Pour aller plus loin, regardez A la Une sur FRANCE 24, Gauthier Rybinski reçoit Jean-Marie Guenois, chef du service religion à La Croix.
Le pape Benoît XVI a fêté ses 81 ans mercredi, dans les jardins de la Maison Blanche, avec le président George W. Bush pour hôte.
Les 10 000 personnes présentes à la cérémonie, "l’une des plus importantes jamais organisées à la Maison Blanche", selon la porte-parole de la présidence, Dana Perino, ont entonné en cœur un "happy birthday".
George w. Bush s'est déclaré "touché" de compter parmi les très bons amis du pape puisque ce dernier avait choisi de fêter son anniversaire aux Etats-Unis, et a affirmé partager les mêmes valeurs que le Saint Père, en particulier dans la distinction "du bien et du mal".
Dans son dicours, le pape a quant à lui rappelé le besoin urgent d'une solidarité globale dans la monde, un message clairement destiné "au président du pays le plus riche du monde" note Jean-Bernard Cadier, spécialiste politique internationale France 24.
Le voyage est aussi l’occasion pour le pape de redorer l’image de l’Eglise aux Etats-Unis, ternie depuis 2002 par des scandales d’abus sexuels et de pédophilie.
“Ce voyage est l’occasion d’une fête d’anniversaire”, explique Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction à l’hebdomadaire catholique La Vie. “Mais c’est aussi l’un des voyages les plus difficiles qu’un pape ait entrepris aux Etats-Unis."
Une "société modèle" pour le Vatican ?
Le voyage se déroule sur six jours, incluant un discours devant l’assemblée générale des Nations unies, des rencontres avec des dirigeants religieux de toute confession et une messe géante dans un stade new-yorkais.
Selon une enquête du Pew Forum on religion and Public life, 23,9 % des Américains sont catholiques.
Réalisée à la demande des évêques américains, cette enquête révèle que huit catholiques sur dix se déclarent relativement ou très satisfaits du pape. Un demi-million de personnes se sont dotées de billets pour assister aux messes de Washington et New York.
"Les Etats-Unis sont un modèle de société à la fois très moderne et très religieuse. C’est aussi une société riche, ce qui est important puisqu’elle vit de son autofinancement", dit Jean-Marie Guénois, rédacteur en chef au quotidien La Croix. "Ce sont ces églises qui font vivre les églises les plus pauvres en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique."
Le président Bush, qui est protestant, s’est montré plein d’attention pour son hôte, allant jusqu’à l’accueillir à sa sortie d’avion, ce qu’il fait très rarement.
"Si vous êtes un Américain plutôt conservateur, vous pouvez vous trouver de nombreux points communs avec le pape, en particulier sur la question de l’avortement, l’importance de la famille et la liberté de culte", explique Armen Georgian, spécialiste des relations internationales pour France 24.
Désamorcer le scandale de la pédophilie
Pour éviter que le scandale de la pédophilie au sein de l’Eglise ne fasse trop ombrage à sa visite, Benoît XVI a profité de la présence de journalistes dans l’avion qui le menait à Washington, mardi, pour exprimer sa profonde honte. Il a également ajouté qu’il s’efforcerait de "guérir les blessures ouvertes par les prêtres pédophiles".
Mais il a pour l’instant refusé de rencontrer les associations de victimes.
Le scandale a porté un coup sévère à l’église, la forçant à payer plus de deux milliards de dollars en frais de justice et compensations. On estime que sur les 42 000 prêtres officiant aux Etats-Unis, entre deux et six mille individus ont été impliqués dans des affaires d’abus sexuels.
Selon un sondage Washington Post-ABC news, publié mardi, les trois quarts des Américains, catholiques ou non, n’approuvent pas la façon dont l’église catholique a géré le scandale. Parmi les catholiques, 62 % estiment que l’Eglise ne reflète pas leurs opinions.
"Un des enjeux est de rétablir l’image de l’Eglise sans triomphalisme", poursuit Jean-Marie Guénois de La Croix. "Son ton dans l’avion annonce un profil bas. L’heure est à l’explication."
Plus d’accords que de désaccords entre Bush et Benoît XVI ?
Benoît XVI s’entretiendra avec George W. Bush après la réception à la Maison Blanche.
Tous deux sont opposés à l’avortement et à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Leurs avis divergent cependant au sujet de la guerre en Irak et de la peine de mort.
Les discussions devraient porter sur les droits de l’Homme, le combat contre les idéologies extrémistes, en particulier dans le monde musulman, et la liberté de culte.
Benoît XVI a confié aux journalistes qu’il demanderait au président américain d’augmenter l’aide au développement dans les pays pauvres, afin de limiter l’émigration de leur population.
"La solution c’est de créer assez d’emplois et un tissu social suffisant afin que plus personne n’ait besoin de quitter son pays", a-t-il déclaré.
Le Vatican s’était montré très critique vis-à-vis des Etats-Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Mais la Maison Blanche a minimisé la possibilité que les deux interlocuteurs entrent en conflit sur cette question
"Il y a des divergences mais j’attire votre attention sur le fait qu’il y a bien plus d’accords que de désaccord entre eux ", a affirmé la porte-parole de la présidence.
Avec Benoît XVI, le Vatican s’est réconcilié avec l’idée que la présence de troupes américaines pouvait aussi servir à protéger les minorités chrétiennes menacées en Irak.
“Benoît XVI n’est pas aussi fortement impliqué politiquement que l’était Jean-Paul II”, note Jean-Pierre Denis de La Vie.



















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