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L'ONU achemine l'aide d'urgence en Haïti

Dernière modification : 17/04/2008

Après les émeutes de la semaine dernière, liées à la pénurie alimentaire, et qui avaient coûté la vie à cinq personnes, Haïti reçoit l'aide de l'ONU. (Récit : N. Roche)

Le directeur adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM) Gemmo Lodesani estime que l'on "peut s'attendre à de nouvelles émeutes" de la faim dues à l'envolée des prix de l'alimentation, dans une interview publiée mercredi par le journal français Le Parisien/ Aujourd'hui en France (populaire).

"La situation est grave", juge le dirigeant de l'agence de l'ONU chargée de la fourniture d'aide alimentaire, de passage à Paris.

"On peut s'attendre à de nouvelles émeutes urbaines", affirme-t-il, en citant la Somalie, le Soudan, la République du Congo, l'Afghanistan, le Zimbabwe, les Philippines et Haïti, comme "les pays où les populations sont les plus exposées au risque de famine".

Interrogé sur les besoins du PAM face à cette situation, M. Lodesani déclare que son agence a "besoin de 1,4 milliard de dollars de plus en 2008 que ce qui était initialement prévu".

Sans ce supplément, selon lui, "on va assister à de grands mouvements de population, à la recherche de nourriture, et qui se mettront ainsi en danger de mort".

"On doit aussi fournir des vivres dans les grandes villes, à prix réduits, sous forme de riz, à des populations urbaines pauvres qui n'arrivent plus à se nourrir car les prix ont explosé", poursuit-il, avant d'ajouter que "la crise frappe d'abord les salariés pauvres des grandes villes".

Parmi les causes de l'envolée des prix, M. Lodesani cite "les changements climatiques", "la demande plus forte de bio-carburants" et "le rôle de la spéculation, qui a fait s'envoler les prix du blé et du riz".

"Il y a urgence", affirme M. Lodesani, en précisant que la production mondiale de céréales a augmenté de 2,5% à 2,16 millions de tonnes en 2007, mais que "les stocks sont en diminution".
 

Première publication : 16/04/2008

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