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Berlusconi plaide pour "la fermeture des frontières"

Dernière modification : 15/04/2008

Fraîchement élu, Silvio Berlusconi donne des gages à La Ligue du Nord, parti populiste et anti-européen membre de sa coalition. Il prône "la fermeture des frontières pour les immigrants illégaux". (Récit : V. Giebel)

Portraits de Silvio Berlusconi, analyses, reportages, retrouvez notre dossier spécial sur les élections législatives en Italie : Berlusconi, de retour ?

  
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Quoi de neuf en Italie ? Berlusconi !

A 71 ans, Silvio Berlusconi résiste au temps. Après deux victoires à la présidence du Conseil, en 1994 et 2001, "Il Cavaliere" fait son grand retour au Palazzo Chigi. Il bénéficie à la Chambre des députés et au Sénat d’une large majorité qui devrait lui permettre de réformer le pays en proie à d'importantes difficultés économiques.

C'est "le triomphe de Berlusconi", titre mardi le Corriere della Sera. Le politique et homme d’affaires a remporté bien plus qu’une victoire, il s’est offert une majorité. Selon les résultats officiels définitifs des élections, sa coalition obtient 340 sièges sur 617 à la Chambre des députés, avec 46,8 % des suffrages. La gauche, qui regroupe le Parti démocrate (PD) de Walter Veltroni et le mouvement Italie des valeurs (IDV) n’en compte que 239. Au Sénat, la droite décroche aussi la majorité absolue de 168 sièges contre 130 à la gauche.     

 

Dossiers brûlants : Alitalia et les ordures à Naples

 
"A gauche, les électeurs sont stupéfaits de voir le retour de Silvio Berlusconi pour la troisième fois à la tête du pays", commente Alexis Masciarelli, correspondant en Italie. "Mais les électeurs de droite pensent que c’est le temps du changement. Ils se félicitent de le revoir au poste de Premier ministre après deux années de gouvernement Prodi qui ont conduit le pays à la paralysie".

Le président du Conseil a promis de se mettre aux affaires rapidement pour relever le pays d’une crise économique qui se traduit par un taux de croissance prévu de 0,6 % en 2008. "Les mois et les années qui viennent seront difficiles et je prépare un gouvernement prêt à rester en place pendant cinq ans", a-t-il annoncé par téléphone, lundi soir, sur l'antenne de la RAI, assurant être prêt à affronter les deux dossiers brûlants : les ordures de Naples et la reprise de la compagnie aérienne nationale Alitalia. Prêt à tout pour garder la compagnie aérienne dans le giron national, il aurait déjà tenu une réunion à ce sujet lundi soir et évoquait mardi des "dizaines" d'hommes d'affaires italiens prêts à investir dans la compagnie.
 
Deux ministères à La Ligue du Nord
 
La Ligue du Nord d’Umberto Bossi est l’autre grand vainqueur de ces élections. Ce parti populiste et anti-immigration a marqué un net rebond en doublant son score au Sénat par rapport à 2006. Berlusconi a promis deux postes de ministre à ce parti anti-européen. Il a plaidé pour la fermeture de la frontière aux immigrants illégaux.  Il souhaite également "mettre en place davantage de camps pour identifier les ressortissants étrangers qui n'ont pas d'emploi et sont acculés à la criminalité".

Après deux années d’un gouvernement de gauche instable, "les Italiens ont besoin de stabilité et ils pensent que Berlusconi peut leur apporter car il est le seul à avoir tenu son mandat de cinq ans à la présidence du Conseil", commente Gian-Paolo Accardo, spécialiste de l’Italie à Courrier International, un hebdomadaire français.

 

"Veltroni a créé son parti de centre-gauche"

   
Le scrutin n’est pourtant pas un échec complet pour Walter Veltroni. Le candidat du Parti démocrate a osé faire campagne seul, sans l’habituel soutien des Verts, des communistes et des divers centristes. "Il a réussi son pari de créer son parti de centre-gauche", note Gian-Paolo Accardo.

Ces élections ont transformé le paysage politique en renforçant le bipartisme et en marquant l’effondrement des petits partis d’extrême gauche. Ces derniers ont enregistré une défaite historique (environ 3 % des voix, contre 11 % en 2006) et seront pour la première fois absents du Parlement. Le choix des Italiens annonce "la naissance d’une ‘troisième République’, note le grand quotidien italien La Repubblica, car ils ont préféré les deux grandes formations que sont le Parti démocrate de Walter Veltroni et la coalition Berlusconi aux petits partis".  

Berlusconi devrait être investi président du Conseil début mai, une fois qu’il aura présenté la liste de son gouvernement au chef de l'Etat, Giorgio Napolitano.

Première publication : 15/04/2008

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