Retrouvez également notre reportage sur Lugo, un évêque rouge au Paraguay.
Fernando Lugo, donné favori de l'élection présidentielle du Paraguay, a jugé improbable vendredi que le scrutin de dimanche dégénère en violences, malgré les risques de fraude et d'agitation qui sont évoqués.
Ancien évêque catholique ayant renoncé à la prêtrise pour diriger une coalition de centre gauche, Lugo arrive en tête des sondages avec 30 à 40% des intentions de vote. Il est talonné par Blanca Ovelar, candidate du parti Colorado au pouvoir et première femme à briguer la présidence au Paraguay, et l'ex-général Lino Oviedo, dirigeant du parti de droite Unace.
"Je ne crois pas à l'éventualité de ce scénario violent", a dit Lugo aux correspondants étrangers à son QG de campagne. "Toutes nos élections ont été pacifiques, indépendamment des résultats."
Lugo espère mettre fin à la domination politique qu'exerce depuis 61 ans le parti Colorado, qui détient à ce jour le record mondial de longévité au pouvoir. Le Colorado a soutenu durant 35 ans la dictature du général Alfredo Stroessner avant de précipiter sa mise à l'écart en 1989.
Le président sortant Nicanor Duarte Frutos a affirmé que des "agitateurs" vénézuéliens et équatoriens acquis à Lugo comptaient prendre les armes si leur candidat était battu.
Dans la population, beaucoup craignent par ailleurs que le parti Colorado n'achète des voix ou ne corrompe des responsables électoraux pour garder la direction des affaires nationales.
Au sujet des risques de fraude, Lugo a déclaré: "Il y a des doutes et de la méfiance (...) C'est une question qui fait la une des journaux et qui flotte dans l'atmosphère." Le scrutin présidentiel de dimanche se décidera à la majorité simple, sans second tour.















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