Lisez notre dossier sur la course à la Maison Blanche.
Les électeurs de Pennsylvanie votent le 22 avril pour la prochaine primaire de l’élection présidentielle américaine. Alors que le Sénateur John McCain est déjà assuré de représenter les Républicains dans la course à la Maison Blanche, les sénateurs Barack Obama et Hillary Clinton continuent de se battre pour emporter l’investiture démocrate.
Un sondage du 15 avril réalisé par l’université Franklin et Marshall indique que Clinton conserve une avance de 6 points en Pennsylvanie, bien qu'Obama ait réduit l’écart en gagnant plus de 15 points au cours des dernières semaines.
Mais ce sondage date d’avant la diffusion de la désormais fameuse remarque d’Obama sur “les armes et la religion”, prononcée au cours d'une collecte de fonds à San Francisco le 6 avril : "Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant vingt-cinq ans et n'ont été remplacés par rien d'autre", avait déclaré Obama. "Et il n'est pas surprenant qu'ils deviennent pleins d'amertume, qu'ils s'accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d'hostilité envers les immigrants", a-t-il ajouté.
"L’Etat-clé"
La Pennsylvanie a toujours eu un rôle clé dans la politique américaine. Son surnom est d’ailleurs “l’Etat-clé” à cause de sa place dans l’histoire récente des Etats-Unis. Au cours des années, divers groupes d’immigrés se sont regroupés dans l’Etat, attirés par les deux principales industries -la houille et l’acier.
Deux grandes villes dominent la Pennsylvanie : Philadelphie et Pittsburg, situées aux deux extrémités de l’Etat. Grâce à leur croissance économique, le taux de chômage en Pennsylvanie diminue et se situe actuellement autour de 4,9%. "L’économie pennsylvanienne ne va pas aussi mal que les gens veulent bien le faire croire", affirme Terry Madonna, professeur en sciences politiques à l’université de Franklin et Marshall, à Lancaster en Pennsylvanie.
Philadelphie, à l’Est, s’intègre complètement à l’arc en plein essor que forment Boston, New York et Washington. La ville a su tirer partie du boom des hautes technologies, avec notamment l’installation du siège du géant des télécoms, Comcast.
Quant à Pittsburg, située à l’Ouest près de la frontière avec l’Ohio, elle a terriblement souffert dans les années 1970 et 1980 de la disparition de l’industrie de l’acier. Mais la ville a pris un nouveau virage en devenant un carrefour des secteurs de la haute technologie, du médical et des biotechnologies.
Le reste de l’Etat est principalement agricole. La Pennsylvanie est le cinquième exportateur de produits laitiers du pays et compte plus de 58 000 fermes. Dans le Sud-est, les communautés amish et mennonites continuent de gérer leurs domaines sans électricité ou véhicule agricole.
Une question de mots
Quel est le sens de tout cela pour la primaire du 22 avril ? Le véritable impact de la remarque d’Obama ne sera pas connu avant le dépouillement des bulletins de vote. Ceux qui seront vraisemblablement les plus offensés par les commentaires d’Obama -les conservateurs religieux et les 250 000 membres de l’Association nationale pour les armes à feu - voteront soit pour les Républicains, soit, s’ils votent pour les Démocrates, pour Clinton plutôt que pour Obama. Même sans la remarque d’Obama, Terry Madonna estime que Clinton « devrait bien s’en sortir dans cet Etat. »
Et de poursuivre : “Le soutien des syndicats, combiné à une large communauté d’ouvriers catholiques, à de nombreux électeurs âgés et aux liens forts de Clinton avec l’élite locale, sont autant de facteurs en faveur d’Hillary Clinton. Cette combinaison électorale lui a réussi dans plusieurs Etats durant les primaires.”
Obama, pour sa part, compte sur des soutiens à Philadelphie et Pittsburg ainsi que dans leurs périphéries. Il remporterait la faveur de l’importante communauté noire de Philadelphie et des riches banlieues libérales de la ville. Il espère également réussir des percées chez les ouvriers et les agriculteurs.














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