18 avril 2008 - 22H15
- France

Grève coordonnée de salariés sans-papiers
Plusieurs centaines de salariés sans-papiers se sont mis en grève de façon simultanée, bloquant une vingtaine d'entreprises en Ile de France. Entre 200 000 et 400 000 étrangers seraient en situation irrégulière en France.

Une grève de 338 salariés sans-papiers déclenchée de façon coordonnée pour la première fois en France dans une vingtaine d'entreprises franciliennes de la restauration, du bâtiment ou du nettoyage, a obligé une partie du patronat à s'engager pour obtenir leur régularisation.

"On veut faire ouvrir les yeux sur une réalité", explique à l'AFP Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT, à l'initiative du mouvement commencé 15 avril.

Il y aurait en France entre 200.000 et 400.000 étrangers en situation irrégulière. Son immense majorité travaille, notamment dans les petites entreprises de secteurs en pénurie de main d'oeuvre, comme la restauration, le bâtiment ou le nettoyage.

Devant cette mobilisation inédite, certaines organisations patronales ont révélé au grand jour leur dilemme, partagées entre la nécessité de trouver de la main-d'oeuvre et le risque de sanctions judiciaires pour emploi de clandestins.

Un décret de juillet 2007 fait obligation aux employeurs de s'assurer auprès des préfectures de l'authenticité des papiers des travailleurs étrangers.

S'il existe des employeurs qui embauchent en connaissance de cause des sans-papiers et "doivent être sanctionnés", "certains" ne le savent pas et "d'autres sont obligés d'en faire travailler sinon ils fermeraient leur entreprise faute de main-d'oeuvre", a déclaré à l'AFP Jean-François Veysset, vice-président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

Le Medef n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

Deux syndicats du patronat de l'hôtellerie-restauration, le Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs), qui regroupe près de 20.000 entreprises, et l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), 80.000 adhérents, se sont joints jeudi aux sans-papiers pour interpeller le gouvernement.

"Il n'y a pas d'autre solution que de régulariser les sans-papiers (embauchés avant juillet 2007) déclarés par les employeurs", a déclaré vendredi le président de l'Umih, André Daguin.

L'article 40 de la loi du 20 novembre 2007 et une circulaire du 7 janvier 2008 offrent la possibilité de régularisation sur demande de l'employeur, à condition que le salarié travaille dans un secteur "en tension" (qui subit des difficultés de recrutement) et soit sous contrat ferme d'un an minimum.

"Pour les métiers comme l'hôtellerie, le bâtiment, ou l'environnement de la santé, si les salariés sont là depuis longtemps, il faut au moins examiner leurs situations, en respectant nos textes législatifs", estime Jean-François Veysset.

Le patronat du bâtiment ne s'estime pas concerné par le problème et renvoie au gouvernement. La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), qui réunit 356.000 entreprises, n'a pas souhaité réagir. La Fédération française du bâtiment (FFB), 56.000 adhérents soit "deux-tiers des salariés" de la profession, a estimé que "c'est aux pouvoirs publics de prendre position".

La Fédération des entreprises de propreté juge elle aussi qu'il s'agit d'un débat politique et que "chaque entreprise est libre de sa politique sociale".

Très sollicité, le gouvernement s'est pour l'instant contenté "d'un rappel des principes" de la loi de novembre 2007 qui permettent une "ouverture mesurée et sous conditions", a indiqué vendredi à l'AFP le ministère de l'Immigration.

La CGT demande à discuter directement avec le ministère du Travail ou de l'Emploi, pour que des directives claires soient envoyées aux préfets, afin de procéder aux régularisations.
 

Commentaires (7)

Nul n'est censé ignorer la loi

Il faut renvoyer les SP chez eux. Qu'il fassent une demande légale pour rentrer en France et condamner tous les patrons qui les ont fait travailler illégalement. Nul n'est censé ignorer la loi.

C'est indigne de la France

C'est indigne de la France , Ces personnes sans titre de séjour, dans l'irrégularité quotidienne ; peur, angoisse, appréhension.. servent de salariés corvéable à merci, C'est de l'esclavagisme .
Il faut qu’ils retournent dans leur pays ; au moins ils aideront leur pays à se développer nous n’avons pas le droit de priver ces pays de cette main-d’œuvre, chez nous nous avons assez de travailleurs au chômage pour faire face à nos besoins.

En France il faut des papiers

En France, si voulez avoir une chance d'être régularisé, il vaut mieux rentrer par la porte avec de vrais papiers ,
plutôt que par la fenêtre avec des faux papiers. Je sais que l'administration est parfois longue dans le traitement des demandes, mais c'est le plus sûr moyen d'avoir des papiers en regles. Si vous vous faites prendre avec des faux papiers c'est le renvoi immédiat, cette mesure est valable pour tous les salariés quel que soit son origine et même s'ils français.

bravo les employeurs malhonnêtes, hors la loi

bravo les employeurs malhonnêtes, hors la loi

Indigne

C'est indigne de la France, c'est indigne le non respect des droits humains. C'est de l'esclavagisme, il n'y pas d'autres mots pour désigner l'attitude de l'administration française qui s'occupe des ressortissants étrangers. Ces personnes, ces femmes sans titre de séjour, dans l'irrégularité quotienne ; peur, angoisse, appréhension.. servent de salariés corvéable à merci, normal, ils sont sans papiers ! Ils ne peuvent se retourner contre leur employeur en cas de délits de fraudes... Pourtant, ils travaillent avec un contrat ils s'acquittent de cotisations sociales et d'impots sur le revenu.

Il faut régulariser toutes ces personnes et familles, la France à les moyens, la France à besoin des travailleurs étrangers , la France à toujours était le pays d'accueil. Il est ignoble d' incriminer les etrangers, de les prendres pour des bouc-émissaires, c'est pas eux qui pillent le système sociale français, même patrons, libéraux,...

je vaux que le president sarcozy nous aides tres rapide svp

on est fatigue nous voulons de laide

liberté egalité fraternité pensez-y.

Ne pas régulariser ces "SP "en grève serait une violation flagrante de la devise Française.

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