A l’occasion du 28ème anniversaire de l’indépendance du Zimbabwe, le chef de l'Etat Robert Mugabe s’est adressé à ses concitoyens depuis le stade de Highfield, dans la banlieue de Harare, un des bastions du mouvement nationaliste noir. Arrivé au pouvoir en 1980 à l'indépendance de l'ex-Rhodésie du Sud britannique, Robert Mugabe qui a prononcé son premier discours depuis les élections générales du 29 mars, a défendu son bilan en matière de droits de l'Homme, affirmant que la démocratie n'avait été établie dans son pays qu'à son arrivée au pouvoir.
"Nous entendons les Britanniques dire qu'il n'y a pas de démocratie chez nous, que les gens sont opprimés, qu'il y a une dictature, pas de respect des droits de l'Homme ou de l'Etat de droit", a-t-il déclaré devant des milliers de partisans. Et de poursuivre : "C'est nous qui avons apporté la démocratie à ce pays et c'est nous qui avons mis un terme à l'oppression qui existait ici", a-t-il insisté.
La célébration d'indépendance intervient dans un climat de crise sans précédent. Près de trois semaines après les élections, le pays ne connaît toujours pas les résultats de la présidentielle entre le président sortant et son rival Morgan Tsvangirai, chef du parti d'opposition Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Les résultats des législatives, officiellement remportées par le MDC, sont remis en cause avec un nouveau décompte des voix prévu samedi.
Sur le plan économique, le pays tente de survivre avec un taux de chômage à hauteur de 80% de la population. L’hyperinflation frôle les 165.000% et les produits de première nécessité manquent pour l'ensemble des Zimbabwéens. Robert Mugabe est également intervenu sur ce sujet : "Nous voulons que nos fermiers soient capables de produire plus afin d'avoir plus de nourriture et moins de famine. C'est pourquoi nous leur avons donné des tracteurs et d'autres équipements agricoles".
"Le plus triste des anniversaires de l'indépendance"
Jeudi, Robert Mugabe a déjà appelé ses concitoyens à défendre le pays contre "l'impérialisme britannique qui est en train de se tracer un chemin, subrepticement et clandestinement, dans notre société". Le pouvoir a également brandi la menace d’une recolonisation britannique, qui utiliserait le MDC pour parvenir à ses fins.
Le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai, absent des célébrations, a estimé que le Zimbabwe allait vivre "le plus triste des anniversaires de l'indépendance". Il a par ailleurs déclaré, dans une interview à la BBC, que des tractations étaient en cours entre son parti et le parti ZANU-PF sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale qui n’incluait pas Robert Mugabe. Il a précisé que l’accord avait failli voir le jour après deux jours de négociations. Elles ont finalement été rompues car "d’autres membres du parti ont rejeté l’accord".
Un navire chinois transportant des armes à destination du Zimbabwe
Morgan Tsvangirai a par ailleurs accusé le régime de s'être lancé dans une campagne de représailles et d'intimidation. De son côté, l'Ambassadeur américain James McGee a été le premier diplomate basé à Harare à évoquer publiquement des violences. "Les communautés rurales sont en train d'être punies pour leur soutien à l'opposition", a-t-il indiqué.
Le discours de Robert Mugabe semble confirmer l'existence de violence : "Aujourd'hui, si vous n'avez pas de sucre ou de pain, et si quelqu'un vient vous voir en vous disant de ne pas voter pour Mugabe, vous dites oui. Quelle honte ! C'est pour vous que nos héros sont morts", a-t-il dit. Le MDC a pour sa part indiqué que deux de ses membres avaient été tués samedi par des partisans du régime et une cinquantaine arrêtés. Un des meurtres a été confirmé par la police qui a toutefois refuté le motif politique.
Depuis plusieurs jours, la cargaison d’un navire chinois, transportant des armes à destination du Zimbabwe, est bloquée au large du port de Durban en Afrique du Sud. Il a reçu jeudi un feu vert des douanes sud-africaines mais plusieurs syndicats de dockers refusent de débarquer la cargaison. "Il y a des armes sur le navire, qui est ancré au large du port depuis le 14 avril", a indiqué Nicholas Gunther de l'unité des explosifs au sein de la police à Durban.
"On a très peur que ces armes servent à museler l'opposition s'il y a un second tour", explique Caroline Dumay, correspondante en Afrique du Sud.
Le Zimbabwe est soumis à un embargo sur les armes des pays occidentaux, qui ont pris des sanctions après la réélection controversée de Robert Mugabe en 2002. Fin février, un rapport adopté par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen avait appelé l'UE à faire pression sur la Chine pour qu'elle arrête de livrer des armes à des pays africains "coupables de violations des droits de l'Homme".
















Commentaires
et revoici le mal africain
nous sommes officiellement indépendant il y a de cela plus de 40 ans pour certains et plus de 28 ans pour les derniers. mais à y regarder de plus près, l'occident n'est pas encore prêt à partir mais il sera oubligé à partir car cette nouvelle génération de dirigeants à l'image de mbeki, mugabe, gbagbo laurent etc..et même le petit niger la flamme est à jamais allumée et nous la génération très proche nous serons encore plus ferme face aux dictateurs occidentaux. il n'y a pas d'axe du mal mais des interets que tout peuple souverain cherche à preserver. mugabe tu as tout le soutien de cette jeunesse ivoirienne qui a bravé les balles assassines de la françafrique et qui résistera encore aux mensonges et à la duplicité des dirigeants occidentaux.
Trop forts ces médias
C'est parti, après le Tibet, le Zimbabwe...Les médias sont trop forts dans la surenchère et le "chauffage" d'opinion.
Triste réalité de l'Afrique.
C'est de voir quelqu'un qui s'était hissé sur le podium pour avoir mené son pays à l'indépendance et retomber aussi bas dans le seul but de rester au pouvoir. Franchement, c'est triste pour nous les africains.Aucun sens de dignité...et pis encore, les présidents africains enfermés dans une solidarité injustifiée se terrent dans un silence coupable. Avec des dirigeants pareils, l'Afrique n'avancera jamais. Les présidents ne savent pas encore qu'ils sont au service de leurs pays pour un mandat octroyé par le peuple.Dès que ce mandant prend fin, retirez-vous. Non, ils commencent à créer des problèmes.En Afrique, il n'y a pas de leadership, il n'y a que des présidents "alimentaires", qui ne voient que leurs intérêts personnels. Les exemples sont légion : Lansana Conté, Bongo, Mugabe, Obiang Nguema,Sassou etc...Rares sont les présidents qui font exception comme Yayi Boni, Toumani Touré,....mais qui sont,malheureusement,membres dans cette solidarité africaine. Je suis vraiment déçu par ces présidents africains incompétents, dépourvus d'idées pour donner de l'impulsion à l'Afrique, obnubilés par le pouvoir ils oublient ce qu'ils devaient normalement faire...raison pour laquelle les présidents africains sont toujours au stade primaire dans leur comportement c'est à dire rester le plus longtemps possible au pouvoir pour "vivre"(bien manger, avoir beaucoup d'argent, la gloire...). Dans le cas d'espèces du Zimbabwe, la communauté internationale doit prendre ses responsabilités en écartant du pouvoir Mugabe, au lieu d'attendre qu'il y ait des morts et agir après. Triste Afrique avec ses dirigeants irresponsables. Je m'arrête là car je suis très en colère...Voyez ce qui se passe au Cameroun avec Biya, n'est-ce pas l'exemple qu'il ne faut pas suivre...Plus de 10 ans au pouvoir, le pays ne décolle pas et on veut continuer. Bongo va briguer un autre mandat après 40 ans au pouvoir et vous voulez que l'Afrique se développe.Utopie.
Non au néocolonialisme
Si les soupçons qui pèsent sur la Grande Bretagne sont fondés, alors, nous soutenons Mugabe dans sa démarche de maintien au pouvoir car nous disons non au néocolonialisme. Les principes d'autonomie, de souveraineté étatique et de non-ingérence dans les affaires internes des Etats doivent être respectés afin de promouvoir la préservation des exceptions et identités culturelles des peuples et d'éviter ainsi de sombrer dans l'occidentalisation du globe. Seulement, les procédés de maintien au pouvoir ne doivent pas faire intervenir la violence qui mettra alors en danger la vie des innocents. Les chefs d'Etat africains ont montré qu'ils sont avides de pouvoir mais si cela sert une bonne cause comme la lutte contre le néocolonialisme, alors, chapeau à Mugabe!
Réagir à cet article