- Al-Qaïda - États-Unis - Irak
BASSORAH, Irak - Les forces gouvernementales irakiennes ont annoncé qu'elles avaient pris samedi le contrôle du faubourg de Hayaniya, bastion de l'Armée du Mahdi, milice fidèle à l'imam Moktada Sadr, après une démonstration de force de l'aviation américaine et de l'artillerie britannique.
De violents tirs d'artillerie et des explosions ont retenti à l'aube, d'une intensité sans précédent depuis que le Premier ministre Nouri al Maliki a lancé à la fin du mois dernier une campagne de répression contre la milice de Sadr.
Le commandant des forces irakiennes à Bassorah, le général Mohan al Fouraidji, a déclaré à Reuters que ses troupes s'étaient emparées du centre de Hayaniya.
"Nos troupes s'y sont déployées et maintenant elles ont atteint le centre de Hanaiya. Actuellement, il n'y a pas d'affrontements, et quiconque porte des armes sera arrêté", a dit le général.
"Nous pourchassons les fugitifs et nous les arrêtons. Nous espérons qu'au cours des prochaines heures, l'opération sera bouclée avec succès".
Après quelques heures, les affrontements se sont apparemment calmés, mais on entendait encore des tirs sporadiques.
Le commandant Tom Holloway, porte-parole militaire britannique, a déclaré que l'opération avait débuté par un bombardement nourri mené par l'aviation américaine et l'artillerie britannique "afin de donner une démonstration de la puissance de tir disponible si nécessaire".
Il a précisé que le bombardement visait un terrain vague et se voulait la plus grande démonstration de force des Occidentaux depuis que les forces gouvernementales ont déclenché fin mars leur campagne contre la milice de Sadr.
"Selon nos informations initiales, oui, il y a eu des combats, mais il s'agissait d'escarmouches isolées", a-t-il dit.
On ne dispose dans l'immédiat d'aucune précision sur les éventuelles victimes.
Un correspondant de Reuters à Nassiriya, autre chef-lieu de province du sud, a aussi fait état dans une ville voisine d'affrontements entre forces gouvernementales et miliciens de l'Armée du Mahdi. Un couvre-feu a été imposé.
La répression lancée fin mars par Maliki contre l'Armée du Mahdi à Bassorah n'a pas réussi à faire disparaître la milice des rues et elle a provoqué des affrontements dans les bastions tenus par des hommes de Sadr, dans le sud du pays ainsi qu'à Bagdad.
Le Premier ministre, qui est lui aussi de confession chiite, a menacé d'exclure le mouvement de Sadr de la vie politique s'il ne démantèle pas sa milice.
Sadr a réagi en menaçant à son tour de révoquer le cessez-le-feu qu'il a imposé en août dernier à l'Armée du Mahdi, ce qui risquerait de déclencher un soulèvement généralisé.
De violents affrontements ont aussi éclaté vendredi soir à Sadr City, un faubourg défavorisé de l'est de Bagdad, principale base de pouvoir de l'imam dans la capitale.
L'opération contre la milice chiite a constitué jusqu'ici la principale mise à l'épreuve des forces gouvernementales irakiennes, surtout dans le sud où elles ont été en première ligne où les forces américaines sont peu nombreuses et où les forces britanniques sont regroupées dans une seule base, à Bassorah.
Les responsables militaires américains ont estimé que l'opération de mars à bassorah avait été mal préparée et lancée trop brusquement. Le gouvernement a limogé 1.300 soldats et policiers pour avoir refusé de combattre.
Mais ces dernirèes semaines, les forces gouvernementales ont progressé plus lentement dans les zones sous contrôle de la milice, arrêtant des responsables de l'Armée du Mehdi tout en évitant en grande partie les batailles de rue.
Lundi, elles ont enregistré un succès en délivrant un journaliste au cours d'un raid dans une maison où il était retenu par des activistes.




























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