce demain (dimanche)", a déclaré de son côté à l'AFP un diplomate occidental en poste à Nairobi.
   
Selon ces sources, MM. Kibaki et Odinga ont eu un long tête à tête de six heures samedi dans une résidence officielle du gouvernement kényan située dans le centre du pays.
   
Les deux hommes souhaitent que le gouvernement soit formé avant la reprise des travaux du Parlement, prévue mardi, selon la source diplomatique.

 

Deux accords ont déjà échoué

 

Les négociations sur ce gouvernement achoppaient jusque présent sur la répartition des postes de ministres, les deux camps s'accusant mutuellement des blocages.
   
Alors que MM. Kibaki et Odinga avaient affirmé le 3 avril être tombés d'accord sur la taille et la composition de ce gouvernement prévoyant la création d'un poste de Premier ministre destiné à M. Odinga, leurs deux camps avaient affiché dès le 5 avril leurs désaccords profonds, entraînant une semaine plus tard la suspension des discussions.
   
MM. Kibaki et Odinga étaient parvenus, sous la médiation de l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, à un accord de gouvernement de coalition le 28 février pour sortir le pays d'une crise post-électorale sanglante. Cet accord avait été entériné à l'unanimité par le Parlement le 18 mars.
   
La contestation par l'opposition de la réélection de M. Kibaki lors de la présidentielle entachée de graves irrégularités du 27 décembre, a plongé le Kenya dans une crise politique majeure, qui a fait 1.500 morts et plus de 300.000 déplacés.

 

De fortes pressions internationales

 

Face à la perspective d'un nouveau blocage politique susceptible de provoquer de nouvelles violences, la communauté internationale a multiplié ces deniers jours les pressions sur les dirigeants kényans pour qu'ils trouvent un terrain d'entente.
   
Les craintes de nouvelles violences ont été ravivées par des manifestations fustigeant les retards dans l'annonce du cabinet qui ont éclaté en début de semaine dans un bidonville de Nairobi.
   
Jeudi, la Russie avait ainsi appelé le président Kibaki et le chef de l'opposition à reprendre leurs pourparlers, en relevant que "le processus politique destiné à mettre un terme à la crise qui a surgi au Kenya après les élections de 2007 était menacé".
   
En début de semaine, Washington, allié traditionnel du Kenya, avait réclamé la formation "sans plus de délai" d'un gouvernement de coalition.
   
En l'absence d'un tel gouvernement, les Etats-Unis "établiront leur propre jugement sur les responsabilités ayant conduit à l'échec dans la mise en oeuvre de cet accord et agiront en conséquence", avait prévenu la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice.
 

Première publication : 12/04/2008

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