Aux Pays-Bas, tensions autour de l'immigration et de l'islam
Vendredi 18 avril 2008
La mise en ligne d'un film anti-islam de Geert Wilders, un député d'extrême-droite, a fait craindre le pire aux autorités. Enquête dans cette société néerlandaise traversée par des tensions. (Reportage : G. Cragg et N. Ransom)
Dossier Grands reportagesVendredi 18 avril 2008
Par FRANCE 24Ces dix dernières années, l'immigration aux Pays-Bas a ralenti. En particulier, en provenance des pays non-européens.
La conséquence, en partie, d'une politique d'immigration plus restrictive. Une politique jugée pourtant encore trop permissive par les partis anti-immigration.
Pour certains Hollandais, le problème est avant tout culturel. Aujourd'hui, près d'un million de musulmans vivent aux Pays-Bas.
6% des Néerlandais ont voté pour Geert Wilders, le député populiste auteur du court-métrage anti-islman qui a déclenché la polémique. Sa cible : l'immigration, mais aussi l'Islam. Ses opinions extrémistes lui valent une protection 24 heures sur 24. Il dort rarement deux nuits de suite au même endroit.
Son film intitulé Fitna, "la division interne" en arabe, est sorti fin mars. Il mêle versets du Coran et images d'attaques terroristes. Pour Wilders, le livre sacré des musulmans doit tout simplement être interdit.
Slotervaart, une banlieue où les immigrés sont majoritaires
A Slotervaart, une banlieue d'Amsterdam, les immigrés sont majoritaires. Face à la crainte des réactions violentes le lendemain de la diffusion de Fitna, la communauté musulmane a tenu une conférence de presse. L'objectif pour Mohammed Rabbae, qui préside l'association des Marocains des Pays-Bas, est de manifester son mécontentement dans le calme et montrer ainsi que l'Islam n'a rien de menaçant.
A la mosquée, l'ambiance est sombre, à l'image d'une communauté inquiète, qui se sent menacée, mais dont le message est clair : la religion décrite dans le film de Wilders n'est pas la leur.
Dans un pays où le cannabis est en vente libre, la prostitution considérée comme une activité économique, la tolérance fait partie de l'identité nationale. Un modèle mis à rude épreuve ces deniers temps par la progression de l'extrême-droite et le radicalisme de Wilders. A l'approche de la diffusion de son film sur Internet, les craintes de tensions se sont aggravées. A l'étranger, le drapeau tricolore néerlandais, ainsi que la croix du Danemark ont été brûlés.
Après l'épisode des caricatures danoises du Prophète Mahomet, qui avait suscité la colère d'une partie du monde musulman, les autorités religieuses néerlandaises ont tout fait pour éviter un nouvel embrasement.
Leur activité diplomatique les a conduit jusqu'au Caire, l'une des principales villes universitaire du monde islamique. Le révérend Boss Plaisir, qui dirige l'Eglise protestante des Pays-Bas, est le chef de la délégation inter-confessionelle. Au cours de son voyage, il a rencontré des étudiants de la capitale égyptienne et à condamner le travail de Geert Wilders. A l'origine de l'inquiétude de la délégation : l'expérience danoise. Mais aussi deux précédents néerlandais : les meurtres de Pim Fortuyn et de Theo Van Gogh.
Aux Pays-Bas, les musulmans représentent moins de 6% de la population totale. Un chiffre qui s'élèverait à 25% à Rotterdam. Pourtant, en plein centre-ville, un monument célèbre la mémoire d'un homme pour qui la religion musulmane est arriérée. Avec ses positions anti-immigration, le leader populiste Pim Fortuyns a fait voler en éclats le modèle de société multiculturelle néerlandaise. Il a été assassiné il y a 6 ans. Wilders est son héritier politique.
En 2004, Theo Van Gogh, le réalisteur de "Soumission", un film très critique à l'égard de l'islam et de la manière dont cette religion traite les femmes, était assassiné. Un assassinat qui a montré qu'aux Pays-Bas, les extrémistes peuvent réagir violemment contre ceux qui s'en prennent à l'islam.
La politique en cause
Selon Peter Wierenga du journal De Pers, dans le cas du film, ce ne sont pas les médias qui sont en cause, mais les politiques. "S'ils continuent à se plaindre comme cet ancien ministre qui veut faire interdire Fitna, alors bien sûr cela fera la une des journaux... et on ne peut pas le reprocher à Wilders".
Pour Gijs Van de Westelaken, producteur de cinéma, "les politiques en ont fait toute une histoire. S'ils étaient restés plus discrets, s'ils avaient ignoré l'affaire en le laissant avec son film, et bien ça n'aurait pas pris cette ampleur. Surtout à l'étranger. Parce que le gouvernement néerlandais, le ministre des Affaires étrangères, a presque fait le tour du monde, pour dire 'il y a un film qui va sortir, mais ça n'est pas de notre faute'".
Le gouvernement ne partage certes pas la haine de l'islam de Wilders. Sa politique d'immigration a pourtant pris en compte certaines idées de ses partisans.
Rachid al Ghazoui, alias Appa, est un chanteur de rap. Dans sa banlieue, les conditions de vie des immigrés sont précaires dans un pays pourtant développé. Vogelbuurt est le quartier le plus pauvre du pays. Le taux de chômage des habitants d'origine turque et marocaine est plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale. Pour Appa, les principaux responsables sont le racisme et les hommes politiques qui ne font que l'encourager.
Depuis la sortie de Fitna, ces dernières semaines, les modérés néerlandais et musulmans semblent avoir réussi à contenir les extrémistes. Mais des tensions subsistent. Selon un récent sondage, 15% des Néerlandais affirment vouloir voter pour un parti anti-immigration. Près de la moitié considère l'islam comme une menace.
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin


22/04/2008 07:10:31 Signaler un abus
FITNA
Par FItna -
Pendant la 2eme guerre mondiale, les Néerlandais et les Danois ont résisté héroïquement à Hitler. Le grand Mufti de Jérusalem, lui, a collaboré avec lui!
19/04/2008 15:35:51 Signaler un abus
ca n'a rien de sens avec notre propre religion
Par saidmohamed -
le pilote de ce film n'est ni a la mesure de menacer ni de politiser l'islam.on l'a cru et nous nous rejuirons le jour dernier.alors qu'il continue ao arrete tantpis pour lui.