18 avril 2008 - 09H15
- Égypte - États-Unis - Hamas - Jimmy Carter

Carter a rencontré le chef du Hamas en exil à Damas
L'ancien président américain poursuit sa tournée au Proche-Orient par une étape à Damas. Il s'est entretenu avec le président syrien Bachar al-Assad, et avec le chef en exil du Hamas, Khaled Méchaal. (Récit : P. -L. Viollat)

DAMAS - L'ancien président américain et prix Nobel de la paix Jimmy Carter a rencontré vendredi à Damas Khaled Méchaal, le chef politique en exil du Hamas palestinien, tenu pour un responsable terroriste par les Etats-Unis et Israël.
 
Cette entrevue, à laquelle participaient d'autres hauts dirigeants du Hamas, vise dans l'esprit de Carter à explorer les possibilités d'associer aux efforts de paix le mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza depuis juin.
 
La réunion, qui, selon un membre du Hamas, a débuté à 14h30 GMT au siège du mouvement dans la capitale syrienne, devrait aussi, selon l'entourage de Carter, être l'occasion d'évoquer le sort du sergent franco-israélien Gilad Shalit. Ce dernier a été capturé en juin 2006 par des activistes palestiniens de Gaza en territoire israélien. L'ancien président américain avait entamé un peu plus tôt son séjour controversé en Syrie en rencontrant le président Bachar al Assad, autre "bête noire" de l'administation Bush, mais c'est sa rencontre avec le chef du bureau politique du Hamas qui fait le plus grincer les dents à Washington comme à Jérusalem.

 
C'est la première fois qu'une personnalité occidentale de sa stature - Carter a été récompensé par le Nobel de la paix pour les accord de Camp David de 1978 et 1979 - rencontre le chef du mouvement islamiste, qui a échappé au milieu des années 1990 à une tentative d'assassinat du Mossad, à Amman.
Carter, qui avait reçu jeudi au Caire deux autres leaders du Hamas basés à Gaza, Israël lui ayant dénié l'accès au territoire palestinien soumis à blocus, juge que le mouvement islamiste palestinien doit être associé d'une manière ou d'une autre aux efforts de règlement au Proche-Orient.

 
"ENCOURAGEMENT MORAL"
L'ex-président a qualifié jeudi de "crime" et d'"atrocité" ce blocus d'étroite bande côtière surpeuplée, où la population en est réduite, selon lui, à "mourir de faim". Il a prédit que les efforts israélo-américains pour tenter d'affaiblir le Hamas seraient nuisibles au processus de paix.
 
"Politiquement parlant, je crois que cela a même contribué à renforcer la popularité du Hamas au détriment de celle du Fatah", a-t-il dit, en assurant que le Hamas serait prêt à accepter un accord de paix entre le président palestinien Mahmoud Abbas et Israël pourvu qu'il soit soumis à référendum.
 
Mahmoud Zahar, un des chefs du Hamas à Gaza rencontrés par Carter au Caire, se montre toutefois intransigeant jeudi dans les colonnes du Washington Post. Il affirme que "la résistance demeure la seule option" pour les Gazaouis vivant "dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde" - une situation qu'il compare à celle du ghetto de Varsovie.
Zahar admet que les initiatives de Carter sont un "encouragement moral bienvenu", mais il affirme que le processus de paix en cours entre Abbas et Israël "ne pourra même pas bouger d'un iota" si les exigences de son mouvement ne sont pas satisfaites.

 
Il faut, selon lui, "qu'"Israël se replie d'abord sur les frontières de 1967, démantèle toutes ses colonies, retire tous ses soldats de Gaza et de la Cisjordanie, renonce à son annexion illégale de Jérusalem, libère tous les prisonniers et mette un terme à son blocus de nos frontières internationales, de notre littoral et de notre espace aérien".
"Cela servirait de point de départ pour des négociations justes et poserait les fondations pour le retour de millions de réfugiés", poursuit Zahar, en ajoutant: "Au vu de ce que nous avons perdu, ce serait la seule base sur laquelle nous pourrions repartir de zéro."
 

OLMERT SE JUSTIFIE D'AVOIR BOUDE CARTER

 
Selon l'analyste palestinien Ali Badouane, les initiatives de Carter, "personnalité respectée", sapent les efforts d'Israël et de l'administration de George Bush pour isoler le Hamas et "pourraient en encourager d'autres en Occident" à nouer des contacts avec les dirigeants islamistes.
Elles "montrent que le Fatah (de Mahmoud Abbas) n'a plus le monopole de la décision palestinienne". "Nous entendons même des voix israéliennes appelant au dialogue avec le Hamas", a-t-il noté. Le ministre israélien de l'Industrie et du Commerce Eli Yishai, membre du parti religieux Shas, s'est dit prêt à rencontrer Méchaal pour évoquer la libération du sergent Gilad Shalit. Carter, qu'Olmert a refusé de rencontrer durant sa visite à Jérusalem, doit transmettre à Méchaal un message de Yishai, seul ministre israélien qui l'ait reçu à Jérusalem.

 
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, qui a récusé la liste des détenus palestiniens dont le Hamas souhaiterait la libération en échange de la restitution de Shalit, n'a fait aucun commentaire sur l'initiative de son ministre.
Dans une interview au journal Yedioth Ahronoth, Olmert se justifie de ne pas avoir reçu personnellement Carter. "Si j'avais rencontré Jimmy Carter, deux jours avant qu'il ne rencontre Khaled Méchaal, ce serait apparu comme un semblant de négociation entre nous et le Hamas".

 
Carter se défende de jouer les négociateurs ou les médiateurs et affirme vouloir simplement contribuer à faciliter la communication entre Israéliens et Palestiniens ainsi qu'à améliorer l'appréhension aux Etats-Unis de la situation au Proche-Orient.

Commentaires

il ne faut jamais croire aux Etauniens!!!

c'est quoi le but de tout ce que fait Mr Carter?! on est habitué aux surprises des USA , peut etre que Mr Carter est payé pour donner l'impression que les democrates sont pour le dialogue avec le Hamas ..... but : pénaliser Obama .... le noir ... mais aussi dont les origines sont musulmanes, ah oui les Americains peuvent tous faire, pour moi les democrates et les republicains ne sont qu'UN!

Carter le porte parole courageux d'une majorité silencieuse

Bravo Monsieur le Président ! D'oser crever le baillon d'une majorité silencieuse rendue muette par une presse
rangée du côté des plus forts,de lever la mise à l'index de l'écrasante opinion des européens sur ce conflit, de défendre les faibles, de réveiller les consciences, de refaire la justice et de condamner le vrai coupable.Comme vous nous soulagez du sentiment d'injustice que nous ressentont à chaque fois que ce conflit fait la une des JT ! Car révoltés et impuissants devant nos téléviseurs, aujourdh'ui et grâce à vous c'est comme si c'était nous qui avions la parole, si vous saviez comme ça fait du bien ! Vous méritez un 2ième Prix Nobel de la Paix.

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