- Zimbabwe
Des dizaines de partisans de l'opposition ont été arrêtés au Zimbabwe dans le cadre de la grève générale lancée pour obtenir les résultats de l'élection présidentielle du 29 mars, qui restait très peu suivie mercredi à son deuxième jour.
Une cinquantaine de militants de l'opposition, dont un député fraîchement élu, Marvelous Khumalo, ont été arrêtés depuis mardi, et se trouvaient en détention, a indiqué le porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Nelson Chamisa.
La veille au soir, la police avait indiqué avoir interpellé 30 personnes accusées d'avoir gêné la circulation, empêché l'ouverture de commerces ou agi de "manière menaçante" au premier jour de la grève.
Malgré ces arrestations, le dispositif policier semblait avoir été allégé mercredi à Harare. La police anti-émeute, qui avait quadrillé le centre-ville ces derniers jours, avait notamment disparu.
Dans la capitale, les boutiques, les banques et les bureaux fonctionnaient normalement et la circulation était fluide, les barrages routiers érigés la veille par les forces de l'ordre ayant été retirés.
Rare preuve d'agitation: la carcasse d'un mini-bus restait visible dans le quartier ouvrier de Glen View, dans le sud de la capitale. Des témoins ont précisé qu'il avait été enflammé la veille au petit matin.
Sur place, un photographe de l'AFP a vu un fourgon de police emmener une dizaine de jeunes vêtus de t-shirts du MDC.
Toute contestation contre le régime du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, est en général brutalement réprimée.
Les manifestations politiques sont interdites dans la capitale où l'an dernier, le chef du MDC Morgan Tsvangirai et plusieurs de ses partisans avaient été passés à tabac par la police avant un rassemblement.
Par peur des représailles et par manque d'information, les Zimbabwéens ont peu suivi le mouvement de grève. Et, à cause du marasme économique marqué par une hyperinflation à plus de 100.000% par an, les quelque 20% d'adultes ayant un emploi ne peuvent pas se permettre de perdre une journée de salaire.
Sans reconnaître l'échec du mouvement, Nelson Chamisa a indiqué mercredi que le parti allait revoir sa stratégie. "Je n'ai pas encore évalué la situation, mais nous allons la réexaminer et annoncer prochainement une action appropriée et les moyens de continuer à avancer", a-t-il dit.
Le MDC revendique la victoire de Morgan Tsvangirai dès le premier tour de la présidentielle face au président Mugabe, 84 ans.
Tsvangirai, qui avait menacé de boycotter un second tour réclamé par le régime, a indiqué mardi qu'il y prendrait part si des observateurs internationaux surveillaient le scrutin.
L'impasse au Zimbabwe devait être évoqué plus tard dans la journée lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, malgré les réticences de l'Afrique du Sud qui préside actuellement cet organe.
Le Zimbabwe ne figure pas officiellement à l'ordre du jour, mais des diplomates occidentaux et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ont indiqué qu'ils aborderaient le sujet.
Le Zimbabwe ne l'entend pas de cette oreille. "C'est un calcul pour obtenir une résolution du Conseil de sécurité qui permettrait une intervention militaire des Etats-Unis et du Royaume-Uni pour renverser le président Mugabe", a assuré mercredi le quotidien d'Etat The Herald.
Le président Mugabe accuse régulièrement l'ancienne puissance coloniale britannique de vouloir recoloniser le pays.
Par ailleurs, un tribunal de Harare a acquitté mercredi le correspondant du quotidien américain New York Times, Barry Bearak, et un Britannique, accusés d'avoir couvert les élections sans accréditation. Les deux hommes sont sortis libres du tribunal.




























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